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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

06 Aug

StarGate – SG1 : Special Unit Outer Space

Publié par André COTE  - Catégories :  #Showtime, #Amanda Tapping, #StarGate, #space opera, #Sy Fy, #Star Trek, #Richard Dean Anderson, #Science-Fiction, #spin-off

 

 

Soyons sincères, en 1997, à la vision du premier épisode (ou pilote pour les sériesphiles), Enfants des Dieux, personne n'aurait misé un kopeck sur l'avenir de StarGate–SG1. À l'époque, le film de Roland Emmerich (à son actif, Universal Soldier avec Van Damme et Lundgren... et pas encore Independence Day et Godzilla), StarGate, la porte des étoiles, était sorti à peine trois ans auparavant et n'avait pas vraiment traumatisé le Box-Office : avec 70 Millions de dollars en USA et presque 200 dans le monde, l'idée d'une suite était risquée mais envisageable. Après tout, le film est parvenu à installer un postulat qu'il aurait été dommage de ne pas développer.  

 

 

Souvenez-vous, en 1994, sur grand écran, on découvrait que l'armée US avait mis la main sur un mystérieux objet, une sorte de grand cercle en métal. Malgré tout leur effort, les scientifiques réquisitionnés ne parviennent pas à déchiffrer les symboles inscrits. On fait appel à un savant aux théories impopulaires, le Docteur Daniel Jackson (James Spader, connu à l'époque pour le film Sexe, Mensonge et Vidéo), qui soutient la thèse selon laquelle les pyramides seraient des constructions en l'honneur des extra-terrestres. Après des semaines (des mois ?) de labeur, il perce le secret du code... à la grande surprise de tous, même si nous, on s'y attendait un peu. Ben oui, sinon, il n'y aurait plus de film et c'était visible dans la bande-annonce. Puis, toujours avec Jackson, une équipe de soldats mené par le Colonel O'Neil (Kurt Russell, remis en selle par le succès de Backdraft, même s'il est à jamais le Snake Plissken de New York 1997) doit partir en mission de reconnaissance pour explorer l'autre côté de ce qui est dorénavant nommé « la Porte des Étoiles ». Le film s'achève par le retour de O'Neil et de ses soldats sur Terre, Jackson préférant rester sur place. Il aurait été frustrant que tout s'arrête là.  
 

De plus, la situation était propice pour lancer cette extension télévisuelle. La franchise Star Trek n'avait plus le monopole de la Science-Fiction à la télévision, même si elle avait deux séries à l'antenne et des films en production. Un autre space-opera, Babylon 5, avait enfin réussi à s'imposer dans le créneau. Et le succès de X-Files battait encore à plein régime, ce qui indiquait que la tendance était bien aux univers imaginaires de toutes sortes.  

 

 

En outre, adapter des films en séries télés, est loin d'être une tendance récente (certains se rappellent-ils de la série Fame à la suite d'un gros succès de Alan Parker ?), le principal souci des scénaristes consiste alors à trouver des astuces pour garder une cohérence entre le long-métrage et l'adaptation télé. Ainsi, pour SG-1, il a été choisi de prendre pour acquis le film d'Emmerich. Le pilote de 90 minutes, les Enfants de Dieux, se situe après le dénouement du métrage ciné : le projet « StarGate », suspendu suite à la mission de O'Neil, se voit réactivé. L'astuce des auteurs est donc de travailler sur les quelques imprécisions du long-métrage : la nature des symboles. Si, dans le film, Jackson a utilisé une combinaison, il en reste encore d'autres à effectuer. En cela, Les Enfants des Dieux a des faux-airs de StarGate 2 en introduisant ce qui sera la base de la série : arrivée de nouveaux personnages, nouveaux enjeux (la possibilité d'explorer un réseau de planètes) et développement d'une mythologie avec l'arrivée de la race extra-terrestre dont faisait partie l'ennemi du film.  
 

De cette manière, les premiers épisodes de SG-1 (ce n'est pas un hasard si le titre de la série contient le nom de l'unité) nous montre purement et simplement la formation d'une équipe militaire, devenu exploratrice pour l'occasion. Cependant, notre appréhension de spectateur européen pourrait être irritée par l'utilisation d'image à la gloire de l'armée américaine (après tout, on nous met en valeur des soldats), mais ce serait oublier la tendance à l'auto-dérision et de second degré qui émane du show.  

 

 

Dans le groupe au matricule SG-1 (nous croisons les autres au détour des épisodes), nous retrouvons donc quelques personnages issus du film tels que O'Neill et Jackson, interprétés par des acteurs différents : on suppose que les cachets de Kurt Russell et James Spader étaient, à l'époque, trop onéreux. Kurt Russell cède la place à Richard Dean Anderson et James Spader à Michael Shanks. Pour Anderson, StarGate SG-1 est l'occasion de se détacher de son image de MacGyver qui lui collait encore à la peau. Il parvient ici à reconstruire le personnage créé par Russell et se révèle surprenant en militaire blasé et râleur. Michael Shanks, lui, apparaît comme un curieux sosie de James Spader, l'acteur de la version cathodique a la bonne idée de cultiver sa ressemblance avec des lunettes et en accentuant le côté « rat de bibliothèque » du personnage. En fait, seule la coupe de cheveux est légèrement différente, avec une coupe au bol pour l'un et une raie au milieu pour l'autre. Très vite, c'est l'antagonisme O'Neill/Jackson qui va permettre de donner une dynamique à la série : le scientifique pacifiste cherchant toujours à remettre en question les ordres de l'autre.  
 

Du côté des nouveaux personnages, nous avons le Capitaine Samantha Carter, l'officier scientifique qui sert de relais entre Jackson et O'Neill, ou disons plutôt de « traductrice » entre le militaire et le savant. Autant l'avouer tout de suite, il semble un peu flagrant que son rôle se limitait à être un atout charme. Pensez donc, c'est peut-être la seule femme dans le casting principal, mais l'interprétation de Amanda Tapping lui permet d'échapper à ce statut réducteur en dévoilant un étonnant caractère de femme forte et de devenir l'une des figures incontournables du show, à tel point qu'elle en est encore indissociable. Le dernier du quatuor est Teal'c, un extraterrestre (un Jaffa pour être exact) rebelle qui rejoint les humains dans leur lutte contre les Goa'ulds. Probablement l'un des personnages préférés des fans grâce à son interprète, Christopher Judge. L'acteur accomplit l'exploit d'être le plus sobre (Teal'c est constamment stoïque) tout en étant celui qui a le plus de présence à l'écran (sa réplique « en effet ! » est devenu culte). Il est pour beaucoup dans le second degré de l'ensemble.  

 

 

 

Sans oublier, évidemment, la pléthore de personnages récurrents qui viennent nourrir les multiples intrigues. Alors qu'ils étaient en retrait dans le métrage, voire inexistants car pure invention de la série (le Général Hammond, le docteur Fraiser, le général Jacob Carter ou encore Bra'tac), leurs allées et venues vont permettre à StarGate-SG1 de développer un réel univers. En cela, les scénaristes profitent bel et bien du médium feuilletonnant pour offrir aux téléspectateurs ce que le cinéma n'avait laissé qu'à l'état de promesse : une vraie saga interplanétaire. Pour ce faire, ils ne vont même pas hésiter à jouer avec le postulat de départ (le projet « Porte des étoiles ») en tissant plusieurs fils rouges : la révolte des Jaffas, mais aussi les intrigues politiques et de conspirations (d'où mon allusion avec X-Files au début) ou le développement de technologie basée sur celle des civilisations extra-terrestres. 

 

Néanmoins, comme on a pu le voir avec Teal'c, le capital sympathie de l'entreprise provient en grande partie de l'auto-dérision ambiant. Il faut bien avouer que la « production design » renvoie plus volontiers à de la série B en carton-pâte qu'au visuel soigné d'un long-métrage. L'équipe est parvenue à doser l'humour et trouver, au sein d'une écriture serialesque le bon équilibre avec un traitement respectueux des personnages pour que, au final, nous riions avec eux et pas d'eux.  

 

 

Au fil des 10 saisons (eh oui ! 10 années quand même), StarGate-SG1 a réussi à imposer un nouvel univers. Un vrai succès populaire confirmé par le lancement trois séries dérivées (StarGate Atlantis, StarGate Universe, sans oublier l'animée StarGate Infinity) ainsi que deux téléfilms à voir en guise de conclusion. Ça, franchement, en 1997, personne n'y aurait cru. Chapeau les mecs !

 

Photo Credits : MGM/Studio Canal/Showtime

StarGate – SG1 : Special Unit Outer Space
Commenter cet article

Fanche 19/08/2012 08:29

Je rejoins Cixi, voila un article des plus intéressant. N'oublions pas non plus l'importance de Peter DeLuise (Doug Penhall de 21 jump street) dans la production, la réalisation et la scénarisation ainsi que quelques clin d’œil dans des apparitions de SG1.

Cixi 12/08/2012 10:04

Encore un article passionnant !

Merci Mulder

:)

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