Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

14 Aug

The Mentalist : l'ultime retour avant le chapitre final ?

Publié par André COTE  - Catégories :  #cop show, #Robin Tunney, #Red John, #Patrick Jane, #CBS, #Mentalist, #Simon Baker

 

La série télé policière est certainement le genre le plus populaire et le plus galvaudé tant il devient de plus en plus difficile de tirer son épingle du jeu. Entre les Experts, N.C.I.S. ou autres New York District, il est très dur de se faire une place. De la sorte, il est d'autant plus surprenant de constater que certaines se contentent de peu pour satisfaire le public. Non pas que cela soit un défaut en soi (le minimum syndical peut être suffisant pour offrir un divertissement d'un bon niveau), mais devant la multitude de production, on aurait pu s'attendre à ce que le niveau qualitatif soit de plus en plus élevé.

 

Dans le cas du Mentalist, on a souvent l'impression de regarder une série qui a été écrite puis rangée dans les cartons dans les années 90, voire même 80. Le sentiment n'est pas désagréable, mais il faut bien avouer qu'après une décennie à suivre les enquêtes d'un certain Grissom à Las Vegas, on pourrait être surpris de voir débouler un autre cop show (série policière pour les francophones) aux exigences si moindres. Surtout avec le passif du créateur, Bruno Heller, qui a participé à la série Rome, une production pour le câble narrant la chute de l'Empire durant l'Antiquité : on y voyait Jules César à la fin de son règne par exemple.

 

Mentalist cop show CBS Patrick Jane Robin Tunney Simon Baker

En effet, à côté, les caractéristiques de son cop show paraît presque anecdotique. Ce que l'on retient avant tout est le charisme de l'acteur principal, Simon Baker, parfait en conseiller de la police au style british et flegmatique. Il remplit parfaitement son contrat de tête d'affiche en portant la série sur ses seules épaules. Conscient d'être un atout indispensable à l'équipe d'inspecteurs qui lui a été affiliée, notre mentaliste se plaît à tourner en bourrique le groupe qu'il est censé aider.

 

Mais tout d'abord, qu'est-ce qu'un mentaliste ? Dès le premier épisode, il établit qu'il n'est en rien semblable à un médium. Patrick Jane lui-même ne cesse de répéter que ses capacités n'ont rien de surnaturel, il les compare plutôt à une faculté de déduction à partir d'une simple observation. En cela, Patrick Jane renvoie plutôt à une version humoristique de Sherlock Holmes, la différence avec le détective anglais étant que notre conseiller ne perçoit pas une enquête comme un nouveau défi, mais plutôt comme un amusement. Cette distinction entre le don et le talent est souligné lorsque les affaires mettent Jane sur le chemin d'autres médiums : il les considère comme des escrocs.

 

 

Cependant, aussi attachant puisse s'avérer le personnage de Jane, les auteurs dévoilent très vite leur limite. Le groupe d'inspecteurs, composé de la chef de l'unité Teresa Lisbon, Kimball Cho, Wayne Rigsby et Grace Van Pelt, qui gravite autour de notre mentaliste vedette sont rapidement relégués à de la simple figuration et leur divers fil rouge évoquent volontiers du remplissage. Autant dans les premières saisons, leurs intrigues ont un rapport, aussi mince soit-il, avec le récit principal (la traque de John Le Rouge, le tueur qui est l'obsession de Patrick Jane), autant lors de la 4e année, certaines histoires ressemblent à un simple rajout artificiel pour donner un peu d'épaisseur aux personnages. Une impression d'autant plus renforcée par la tendance des auteurs à ne se focaliser que sur un membre de l'équipe en particulier qui s'était fait des plus discrets une partie de l'année, alors que les autres, mis en avant quelques épisodes plus tôt, se voient brusquement mis à l'écart. Encore une fois, ce n'est pas déplaisant quand on accroche aux personnages, le souci provient principalement au niveau de l'écriture, celle-ci devient bancale en passant de l'un à l'autre sans parvenir à rester homogène.

 

C'est bien là que le bas blesse, puisque l'intérêt de The Mentalist se résume principalement dans la recherche de John Le Rouge. Ce dernier est un tueur en série, décrit comme machiavéliques et insaisissable, responsable entre autres de la mort de la famille de Jane, en réponse à un défi de sa part lancé à la télévision. Cet événement s'est déroulé à l'époque où notre mentaliste était insouciant et exercé en tant que médium professionnel, ou escroc tel qu'il se le considère lui-même. Notre empathie pour Jane provient en grande partie de cette fissure en lui, qui vient contre-balancer le visuel « propre » de l'ensemble. Les autres personnages, eux, sont perçus comme des pions sur un échiquier.

 

 

De cette manière, on peut être rebuté par le caractère familial de l'ensemble (Jane qui ne se lasse pas de jouer au trublion avec les autorités, la légèreté de la musique qui vient renforcer l'aspect humoristique ou encore la mise en scène banale) alors qu'il est souvent question de meurtres et de motivations crapuleuses. Or, si nous grattons un peu le vernis, on constate que l'aspect gentillet cache le portrait d'un personnage à deux doigts de basculer dans des méthodes extrêmes pour assouvir des bas instincts de vengeance. Ce combat intérieur l'isole, ce qui lui permet de mieux comprendre les victimes et suspects, voire même de s'identifier à eux.

 

Le revers de la médaille provient de la limite de ce fil rouge. Chaque fin de saison, ce que l'on appelle « cliff-hanger » (en français, l' « action laissée en suspens »), doit mettre en scène une confrontation plus ou moins directe entre Patrick Jane et John le Rouge. Le souci est qu'après 3 saisons, on sent que les scénaristes commencent à fatiguer de trouver des variations au « Le tueur va-t-il être arrêté ? », ce qui a tendance à amoindrir l'impact de l'évolution de notre mentaliste lors de la saison écoulée. D'où notre sentiment que la série tourne en rond.

Mentalist cop show CBS Patrick Jane Robin Tunney Simon Baker

[ATTENTION, POSSIBLE SPOILER] En fait, le plus frustrant est sans doute cette tendance des auteurs à ne pas dépasser le stade de l'idée. La 4e saison aura vu une variation de la thématique du « jeu du chat et de la souris » entre le mentaliste et le tueur, or, celle-ci n'est que très rarement traitée au cours des 22 épisodes. Il y a bien quatre ou cinq épisodes sur le sujet, mais c'est bien trop peu, puisque l'épisode de reprise nous promettait presque une année où Jane devait se montrer aussi machiavélique que son adversaire. De la sorte, bon nombre d'épisodes laissent des pistes, mais  se concluent avec des retournements de situations permettant de revenir à la case départ. |FIN DU POSSIBLE SPOILER]

 

Du moins, c'est une frustration que pourraient ressentir ceux qui sont habitués à des fictions plus ambitieuses et à une écriture plus exigeante. Or, The Mentalist ne s'est jamais présenté autrement que sous la forme d'un simple moment de récréation honnête et efficace. Frustrant mais compréhensible, la série n'a jamais promis de révolution, juste de divertir le temps d'un épisode.
 

 
Photo Credits : CBS
The Mentalist : l'ultime retour avant le chapitre final ?
Commenter cet article

Anonymous 01/01/2013 13:20

j’adore cette série pleine de rebondissement & d'humour....

Nicolas

Archives

À propos

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.