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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

28 Aug

Nikita : quand 24 Heures Chrono fait des petits

Publié par André COTE  - Catégories :  #action, #Shane West, #espionnage, #Nikita, #Melinda Clarke, #Xander Berkeley, #CW, #Alias, #24 Heures Chrono, #Maggie Q

 

 

Nous avions vu avec StarGate – SG1, les particularités d'une adaptation d'un long-métrage en série télé. Il serait bon de rajouter aussi que le contexte de la production télévisuelle a également son importance dans la réussite de la démarche. En effet, il serait quelque peu anachronique de ne pas prendre en compte les exigences du public contemporain lorsque l'on s'attaque à un matériau qui a une ou deux décennies d'existence. L'exemple que j'ai en tête cette semaine est la nouvelle série Nikita qui en est à sa seconde saison. Oui, je dis « nouvelle » parce qu'il existe déjà une autre série Nikita, diffusée, elle, de 1997 à 2001.

 

 

D'ailleurs, histoire de reprendre depuis le début, rappelez-vous du film de Luc Besson avec Anne Parillaud, nous étions en 1990 à sa sortie sur les écrans. On y voit l'actrice incarnait une junkie devenir un agent spécial des services secrets. En France, il parvient à attirer plus de 3 millions de spectateurs dans les salles, mais aux États-Unis, il dépasse juste les 5 millions de Dollars de recette. Un succès d'estime pour une telle production, mais le postulat réussit à séduire les producteurs américains et 3 ans plus tard, un remake apparaît, sous le titre Point of No Return (exploitée en France sous le titre Nom de Code : Nina), réalisé par John Badham (Tonnerre de Feu, War Games, Comme un oiseau sur la branche) et avec Bridget Fonda à la place de Anne Parillaud. Puis, de nouveau 4 ans plus tard, c'est sous la forme d'une série télé que l'histoire de la jeune femme embrigadée par une organisation secrète revient sur les écrans. Cette fois, elle récupère le titre original à quelques variantes près : suivant les chaînes, on peut la trouver sous le titre de Nikita ou de La femme Nikita

 

Parallèlement à ces événements, en 2001, J.J. Abrams lance sa première série d'espionnage : Alias. Le synopsis a quelques similitudes avec le film de Luc Besson : une jeune femme – officiellement étudiante et employée de banque, officieusement agent secret - doit cacher sa double vie à ses proches, du moins, c'est un aspect que l'on retrouve dans la première saison. La série trouve vite ses marques en privilégiant l'aventure rocambolesque avec le développement d'un fil rouge que l'on pourrait appeler la mythologie Alias. Dans celle-ci, on assiste au combat que mène l'agent Sidney Bristow, jouée par Jennifer Garner, contre l'agence qui l'a engagée quelques années plus tôt. Le souci proviendra du nombre de fois où les scénaristes essaieront de renouveler ce pitch. Si, en milieu de seconde saison, ils parviennent sans peine à conclure cette première aventure de Bristow, il n'en sera pas de même lors des saisons suivantes, où le côté « chaise musicale » devient trop voyant : pour résumé, au terme de chaque dénouement, on finit par découvrir un nouvel ennemi mystérieux qui tire les ficelles depuis le début et qui est censé être encore plus dangereux que la menace précédente. 

 

 

Tandis que sur une autre chaîne, le genre « espionnage et action » connaît un chamboulement avec l'entrée en scène de 24 Heures Chrono. Dans cette production télévisuelle, on voit l'agent spécial Jack Bauer, incarné par Kiefer Sutherland, devenir très vite le spécialiste des missions périlleuses à mener en un temps record : en moins d'une journée – 24 heures donc – il arrive à mettre fin à 4 prises d'otages, désamorcer 5 bombes nucléaires et sauver le pays 3 fois. En quelques saisons, elle va devenir ni plus ni moins que le nouveau mètre étalon en matière d'action à la télévision. La série va même réussir jusqu'à tenir 8 ans malgré son canevas narratif limité. L'air de rien, c'est vers ce type de structure que les créateurs de la nouvelle mouture de Nikita semble s'orienter. 

 

Nous revoici donc en 2010, la chaîne CW, qui a à son antenne des séries telles que Les Frères Scott, Supernatural ou encore Gossip Girl, lance Nikita. Dans son casting, on retrouve Maggie Q (qui a affronté Bruce Willis dans Die Hard 4) dans le rôle éponyme, Shane West (sorti de Urgences) dans celui de son mentor, Xander Berkeley (qui a été l'un des visages marquants des débuts de 24 Heures Chrono) en Percy, le Directeur machiavélique, et certains auront le plaisir de retrouver Melinda Clarke de Newport Beach dans le rôle d'Amanda, une des ennemis de l'héroïne. Dans cette nouvelle version, Nikita a déjà déserté l'organisation secrète, appelée la Division, afin de la combattre avec l'aide d'une recrue qui lui sert de Taupe.  

 


À première vue, la série semble plus portée vers l'action que la psychologie mais on se rend vite compte que ce dernier versant n'est pas non plus absent : agissant en tant qu'indépendante, chaque mission de Nikita doit avoir une motivation particulière à chaque fois, que ce soit pour elle ou son alliée. On aurait également pu s'attendre à une certaine routine du « mission of the week », mais très vite, c'est bien le combat de Nikita qui va être l'axe centrale de la série et non juste le thème récurrent servant à relancer l'intérêt en milieu et fin de saison. De cette manière, même si chaque épisode présente une aventure close (avec début, milieu et fin, soit la structure classique), nous ressentons toujours un fil rouge.  

 

De plus, lors de la seconde saison, la dynamique de la série va être sensiblement renouvelée en raison de l'évolution des personnages. D'où mon rapprochement avec 24 Heures Chrono, puisque chaque année, dans la série avec Bauer, on voyait un changement de plus en plus prononcé dans le casting : seul Kiefer Sutherland traverse les 8 saisons. Ici, pour Nikita, d'un côté, notre agent rebelle n'est plus seule, elle a même une équipe à ses côtés, des agents eux aussi considérés déserteurs ; de l'autre, la Division doit gérer des conflits internes : Percy est mis à l'écart par exemple. De nouveaux personnages apparaissent, d'autres reviennent et si la série n'évite pas le sempiternel « apparition d'un nouvel ennemi mystérieux » les scénaristes parviennent sans peine à jongler avec les divers enjeux (objectif des missions, préoccupations personnelles, etc...) au point que certaines ficelles scénaristiques passent comme une lettre à la poste, comme l'un qui voit apparaître un fils caché, ou une autre qui découvre son passé trouble. Globalement, la seconde cuvée réussit à étendre l'univers de la série de façon convaincante.  

 

 

 

Ainsi, contre toute attente, ce Nikita version 2010 a des allures de 24 Heures Chrono-like. Il faut toutefois mesurer ses attentes. La série avec Jack Bauer se rapproche volontiers d'un long-métrage de ciné d'action étendu sur plusieurs heures, en raison de l'ampleur de sa mise en scène et de sa photographie. Nikita, elle, a plutôt des faux airs de production pour le marché DVD en raison de son image lisse, de son casting et des moyens mis en œuvre. Une production néanmoins soignée, grâce à un montage haletant et la qualité de son interprétation : Maggie Q porte la série sur ses épaules avec une certaine aisance, Xander Berkeley est un badguy des plus délectables, il en est de même avec Melinda Clarke et son regard vénéneux.  

 

 

Alors que je m'attendais au pire (c'est tout de même une resucée d'une histoire maintenant vue et revue), cette Nikita m'a surpris au point d'attiser ma curiosité quant à la suite des événements.

 

 

Photo Credits : CW

Nikita : quand 24 Heures Chrono fait des petits
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