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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

17 Oct

Juste Cause : la revanche d'une blonde

Publié par André COTE  - Catégories :  #Les Experts, #Jennifer Finnigan, #Juste Cause, #Annabelle Chase, #Jerry Bruckheimer, #CBS, #C.S.I., #Close to Home

 

 

 

Pour le commun des mortels, le nom de Jerry Bruckheimer est associé à un style de cinéma pop corn. On pense notamment à Top Gun, Le flic de Beverly Hills ou encore Armageddon. Il est même un des représentants d'une certaine forme de divertissement décérébré mais jouissif. Néanmoins son champ d'action ne se limite pas à la production cinématographique. En 2000, il lance C.S.I., Crime Scene Investigation, en version française Les Experts. C'est une série policière dont l'originalité est de suivre non pas des inspecteurs mais la branche scientifique des forces de l'ordre, les légistes, ou Forensic en VO. Contre toute attente, elle est un véritable carton qui va générer une mode et faire de Bruckheimer l'un des plus lucratifs des producteurs de la petite lucarne.  

 

 

 

 

En effet, suite à ce premier succès, il ne lui faudrait pas longtemps pour donner le feu vert à plusieurs autres projets. Deux ans après les légistes de Las Vegas, nous verrons l'entrée en scène de leurs homologues de Miami (CSI : Miami, ou Les Experts : Miami en VF), mais aussi un service du FBI spécialisé dans la recherche des personnes disparues, FBI – Porté Disparu (Without a Trace en VO), et celui des Affaires Non Élucidées de Cold Case. Le public étant de nouveau au rendez-vous, le producteur tente d'élargir son registre. Si il continue à exploiter le filon du forensic show avec une troisième CSI se déroulant cette fois à New York, il s'essaie au drame juridique, en d'autres termes les séries policières avec les avocats dans les tribunaux, aussi appelé procedural show, avec Close To Home, titré en français Juste Cause.  
 

À ce propos, on peut se faire la remarque suivante : puisque la diffusion de CSI a débuté un peu après New York Unité Spéciale, la première spin-off des Law and Order, ou New York Police Judiciaire, curieusement, il aura fallu que les séries dérivées de cette dernière commence à s'affaiblir pour que celles des Experts arrêtent de se multiplier. Law and Order est une des franchises les plus importantes du petit écran, on la doit au producteur Dick Wolf. Il est assez amusant de voir les deux, CSI et Law and Order, connaître des extensions en parallèle, Les Experts : Miami débarquant pile poil un an après New York Section Criminelle. Comme si les deux producteurs affichaient ouvertement leur concurrence pour savoir laquelle de leur franchise allait occuper le plus de temps d'antenne.  

 

 

 

 

Néanmoins, il faut reconnaître que chacune développent ses propres qualités de sorte que les deux peuvent toucher des publics différents. Les Law and Order se concentrent sur les enquêtes et les rouages du système judiciaire, tandis que Les Experts laissent plus d'espace libre pour les personnages et leurs relations. C'est ainsi qu'avec Juste Cause, on ressent l'impression que Jerry Bruckheimer tente, pour la première fois, de marcher sur les plates-bandes de Dick Wolf.  
 

Évidemment, cette réflexion omet de différencier la notion de producteur à celle de showrunner. Le showrunner est la personne qui va gérer la série sur toute une saison télévisuelle. En tant que producteur, il se peut (il est même probable) que l'implication de Bruckheimer se résume au simple aspect technique et visuel, autrement dit au respect d'un cahier des charges pour qu'une série portant la signature « Jerry Bruckheimer Television » comporte des éléments immédiatement identifiables. Il se soucierait juste du concept et non de l'évolution.  

 

 

 

 

De ce fait, avec Juste Cause, on retrouve plusieurs points récurrents dans les productions Bruckheimer. Tout d'abord, le visuel que l'on pourrait qualifier de « carte postale ». La série s'intéresse aux intrigues qui se déroule dans les banlieues pavillonnaires, par opposition aux enquêtes de Law and Order situées à New York. On concède que l'ambition de Close To Home est justement de gratter le vernis pour dévoiler ce qui se cache derrière ces façades, justifiant une description trop belle pour être vrai. Dans cette optique, il est presque logique que l'ambiance soit proche de 7 à la Maison. En soit, c'est une manière efficace, mais grossière pour introduire le contexte.  
 

Effectivement, c'est le point qui est très vite irritant dans la série, ou séduisant suivant le point de vue, ce manichéisme des plus énervants à cause de cette dimension de donneur de leçons. D'une part, les personnages ne sont pas attachants, ils paraissent figés dans leur propre stéréotype, aucun ne dégage une impression de vécu et leur vie paraît trop confortable pour être crédible. On pourrait, à la limite, pardonner cet état aux accusés et témoins que l'on croise au détour d'un épisode, mais lorsque l'on retrouve cette même lacune au sein du groupe d'avocats que l'on suit au fil des semaines, là, ça pose un problème. Il suffit de prendre comme exemple Annabelle Chase, celle-ci ne semble pas avoir du mal à concilier vie de famille et vie professionnelle. Son interprète, Jennifer Finnigan, a trop de mal à convaincre dans son personnage de femme forte, elle paraît trop fragile et s'emporte au moindre signe de contrariété.  

 

 

 

 

D'ailleurs, on se demande comment elle fait pour ne pas sombrer dans la dépression et travailler dans la saison 2. Alors qu'elle a traversé un événement traumatisant, elle se retrouve soudain insensible à son propre sort, sans explication, elle qui montrait tant d'empathie avec les clients. Même si on fait souvent mention de cet événement qui aurait dû la marquer à vie quelques mois auparavant, l'actrice continue de jouer de la même manière sans noter d'une quelconque évolution dans son interprétation.  
 

Toutefois, on peut trouver du plaisir dans cette vision simpliste de la justice avec le personnage de Bruce Davison, Doug Hellman, un avocat souvent opposé à Annabelle. D'entrée, Hellman est présenté comme un individu sans scrupules ayant comme seul credo la victoire à tout prix. Là, en revanche, le jeu de l'acteur (qui joue aussi le sénateur Kelly dans les films X-Men) est absolument délicieux, à base de petits regards et de sourires au coin, pour montrer sa supériorité devant l'assistance, avec de belles répliques si possible. Il est pour beaucoup dans le capital sympathie de ce procedural show alors qu'il n'apparaît qu'une dizaine d'épisodes sur l'intégralité des quarante. Tout ça avec ce personnage d'avocat machiavélique.  

 

 

 

 

Sinon, les histoires en elles-mêmes regorgent de coups de théâtre souvent à la limite de la vraisemblance. Il n'est pas rare d'apprendre les penchants inavouables des accusés et des témoins très tardivement, ce qui facilite un dénouement rapide. Un procédé trop souvent utilisé quand les scénaristes se retrouvent dans une impasse. Ce qui pourrait être agaçant pour certain devant la prévisibilité de la mécanique, ou amusant pour d'autres qui seraient sensibles au comique de répétition. Dans ce dernier cas, plus c'est invraisemblable, mieux c'est.

 

Close To Home n'est pas inintéressante en soi, d'autant plus que les rebondissements s'enchaînent avec peu de temps mort. Le principal souci est de se reposer trop souvent sur des ficelles vues et revues. En fait, il y a bien un argument qui pourrait pencher en sa faveur tout en se révéler un handicap, puisque cela concerne la plastique de son casting. Si Jennifer Finnigan n'est guère convaincante, elle demeure une jeune femme charmante à regarder, quant à David James Elliot (principalement connu pour avoir tenu la vedette de JAG) qui débarque en deuxième saison, il achève cette impression de cabinet d'avocats digne d'un magazine de mode. Une série oubliable mais pas dénuée de petits plaisirs.

Juste Cause : la revanche d'une blonde
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