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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

26 Dec

24 Heures Chrono : Les journées en enfer de Jack Bauer

Publié par André COTE  - Catégories :  #action, #Jack Bauer, #espionnage, #24 Heures Chrono, #Die Hard, #Stephen Hopkins, #Fox



Lorsque l'on adapte un film en série télé, la réaction normale des fans de l’œuvre originale est de craindre le résultat final. L'écriture d'un long-métrage et d'une production télévisuelle (sans compter leur mise en scène) sont deux exercices différents. C'est pourquoi, en passant d'un média à un autre, une œuvre subit des changements en raison des contraintes liées à leur support.

Or, il existe un cas de figure plus rare où une œuvre télévisuelle réussit à adapter les caractéristiques d'un long-métrage, dans l'esprit du moins, alors qu'elle n'a officiellement aucun lien avec celui-ci. Une constatation encore plus étonnante, puisqu'à priori, le film en question ne se prêtait pas à l'exercice.


Ainsi, contre toute attente, alors qu'une version ciné de 24 Heures Chrono se fait attendre, il est intéressant de noter que la série, créée par Joel Surnow et Robert Cochran, rappelle sur bien des points les Die Hard. Effectivement, les aventures de Jack Bauer (l'agent qui n'a, à chaque fois, que 24 heures pour mener à bien sa mission) ont quelques faux-airs avec celles du policier habitué aux prises d'otages, John McClane. Les deux personnages ont un cheminement semblable puisqu'au départ, ils ne sont que de simple agents en fonction (Jack Bauer est un agent du CTU, que l'on pourrait traduire par la cellule anti-terroriste ; McClane est un inspecteur de Police) et le parcours qu'ils suivent les amène à devenir des experts en situation alarmante : désamorcer une bombe, sauver des otages, retrouver des missiles nucléaires... tel est leur lot quotidien.

Pour McClane, tout à commencer en 1988 avec Piège de Cristal (ou Die Hard en VO), devant la caméra de John McTiernan qui avait déjà à son actif Predator avec Schwarzy. Inspecteur de la Police de New York, John McClane, incarné par Bruce Willis, part à Los Angeles pour retrouver sa femme à Noël. Pas de chance, c'est à ce moment que des terroristes prennent d'assaut le bâtiment où il est. Devant l'incompétence des autorités, McClane se retrouve seul à pouvoir les affronter. Rebelote avec 58 Minutes pour Vivre (ou Die Hard 2) où c'est un aéroport qui devient le lieu de l'action. Mais c'est le troisième opus, Une journée en Enfer (ou Die Hard 3 – With a Vengeance), qui est sans doute une des sources d'inspiration des auteurs de 24 Heures Chrono.



Au niveau visuel tout d'abord, certains choix semblent prolonger les expérimentations de McTiernan. Die Hard 3 est l'un des premiers films d'action à utiliser la caméra à l'épaule. Alors que Piège de Cristal a une réalisation très posée et stylisée, le troisième opus paraît être pris sur le vif, la caméra filmant les exploits de McClane comme si ils étaient improvisés : lors d'une course-poursuite, la voiture conduite par l'inspecteur sort souvent du champ au détour d'un virage trop brusque par exemple. Une mise en scène novatrice pour l'époque, aujourd'hui banalisée, qui permet de ressentir le chaos vécu par les personnages. La réalisation de 24 Heures Chrono va dans ce sens, au point qu'à l'écran on a du mal à discerner des différences entre certaines scènes de la série ou des extraits de reportage télé.

À cela il faut ajouter plusieurs éléments qui vont singulariser la série, autrement dit, ses gimmicks. En premier lieu, l'utilisation des cliff-hangers, ses scènes de suspense coupées dans leur élan afin de donner envie au téléspectateurs de voir la suite (une pratique habituellement réservée aux fins de saisons), ils sont employés en combinaison avec l'horloge omniprésente au coin de l'image, le tout augmente le sentiment de stress  : chaque épisode est censé narrer des événements se déroulant en temps réel. Comme si cela ne suffisait pas, la première saison va même user du split-screen (plusieurs images sur un même écran) afin de renforcer l'ambiance déjà bien paranoïaque : une scène nous montre une même action de plusieurs points de vue différents afin de multiplier ce qu'on appelle le hors-champ (ce qui ne peut être filmé par une seule caméra) et donc les sources de danger. On comprend mieux comment 24 Heures Chrono réussit à atteindre un niveau de tension jamais vu à la télévision. Même si, en conséquence du départ de Stephen Hopkins (réalisateur de Predator 2, L'ombre et la Proie, Perdus dans l'Espace et aussi Freddy 5, mais ici producteur exécutif), le split-screen fut relégué, lors des saisons suivantes, aux intermèdes des coupures pub en guise de « Pendant ce temps ».


Cette mise en image a pour conséquence de présenter Bauer comme une marionnette luttant pour reprendre le contrôle des événements. Ses adversaires, eux, restent dans l'ombre, à l'écart, ce qui leur confèrent une position de domination. Tel était déjà le cas dans Die Hard 3 où on voit l'ennemi de McClane, Simon, sur un toit, regardant de haut, littéralement, les actions de la Police, comme des jouets à ses yeux.

Toutefois, cette écriture n'est pas due à la seule influence de Die Hard 3, mais provient surtout d'un genre littéraire : le serial. L'un des plus illustres représentant du genre est Les Trois Mousquetaires de Alexandre Dumas puisque c'est sous cette forme que le roman a été publié la première fois, mais c'est plutôt à des fictions comme Flash Gordon conquiert l'univers que la structure de 24 Heures Chrono renvoie. Le Flash Gordon en question est un métrage de quatre heures, découpé en plusieurs parties, l'ensemble formant une seule histoire et chaque partie narrant une péripétie. Il en est de même pour les aventures de Bauer, puisque chaque saison représente une histoire complète, découpée en 24 parties, chacune équivalent à une heure, d'où le 24 Heures du titre.



Une autre différence avec Die Hard 3 provient de ce que permet la nature d'un feuilleton. Avec des long-métrage de 2 heures, difficile en l'état de donner du relief à une multitude de personnages. En une saison de 24 Heures Chrono, les collègues de Bauer au CTU deviennent presque aussi attachant que le héros. Alors que les alliés de McClane sont réduits à de simple faire-valoir, ceux de Bauer ont des fils rouges sur plusieurs épisodes, voire saisons : Tony Almeida, Chloé O'Brian ou bien encore David Palmer vont être des figures marquantes au même titre que Bauer. Ajoutez à cela la montée en puissance de la situation de départ, puisqu'une simple opération d'escorte de témoin peut dévier sur une crise politique internationale.

D'autre part, 24 Heures Chrono aborde des thématiques faisant du show une des bêtes noires des associations bien pensantes. La série nous montre Bauer dans des situations extrêmes l'amenant à prendre des décisions extrêmes. Le reproche est simplement de montrer l'usage de la torture lors de ses interrogatoires pour obtenir des réponses. Or, ce que la série dénonce est justement la nécessité de ce type de moyen : Bauer en use parce que les situations ne semblent pas lui donner d'autres alternatives. En fait, la série dénoncerait plutôt le système qui conduit un individu à utiliser ces méthodes : Bauer est décrit comme un être de plus en plus solitaire, qui perd un peu d'humanité à chaque mission, alors qu'il avait une famille dans les premiers épisodes, pas vraiment une situation enviable. 

 
Le plus étonnant, c'est qu'au cours des 8 saisons (donc journées), les producteurs (parmi lesquels on retrouve Howard Gordon qui s'occupe actuellement de Homeland) parviennent à maintenir un niveau de qualité hissant cette production télé au niveau d'un film d'action. Un raccourci un peu rapide, il serait plus juste de dire que 24 Heures Chrono se sert d'une mise en image filmique pour mieux redonner au serial ses lettres de noblesse. Les scénarios ont beau être bancals (inévitablement, certaines saisons sont plus faibles que d'autres), la mise en scène parvient à rester haletante. De ce fait, 24 Heures Chrono est une œuvre qui marque notre mémoire au fer rouge, rendant son public particulièrement accroc et faisant de son héros, Jack Bauer, l'une des premières icônes télévisuelles de ce nouveau millénaire. 


Photo Credits : Fox
24 Heures Chrono : Les journées en enfer de Jack Bauer
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Anonymous 01/01/2013 14:35

j'ai adoré cette série,rebondissent a gogo,cette série était l'une des première a mettre un black a la maison blanche,24 nous a permis de revoir l'acteur WILLIAM DEVANE (le Greg Sumner dans Cotes ouest)bref une série qui mériterai d’être porté sur grand écran!!!

Nicolas

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