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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

10 Jul

New York Police Blues : Il était une fois...

Publié par André COTE  - Catégories :  #cop show, #Jimmy Smitz, #David Caruso, #David Milch, #Andy Sipowicz, #ABC, #Steven Bochco, #NYPD Blues

 

 

Les séries télés policières se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Les amateurs vous confirmeront qu'il n'y a rien en commun entre New York Unité Spéciale et The Mentalist, et que Bones est aux antipodes de The Shield. Ainsi, devant cette multitude de production, il est vital pour chacune de se singulariser afin de se faire une place.  
 
Déjà, il est primordial de choisir entre le cop show et le procedural show. L'une va narrer le récit des policiers en activité (inspecteurs et policiers en uniforme), tandis que l'autre montre l'enquête au moment du procès, donnant la part belle aux avocats. Certaines arrivent même à concilier les deux.

 

 


A l'heure actuelle, en France, le genre est représenté par les franchises Law and Order (qui regroupe New York Police Judiciaire, New York Unité Spéciale, New York Section Criminelle, sans oublier New York Cours de Justice), des Experts et de NCIS. Mais aux Etats-Unis, il existe une quantité d'autres qui n'ont pas eu une couverture médiatique équivalente à ses dernières dans l'hexagone... alors qu'elles ont marqué la culture populaire américaine au point que l'on en retrouve encore des traces de leurs influences de nos jours dans les productions qui arrivent dans nos contrées.  
 
Tel est le cas de New York Police Blues, ou NYPD Blue en VO, une série créée par Steven Bochco, qui a déjà à son actif deux autres séries ayant fait date, La Loi de Los Angeles et Hill Street Blues (titré également Capitaine Furillo), des œuvres qui ont connu plusieurs saisons et dont les qualités se sont vus récompensées à de multiples reprises. On pourrait mettre leur impopularité en France sur le compte d'une mauvaise programmation (j'ai un vague souvenir d'être tombé sur un épisode en fin de matinée sur FR3... oui, FR3, pas France 3, ça vous donne une idée de l'époque et ma mémoire peut me faire défaut, je devais avoir 6 ans) toujours est-il que les qualités de ces productions ont permis d'ouvrir la voie à d'autres.

 

 

Ou alors, peut-être est-ce dans les caractéristiques propres aux productions de Steven Bochco. Dans les séries sus-cités, on retrouve en effet un penchant pour les récit qui s'intéressent à un groupe et non à un personnage principal ; et le public hexagonal n'était peut-être pas prêt pour ça. Il y a bien un protagoniste qui peut se détacher (John Kelly Jr dans la saison 1 de NYPD Blues par exemple), mais il est présenté comme un élément faisant partie d'un système, en l'occurrence judiciaire.  
 
Ainsi, nous ne voyons pas les aventures, mais le quotidien d'un commissariat de Manhattan à New York et il ne faut pas s'attendre à voir des saisons entières basées sur la lutte entre la brigade et un grand génie du mal. Si il y a bien des intrigues qui s'étirent sur plusieurs épisodes, voire saisons (c'est un feuilleton), elles se limitent aux relations entre les inspecteurs, leur supérieur et l'évolution de leur vie privée. Le fil rouge qui va parcourir l'ensemble de la série est la rédemption de l'inspecteur Andy Sipowicz (Dennis Franz, tout simplement grandiose) aux yeux de sa famille et de ses collègues.
 

 

 

Présenté comme un alcoolique invétéré, il est un inspecteur de police sur la mauvaise pente dès le premier épisode. Véritable boulet pour son collègue John Kelly Jr (David Caruso, ici dans le rôle qui l'a révélé au grand public... bien avant d'enfiler les lunettes de soleil d'un certain expert à Miami) qui passe son temps à le couvrir et à mener ses enquêtes en solo. Le duo est simple, d'un côté, celui qui est déchu et dont la carrière ne tient qu'à un fil, de l'autre, le modèle de moralité, le défenseur des opprimés face à une justice à deux vitesses, prêtant une oreille attentive aux victimes et ne se gênant pas pour dire ses quatre vérités à un juge douteux.
 
Après avoir passé une nuit avec une prostitué qui a faillit lui être fatale, l'inspecteur Sipowicz va alors s'évertuer à remonter la pente. Un véritable chemin de croix qui passe autant par sa relation avec son fils dont il renoue des liens, avec ses collègues en faisant face aux conséquences de sa réputation d'alcoolique et enfin ses propres préjugés, étant raciste.
 
D'ailleurs, la seconde saison, qui s'annonçait problématique (David Caruso quittant la série pour répondre à plusieurs propositions au cinéma), s'avère une bénédiction avec l'arrivée de Jimmy Smitz dans le rôle de l'inspecteur Bobby Simone. L'équilibre du duo est conservé puisque la moralité de Simone se révèle dans la même lignée de Kelly, mais ses origines porto-ricaines vont renouveler la dynamique du tandem, contraignant Sipowicz à faire tomber ses idées pré-conçues.  

 

 

 


Les autres inspecteurs ne sont pas en reste (Gordon Clapp a même été récompensé pour son rôle d'inspecteur Medavoy), même si chacun travaillent de son côté (l'étage compte six inspecteurs et chaque affaire en nécessite deux), il n'est pas rare que l'une des équipes fasse appel à une autre pour les aider pour un interrogatoire ou une filature. De plus, ce qui va faire la force de la série réside justement dans l'amitié (et plus, au fil des saisons, certaines intrigues flirtent dangereusement avec le soap) qui se noue au sein des inspecteurs qui vont et viennent tout au long des ans. Effectivement, en 12 saisons, la brigade verra un nombre important de transfert, de départ à la retraite ou de mort, ce qui renouvellera totalement le casting des acteurs principaux, seul Dennis Franz est présent du premier au dernier épisode. Ce statut de « communauté » (on voit plusieurs personnes s'entraider pour travailler) renforce la cohérence de l'ensemble puisque nous voyons souvent les inspecteurs bavardaient au détour de la machine à café, parlaient de leur préoccupation et se conseiller mutuellement.  
 
 
A l'arrivée, c'est donc cette cohérence entre la mise en scène proche du documentaire (la caméra à l'épaule est constamment tremblotante et les zooms donnent l'impression que tout est pris sur le vif) alliée à la banalité des situations qui rend attachants ses personnages pourtant ancrés dans un quotidien proche du nôtre. Enfin, histoire de prouver sa popularité, il est bon de rappeler qu'elle a été classée parmi les dix séries les plus regardées pendant plusieurs saisons, aux côtés de Friends, Urgences et X-Files.  
 

 

 

On pourrait rajouter que cette même mise en scène (un approfondissement de celle de Hill Street Blues, une des précédentes séries de Bochco, donc) va être la caractéristique de la série et en inspirera même de nombreuses qui vont suivre. De ce fait, il est difficile d'imaginer que 24 Heures Chrono ou The Shield puisse avoir la forme qu'elles ont actuellement, si NYPD Blue n'était pas passé avant.  
 
De la sorte, si les premières saisons peuvent prêter à sourire en raison des looks des personnages (elles datent du milieu des années 90, il est donc normal que les personnages aient des vêtements aujourd'hui démodés), la force des histoires demeurent elle intacte. C'est en cela que l'on reconnaît les grandes séries.

 

 

 

Photo Credit : ABC

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