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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

25 Sep

Avengers : Assembled !

Publié par André COTE  - Catégories :  #Marvel, #Disney, #super-héro, #Joss Whedon, #Captain America, #geek

 

 

 

 

Autant attendu que redouté, le long-métrage de Joss Whedon, The Avengers, a rencontré un succès presque inespéré. En effet, même s'il était particulièrement attendu au tournant, on craignait que le film ne puisse répondre à nos exigences, sans doute par peur de la déception. Et pourtant.  

 

Il y a encore dix ans, un tel projet ne pouvait exister pour des problèmes législatifs. En effet, la maison d'édition Marvel devait vendre les droits d'exploitation de ses personnages à différents studios pour que ceux-ci puisse connaître une existence sur grand écran, la Marvel voyait alors son champ de décision considérablement réduit dans le processus d'adaptation. Un tournant décisif eut lieu lorsque cette même entreprise de comics books se dédoubla en studio de cinéma. Les choses se simplifièrent et, dorénavant, ils allaient s'occuper eux-mêmes de la transposition sur pellicule de leur patrimoine littéraire. 

 

 

 

 

De cette manière, passé le succès surprise de Iron Man, le projet The Avengers fut planifié, de même que le lancement, en parallèle, de deux autres films, Thor et Captain America. L'objectif était de présenter au grand public, pas forcément branché comic books, des personnages qui leur étaient inconnus. La firme va même plus loin en effectuant des passerelles afin de créer un univers cohérent, appelé le Marvel Cinematic Universe : en guise d'exemple, on peut citer, dans Thor et L'incroyable Hulk, les références au S.H.I.E.L.D., une organisation responsable de la sécurité mondiale, dont le chef est Nick Fury, apparu dans Iron Man et interprété par Samuel L. Jackson. Un pari aussi risqué qu'ambitieux et, pour ce faire, la Marvel se devait de trouver une équipe pour chaque métrage d'où des résultats inégaux : le visuel kitsch de Thor fait encore polémique et le côté désuet de Captain America peut rebuter autant que séduire.  

 

Passé cette période de mise en jambe, la société embraye la vitesse supérieure avec son grand projet : réunir ses personnages dans un même métrage. Dès lors, elle décide de confier les rênes à un scénariste qui s'est fait connaître pour des œuvres marquantes de la télévision, Joss Whedon. Responsable de l'un des titres phares de la firme, Astonishing X-men, il est surtout connu pour la série télé Buffy contre les vampires. Déjà réalisateur du petit film de SF Serenity, son choix pour la mise en scène d'une telle production a été des plus discutés : parviendrait-il à gérer un budget de cette ampleur ? Lui qui n'a été habitué qu'à une logistique télévisuelle.  

 

 

 

 

Or, se serait vite oublié les capacités dont Whedon a fait preuve à la télévision justement. A travers Buffy, sa spin-off Angel et aussi Firefly, le scénariste/réalisateur a démontré une faculté à rendre iconique et attachant ses personnages et surtout à mettre en scène des enjeux de plus en plus ambitieux. Ainsi, on trépignait d'impatience pour savoir si le monsieur avait les épaules assez solides pour un tel projet.  

 

Les mois s'écoulèrent et on dut se contenter de quelques images par-ci et d'une bande d'annonce par là pour étancher notre soif. Le jour de la sortie arrive enfin et le moins que l'on puisse dire c'est que rien ne nous avait préparé au choc. Dès le pré-générique, les enjeux sont introduits avec tact et efficacité : les pouvoirs du Thesseract, cube mystérieux présenté dans Captain America, est le centre des préoccupations du S.H.I.E.L.D., l'objet pourrait être une source d'énergie mais ce serait la moindre de ses fonctions. En quelques secondes, Whedon installe un sentiment d'urgence et se permet de présenter un personnage secondaire appeler à devenir emblématique, à savoir Clint Barton, alias Oeil-de-Faucon ou Hawkeye en VO, incarné par Jeremy Renner.

 

 

 

 

De cette manière, la première demi-heure se présente comme un modèle d'introduction où chacun des protagonistes se voit offrir une petite scène jouissive : Steve Rodgers/Captain America est la cinquième roue du carrosse, solitaire ; Tony Stark/Iron Man est toujours aussi arrogant ; Bruce Banner est un médecin exerçant dans la clandestinité par peur de se transformer en Hulk et Thor, être divin, voit son arrivée précédée par le tonnerre. Tout au long de cette partie, Joss Whedon surprend par sa capacité à mettre en scène l'action de manière lisible. Ses plans sont composés comme s'ils sortaient tout droit d'un comic book, avec les aptitudes des acteurs qui renvoient à leur alter-ego sur papier, ou encore la manière de les cadrer. On pourrait se dire que Whedon ne fait qu'emboîter le pas à Sam Raimi qui utilisait une méthode similaire dans sa trilogie sur Spider-Man, mais ce serait oublié que Whedon employait déjà ce type de mise en scène dans Buffy et Angel.  

 

Le premier challenge du scénariste/réalisateur de parvenir à gérer les différentes personnalités qu'il a sous la main est donc rempli, haut la main. Cette cohabitation va même devenir la thématique principale au point d'éclipser l'intrigue reléguée presque au rang de prétexte : les desseins de Loki, frère de Thor, quant au Thesseract. Nous retrouvons le thème autant sur le papier (l'équipe du SHIELD s'emploie à réunir le groupe de super-héros), qu'à l'image avec ses plans d'ensemble où ils sont réunis, comme dans les scènes de briefing notamment.  

 

 

 

 

C'est à ce moment-là que le passif de Whedon porte ses fruits. Étant fan de comics, ce dernier se permet plusieurs traits d'humour que beaucoup lui reprochent. Et pourtant, c'est par ce biais qu'il va réussir à humaniser ses personnages. En fait, l'aspect humoristique est juste une conséquence du décalage que nos héros entretiennent avec leur environnement. Par exemple, Steve Roger est appelé à la rescousse alors qu'il a l'impression d'être un intrus (il a du mal à saisir toutes les références à la culture contemporaine), d'un autre côté, nous avons Banner qui semble toujours chercher un moyen de fuir au plus vite, surpris d'être utile à cette organisation puisqu'il était un fugitif peu de temps auparavant. Sans parler de Thor, un dieu au milieu des humains dont la seule raison de sa présence est de réparer les fautes de son frère Loki.  

 

Toutefois, on peut concéder plusieurs défauts à la mise en scène de Whedon. Si il parvient à nous surprendre avec sa direction d'acteur, il déçoit en revanche du côté de la technique. Sur le plan qualitatif, on a tendance à osciller vers le carcan télévisuel, ce qui est loin d'être déshonorant, il faut voir à quel niveau la mise en image des séries télés est parvenue. Dans Avengers, cette caractéristique est d'autant plus flagrante lors des scènes de dialogue, comme si, à court d'idées, le réalisateur se retranchait derrière ses précédents acquis.  

 

 

 

 

Et encore, on sent chez le metteur en scène une envie de sortir de ses contraintes habituelles qui ne sont plus en vigueur vu le budget. L'ultime preuve vient de la scène finale où le groupe, enfin décidé à faire cause commune, s'organise pour affronter une invasion d'extra-terrestres. Non seulement, Whedon parvient à respecter sa promesse en enchaînant les plans iconiques comme d'autres enfilent les perles, mais surtout en montrant ce groupe en action ensemble, une chose qu'aucun des films X-Men n'ait parvenu à faire. De telle sorte que, tout naturellement, nous voyons Steve Rogers assumait son rôle de Captain America et gagnait ses galons de meneur d'hommes, Hawkeye commence à s'imposer à son tour et Hulk se révèle même surprenant en cassant de l'alien à tire larigot. Tout ça dans un souffle épique, devenu très (trop?) rare dans le cinéma actuel et dont, de surcroît, on ne croyait pas capable Joss Whedon.  

 

 

Ainsi, alors que le projet n'était qu'un rêve il y a dix ans, The Avengers marque une étape définitive dans cette vague d'adaptations de comic books à l'écran. Si la mise en scène de Joss Whedon n'atteint pas le niveau d'un Sam Raimi sur ses Spider-Man, on remarque une envie de se transcender qui parvient à nous faire pardonner ses maladresses : le choix du format 1.66/Panoramique et non celui du Cinémascope par exemple, ou encore le casque de Captain America qui peut être un sujet de moquerie. Mais l'essentiel est là et bien là, la Marvel a frappé un grand coup et vient de mettre la barre très haute pour la concurrence.
 

Photo Credits : Marvel/Disney

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