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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

13 Feb

Person of Interest : ennemi d'état, ami du peuple

Publié par André COTE  - Catégories :  #Michael Emerson, #Jim Caviezel, #Greg Plageman, #Person of Interest, #CBS, #J.J. Abrams, #Bad Robot, #Jonathan Nolan, #justicier

 
Person of Interest J.J. Abrams Jim Caviezel Jonathan Nolan Greg Plageman CBS Bad Robot
 
Si il y a bien un homme qui a actuellement le vent en poupe à Hollywood, c'est bien J.J. Abrams. Il faut dire qu'il arrive à point nommé. Avec son look de « Monsieur-Je-sais-tout » tendance cool, il a tout du parfait geek au moment où cette catégorie de spectateurs devient la cible privilégiée du marketing dans la capital du cinéma : il suffit de voir la prolifération des films et séries télés autour des super-héros. De cette manière, il va devenir, un peu malgré lui, l'un des chantres de cette tendance, au point que l'on commence à lui attribuer, de manière abusive, des échecs ou des succès.

 

 

 
En effet, si il a débuté sa carrière de producteur en créant le teen show Felicity et monter son studio de production Bad Robot, c'est surtout Alias et Lost qui le révèlent aux yeux du public. C'est même à partir de là que des amalgames vont se créer, une situation due sans doute à une mauvaise connaissance du système de production télévisuelle. Si Abrams réalise et écrit des épisodes de Lost (juste le pilote en l'occurrence, il n'est crédité ensuite qu'en tant que créateur), il n'est pas pour autant le responsable de la série dans son ensemble. Ce qu'on appelle le showrunner, le producteur exécutif qui dirige le show comme un capitaine son navire. L'amalgame est causé en raison du style, de la patte, que l'on ressent à la vision de chaque série issue du studio Bad Robot. Une identité visuelle et des constantes dans l'écriture  que l'on peut expliquer par les méthodes de travail du studio et la récurrence des personnes impliquées. Ainsi, on retrouve souvent Abrams dans l'écriture des premiers épisodes, ce qui explique le raccourcis « série de JJ Abrams » dont on parlait au début. Or, ce serait oublier le réalisateur Jack Bender, régulièrement derrière la caméra de Lost. Partenaire de Abrams depuis longtemps, Bender était même déjà présent à l'époque de Felicity. Et aussi, le producteur Bryan Burk présent sur tous films et séries issus du studio. Avec autant de personnes autour de lui et surtout avec les postes de showrunners officiellement attribués à d'autres, difficile de prétendre que Abrams est le seul démiurge à Bad Robot.
 
C'est également pour cette raison que ce dernier parvient sans peine à cumuler les projets au ciné et à la télévision. Alors qu'il vient d'achever le tournage du prochain Star Trek, on l'annonce déjà à la barre de Star Wars : épisode 7 pendant que 3 séries sont encore en cours de diffusion sous son nom. De cette manière, si pour Lost, les capitaines du navire étaient Damon Lindeloff et Carlton Cuse et Fringe Alex Kurtzman et Roberto Orci, sur Person of Interest, les showrunners sont Jonathan Nolan et Greg Plageman. Contre tout attente, alors que tout les yeux étaient tournés sur le sort de Fringe ou l'événementiel Alcatraz (stoppé au bout d'une saison alors que la chaîne Fox pensait y trouver son Lost), c'est peut être cette nouvelle production qui s'avère être la plus solide du studio. Au vu du passif des deux responsables, on verra que ce n'est guère étonnant.
 
 
 
En soit, le concept de Person of Interest n'a rien d'original. L'histoire paraît être une resucée de ce que l'on voyait dans les années 80. Un ancien agent paramilitaire, John Reese (Jim Caviezel qui semble être né pour ce rôle patibulaire), devenu un clochard mais sans perdre ses réflexes. C'est une rixe dans un métro qui lui vaut de se faire remarquer par un mystérieux individu nommé Harold Finch, incarné par le Michael Emerson de Lost. Finch est un milliardaire vivant dans la plus grande discrétion. Après avoir remis d'aplomb Reese (rasé et vêtements neufs), Finch lui révèle l'existence d'une machine qu'il a conçu. Celle-ci lui donne le numéro de sécurité sociale des personnes censées mourir dans les prochaines heures. La proposition de Finch est simple : Reese peut-il mettre ses talents au service de Finch et l'aider à sauver ses personnes en sursis ?
 
Pour ma part, le concept a un air de déjà-vu avec Equalizer avec le défunt Edward Woodward. C'est une série des années 80 où un agent secret à la retraite aide les plus démunis face à une justice impuissante, mais soyons franc, ce type de série avec un justicier mystérieux pullulait pendant cette période. Or, Person of Interest réussit à se singulariser très vite, tout d'abord au regard des séries actuelles avec son côté « old school », mais surtout par rapport aux séries d'antan en mêlant à ce postulat presque désuet une imagerie propre au thriller actuel en y ajoutant des éléments à la limite de la Science-Fiction. D'ailleurs, beaucoup trouveront à cette nouvelle production de Bad Robot des allures de Ennemi d'état télévisé. Ennemi d'état (Enemy of the State) est un film de Tony Scott qui montrait un homme, interprété par Will Smith, poursuivi par une agence gouvernementale utilisant tout les systèmes de communication et de surveillance pour cela : accès aux caméras de parking, carte SIM des téléphones portables,etc... Étant donné que le système employé par cette mystérieuse agence est similaire à la machine de Finch, il est tout naturel de retrouver une imagerie semblable dans Person of Interest pour faire naître une ambiance de paranoïa dans les aventures de Reese et Finch. Nous les savons surveiller par un programme informatique, ce qui implique une simple récolte des informations, mais le simple fait d'être observé donne naissance à un sentiment anxiogène : que se passerait-il si la machine se mettait à analyser les images qu'elle ne fait que récolter ?
 
 
 
Toutefois, les auteurs se gardent bien de traiter ce genre de considération, réduite à quelques répliques et allusions. Le traitement des histoires correspond aux normes du studio Bad Robot, c'est à dire que l'approche intimiste est privilégié au détriment du développement du postulat. Il faut attendre un bon tiers de la saison pour voir apparaître quelques fils rouges et évidemment ils concernent le passif de Reese en tant qu'agent paramilitaire et les origines de la machine. Cependant, plusieurs autres intrigues secondaires s'avèrent palpitantes et intenses, comme celle de l'ennemi récurrent de Reese en la personne du chef de la pègre.
 
Des thématiques que l'on retrouve déjà dans la filmographie de Jonathan Nolan. Si ce nom ne vous est pas inconnu, c'est normal. Jonathan est le frère de Christopher Nolan, le réalisateur de la récente trilogie sur Batman. Et il n'a pas que ce lien de parenté en commun, Jonathan est carrément l'un des scénaristes de cette trilogie sur le Chevalier de Gotham. Les plus observateurs remarqueront donc l'influence de l'auteur sur le simple synopsis : dans The Dark Knight, Batman utilise des moyens proches de la machine de Finch pour contrecarrer les plans du Joker. De ce fait, on peut mieux comprendre d'où provient le côté justicier mystérieux de John Reese.
 
 
Dans le même esprit que les aventures du Chevalier Noir, nous nageons ici en plein thriller urbain. Au bout de quelques épisodes, Reese se construit un réseau d'informateurs parmi les policiers ce qui rapproche Person of Interest d'un cop show assez âpre. Cette ambiance, nous la devons sûrement à Greg Plageman, l'autre showrunner. Ce producteur a commencé en écrivant des épisodes de 7 à la Maison (ben oui, il faut bien un début à tout), mais il a surtout fait ses armes dans New York Police Blues et New York District/New York Police Judiciaire avant de rejoindre le staff de Cold case. Tout à coup, la réussite de Person of Interest apparaît plus compréhensible.
 
Par conséquent, même si les premiers épisodes peuvent être rébarbatifs, cette nouvelle production de Bad Robot trouve rapidement ses marques en s'affirmant en passionnant feuilleton. S'appliquant à traiter ses personnages avec soin, même les secondaires, les auteurs ne perdent pas de vue que ce qui fait la force d'une série est une écriture lisible et non une succession vaine de péripéties. Avec un dosage minutieux de suspense et d'action, Person of Interest gagne ses galons de palpitant thriller à suivre chaque semaine.
 
Photo credit : CBS
Person of Interest : ennemi d'état, ami du peuple
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Anonymous 26/02/2013 02:35

Cette série sera bientôt diffusé sur TF1,hâte de la découvrir !!!!


Nicolas

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