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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

16 Jul

The Finder : Celui qui se cherche encore

Publié par André COTE  - Catégories :  #Michael Clarke Duncan, #Bones, #Fox, #spin-off, #The Finder

 

 

Après trois chroniques à vous conseiller quelques séries télés qui méritent le coup d’œil, je me disais qu'il était peut-être temps de rédiger un texte sur une récente qui, elle, ne passera pas à la postérité. Un exercice qui n'est pas aussi facile qu'il en a l'air parce qu'il ne suffit pas de jouer le grincheux toutes les deux lignes (« C'est nul parce que je m'emmerde »), mais plutôt d'essayer de mettre le doigt sur les éléments qui ne fonctionnent pas. Après tout, on dit « On peut expliquer un succès, pas un échec », et souvent la frontière entre les deux est plus mince qu'il n'y paraît : une bonne case horaire, par exemple, ça aide grandement.  

 

 

Cette semaine, je m'attelle donc à étudier le cas de The Finder, série dérivée de Bones. Kezako une série dérivée (ou spin off pour les anglophones) ? Une série dérivée, c'est tout simplement une série qui prend racine dans une autre. Normalement, la série dérivée a pour personnage principal un protagoniste qui n'était, auparavant, que secondaire dans une autre. Par exemple, les fans de Buffy savent que le vampire Angel a eu sa série à lui. Le plus souvent, dans les séries policières, ce lien est souvent artificiel, dans la franchise Les Experts notamment, on voit juste des personnages de la série-mère allaient à la rencontre d'autres personnages avant le lancement de leur propre série. Dans Les Experts – Las Vegas, des membres de l'équipe de Grissom partent à Miami pour continuer une enquête, ce qui les amènent à rencontrer l'équipe de Horatio Caine. L'épisode en question est donc un prétexte pour présenter les personnages.  

 

De la sorte, le lien établi permet ensuite de créer un semblant de cohérence, de définir un univers. Cela facilite la technique dite du « cross-over » où les scénaristes sont libres d'écrire des histoires qui démarrent dans l'une pour continuer dans l'autre sans que cette cohérence n'en soit bouleversée. Dans le cas de The Finder, la série Bones avait vu, l'année dernière, le duo, Temperance « Bones » Brennan et Booth, requéraient les services d'un homme, Walter Sherman, réputé pour toujours trouver ce qu'on lui demande de chercher. A travers ce petit scénario, on assiste à la rencontre entre le duo et un nouveau groupe de personnages, ce qui naturellement sonne, pour nous spectateur, comme de simples présentations et à une invitation à suivre une nouvelle série.  

 

 

 


Mais déjà dans ledit épisode, on sent quelques couacs. Si le duo Bones/Booth et le « trouveur » Sherman partagent le même univers, des différences se remarquent qui vont être fatales pour l'autre.  

 

En effet, l'un des attraits de Bones est son « ship » entre les personnages, entre Brennan et Booth en particulier. La notion de ship est très simple, elle concerne notre attachement, en tant que spectateur/fan, à des personnages, mais plus précisément à leur relation réelle ou virtuelle. C'est-à-dire que la notion de ship prend en compte notre interprétation de leurs interactions, autrement dit leur complicité censée aboutir à une affection mutuelle. Pour essayer d'être plus clair, un ship pourrait se résumer à aimer une série pour l'évolution d'un duo s'entendant si bien qu'il finit par réagir comme un couple. On pense notamment à Clair de Lune, X-Files ou plus largement, dès qu'une série met en scène un homme et une femme travaillant ensemble malgré leur antagonisme. Cette relation peut donc être réelle et constituée un vrai fil rouge évoluant au fil des saisons, avec des scènes où l'un des deux avoue ses sentiments à l'autre. Mais elle peut aussi n'être que virtuelle et fruit de l'imagination du spectateur, induit en erreur par un plan sur le regard de l'un ou l'alchimie du duo qui n'a jamais été conçu pour aller au-delà de la simple amitié.  

 

Dans Bones, cet attrait est perceptible dès la première année : un agent du FBI et une scientifique qui semblent forcés de faire équipe pour les besoins de leur enquête. Certains y voient même une parodie d'X-Files et leurs discussions durant leurs investigations aboutissent souvent à des disputes qui ne sont pas sans rappeler Clair de Lune.  

 

 

 

Or, dans le cas de The Finder, cette notion est à peine esquissée. Si Sherman contacte souvent la Marshall Isabel Zambada, rien n'est dit sur l'affection qu'il pourrait lui porter. Tout est donc du domaine de notre imaginaire pour savoir si oui ou non Sherman aurait des sentiments pour Zambada : la récurrence de ses demandes ? En même temps, elle semble être la seule Marshall que Sherman connaisse. La série ne semble pas avoir eu le temps de faire intervenir une sorte de rivale qui aurait pu forcer l'un à se mettre en danger et révéler qu'il en pince pour l'autre.  

 

En fait, le seul personnage qui aurait pu attirer notre sympathie est la petite gitane Willa Monday. Surveillée par son agent de probation, elle est la seule connaissant un semblant d'évolution durant cette unique cuvée, passant de la simple employée, étrangère à cet univers, elle devient presque la petite sœur du groupe, voire la fille spirituelle. Mais là encore, son traitement trahit un des travers de la série, ce côté brouillon. Son intrigue débarque comme un cheveu sur la soupe, comme si elle ne servait qu'à étirer l'épisode afin qu'il atteigne les 40 minutes réglementaires.  
 

 

Cette impression est renforcée dans le traitement des scénarios dans leur globalité. L'enjeu des enquêtes se résument à des tentatives pour créer des situations qui se veulent comiques (avec l'arrivée de personnages plus pittoresques les uns que les autres), mais les répliques censées provoquer l'hilarité se font attendre. Les sourires s'esquissent, mais le temps paraît long.  

 

 

 

À cet égard, le seul épisode à tirer son épingle du jeu reste Eye of the Storm où un ouragan contraint Walter Sherman et ses amis à rester dans le bar qui lui sert de bureau. Ne pouvant lutter contre les intempéries, il révèle sa facette cartoonesque (son insouciance à vouloir braver le danger) qui est en filigrane dès le départ. D'ailleurs, ce qui est d'autant plus dommage est de ne pas avoir exploré plus que ça les traumatismes de Sherman. Son comportement farfelu est justifié par une blessure de guerre en tant que vétéran de l'Irak. À peine introduit, cette piste est aussitôt mise de côté et l'ensemble retombe dans la routine de la série policière. Encore une fois, c'est sans doute un fil rouge que les scénaristes prévoyaient de développer ultérieurement.  

 

Sinon, les fans de Bones seront sûrement ravis de retrouver au détour d'un épisode des personnages qui leur sont familiers, vu que certains débarquent pour donner une nouvelle affaire à Walter. Rappelons qu'aux Etats-Unis, The Finder a été diffusé dans la case horaire de Bones, laissée vacante en raison d'aménagements avec la production : Emily Deschanel, l'actrice de Brennan, étant enceinte, il a été négocié une saison plus courte que les précédentes, à peine treize épisodes au lieu de la vingtaine habituelle.  

 

 

Au final, The Finder est une série qui se veut légère, mais n'est que laborieuse, au concept intriguant, mais au traitement bancal qui aurait nécessité plusieurs séances de brainstorming.

 

Photo Credit : Fox

The Finder : Celui qui se cherche encore
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