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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

23 Oct

The Expendables 2 : The boys are back in town !

Publié par André COTE  - Catégories :  #Nu Image, #action, #Chuck Norris, #Simon West, #Sylvester Stallone, #Millennium Films, #Jean-Claude Van Damme, #Expendables, #Arnold Schwarzenegger

 

 

 

Il y a des films qui échappent à toute analyse critique tant leur conception ne cherche à satisfaire qu'un simple plaisir primal de spectateur. Non que cela soit un mal en soi, au contraire, libre à chacun de mesurer ses attentes. Il convient juste de signaler que la qualité de certains long-métrages ne se perçoit pas avec la même grille analytique qu'une production classique. Pour cela, il faut éviter de prêter attention à un quelconque traitement de l'intrigue, à une manière de filmer et d'enchaîner les images pour rythmer le récit. Dans ces métrages, le simple état d'esprit du projet prévaut sur tout les défauts.  
 

 

 

 

Le nouveau film de Simon West, The Expendables 2, en fait assurément partie. L'arrivée du réalisateur n'était pas pour rassurer les déçus du premier volet. Le seul film de West à répondre aux critères est Les Ailes de l'Enfer... et il date de plus de dix ans. Dans celui-ci, on y trouve un casting mémorable comme Nicolas Cage, John Malkovich, et si on cherche un peu Danny Trejo et Steve Buscemi. Le reste de la filmographie de West flirte, par contre, entre le banal (Le déshonneur d'Élizabeth Campbell) et le franchement oubliable (Lara Croft : Tomb Raider). Ce qui n'augurait pas du bon pour le numéro 2 d'un film qui reçut un accueil mitigé.  

 

En fait, le concept de The Expendables tient à la simple réunion à l'écran des figures les plus marquantes du cinéma d'action, en l'occurrence, Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren (rien que ça, c'est ce qu'on appelle un casting), Mickey Rourke, Randy Couture, Terry Crews et même un Gary Daniels que certains amateurs connaissent. Le scénario assume son aspect « prétexte » pour justifier la présence dans une même scène de plusieurs de ces vedettes. Ainsi, le plaisir du premier volet peut tenir dans un simple échange de répliques entre Sylvester Stallone (ou Sly pour les fans), Jet Li, Jason Statham et Dolph Lundgren. Des noms que les moins de vingt ans, qui n'ont pas été élevés au Cobra, Rambo et autres Les Maîtres de l'Univers, peuvent difficilement connaître. Classés en « has-been » par le plus grand nombre, ils ont dû attendre que ce même Stallone revienne sur le devant de la scène (grâce à John Rambo et Rocky Balboa, ultimes volets de leur saga respectif) pour proposer un tel concept sur grand écran.  

 

 

 

Hélas, des maladresses techniques donnèrent à l'ensemble des allures de rendez-vous manqué. D'une part, la présence des plus grandes figures du genre (Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis sont pourtant présents sur l'affiche) ne se résumait qu'à une apparition. Ensuite, on peut trouver à redire sur la mise en scène de Stallone qui, seul maître à bord, manque de rigueur. En effet, pour une scène finale dantesque, plusieurs affrontements (en particulier celui de Dolph Lundgren contre Jet Li) laissent à désirer.  

 

Pour le second opus, sur le premier point, la promesse d'une réunion mémorable est enfin tenue. Outre toute la clique de Stallone qui rempile (Lundgren, Statham, Li et cie), on voit aussi le retour de Bruce Willis et d'Arnold Schwarzenegger dans des rôles cette fois plus conséquent, sans compter l'arrivée de Jean-Claude Van Damme et même celle, inespérée, de Chuck Norris. On déplore juste la trop courte présence de Jet Li qui quitte le récit sitôt le générique passé et seul manque à l'appel Mickey Rourke, mais, vu le casting, on reconnaît que les scénaristes auraient eu bien du mal à gérer tout les personnages présents.  

 

 

 

Ensuite, du côté de la maîtrise technique, là aussi, il y a une nette amélioration, la raison sans doute en revient à la place de Simon West. On peut deviner que Stallone a voulu céder la casquette de réalisateur pour ne s'occuper que de la bonne ambiance au sein de la troupe. Ici, l'acteur apparaît apaisé, mais on se doute de sa présence à tout les phases de la production pour veiller au grain. Une situation qui nous donne, à l'écran, un pré-générique explosif qui aurait pu être la scène finale : les Expendables sont présentés en tant que mercenaires ultimes en pleine guerilla, des experts en grosses pétoires et autres lance-grenades, à faire passer les Vin Diesel et Dwayne Johnson pour de simple caïd de cours de récré.  

 

Le dernier point, crucial, réside dans le synopsis qui permet la réunion de ces acteurs sur grand écran. Là encore, The Expendables 2 fait mouche puisque le scénario ressemble à bon nombre de récits vus et revus pendant les années 80 (et même après, dans le marché des DTV, ou « film de production moindre prévu pour le marché DVD »), soit la période dont le film se veut l'héritier. Après tout, dans le Commando avec Schwarzenegger, le synopsis se résume à la simple phrase « Ils ont enlevé sa fille, ils vont le payer », il en est de même pour Cobra avec Stallone où un flic dur à cuire est chargé de protéger un témoin. Des récits stéréotypés au possible, bourré de clichés jusqu'à la gueule, dont la saveur se trouve dans le traitement des personnages et l'ambiance de toute une époque. Dans le film de West, l'équipe de Barney Ross (Sylvester Stallone, qui pète encore la forme) se voit confier par Church (Bruce Willis) la mission de retrouver le contenu d'un coffre-fort. Sur le chemin, l'équipe de Ross est confronté aux sbires de Jean Vilain (Jean-Claude Van Damme). Voila donc les mercenaires partis pour se venger de Vilain (qui les a volé et a tué l'un des leurs au passage) et trouvent l'aide de Booker (Chuck Norris), un mercenaire qui se la joue solitaire, et de Trench (Arnold Schwarzenegger, qui a pris un sacré coup de vieux), habituellement concurrent de Ross.  

 

 

 

 

Une histoire simple et efficace, que l'on croirait sorti tout droit des eighties, soit ce que tout amateur du genre est en droit d'attendre en entrant dans la salle.  

 

Néanmoins, si il fallait chercher la petite bête, on pourrait trouver des faiblesses dans cette difficulté des scénaristes à apporter une alchimie de groupe. Chacun semble vivre dans son coin, comme Dolph Lundgren qui fait son petit numéro à part (et il le fait bien, l'acteur s'en donne à cœur joie) et Statham qui a du mal à s'imposer. Et ne parlons même pas de Terry Crews et de Randy Couture, présents juste pour débiter quelques répliques et user de la sulfateuse.  

 

 

 

La plus grande surprise pour beaucoup va être la performance de Jean-Claude Van Damme. Ceux qui n'ont pas suivi sa carrière de la décennie passée (que des films pour le marché DVD ceci dit) vont découvrir le charisme que l'acteur a gagné durant sa traversée du désert. Il bouffe l'écran avec son rôle de Jean Vilain. Malheureusement célèbre pour ses bons mots dans les médias, il prouve qu'il fait partie des acteurs les plus mésestimés (et c'est un euphémisme) de sa génération. L'acteur vieillit bien et on aimerait tant le voir dans des productions de plus envergure à partir de maintenant. La bonne idée du casting est de lui adjoindre un Scott Adkins inconnu du grand public mais populaire chez les habitués des DTV. Van Damme et Adkins forment un bon duo de badguy comme on en avait pas vu depuis longtemps. Sans oublier Chuck Norris, LE Chuck Norris. Avec un temps de présence à l'écran qui ne doit pas excéder les dix minutes, il réussit à laisser son empreinte, comme un esprit bienveillant planant sur tout le métrage.  

 

En fait, les défauts qui gâchaient le plaisir du premier opus sont en grande partie corrigés dans cette séquelle. Ça discute peut être un peu trop par moment, mais on retrouve aussi beaucoup de punchlines dans l'esprit des eighties. Les morceaux de bravoure sont plus nombreux (la guerilla du début mais aussi l'attaque finale) et les moments jubilatoires ne manquent pas : le plan où l'on voit le trio Schwarzy/Willis/Sly, en plein action, est digne d'un poster. Ça pète de tout les côtés, ça bourrinne dans tous les sens, dans le seul et unique but de rendre justice à des figures d'un cinéma de divertissement aujourd'hui révolue.

 

Photo Credits : Nu Image/Millennium Films

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