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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

13 Mar

Le Trône de Fer : The Winter is coming

Publié par André COTE  - Catégories :  #George R. R. Martin, #HBO, #D. B. Weiss, #Trône de Fer, #David Benioff, #heroic fantazy, #Game of Thrones

HBO Game of Thrones Trone de Fer heroic fantazy George R. R. Martin David Benioff D.B. Weiss
 
 
L'heroic fantazy, ou fantastique médiéval, est sûrement le genre le plus mésestimé de la télévision. Au cinéma, la saga Le Seigneur des Anneaux a permis un regain d'intérêt pour ce type de récit, tandis qu'à la télévision, on semblait attendre l’œuvre qui donnerait ses lettres de noblesse aux histoires de contes et légendes. Ou du moins, on attendait une production qui ne soit pas exclusivement destinée à un jeune public. Il ne faut pas oublier pas que, chaque année, durant les périodes de Noël plus exactement, nous sommes abreuvés jusqu'à l'overdose, des adaptations des aventures de l'enchanteur Merlin et de divers autres contes de fées. Du côté des œuvres visant un public plus adulte, en revanche, la télévision restait pauvre en la matière. Ceci était le triste constat que l'on pouvait dresser avant que Game of Thrones ne débarque.
 
HBO Game of Thrones Trone de Fer heroic fantazy George R. R. Martin David Benioff D.B. Weiss
 
 
C'est en 1996 que tout commence, quand l'auteur George R. R. Martin entame son cycle littéraire Le Trône de Fer (ou Game of Thrones en V.O.), dont les trois premiers volumes vont connaître un succès critique et publique de plus en plus conséquent. La chaîne HBO en acquiert les droits lorsque la saga littéraire en est à son 5e tome. La pression est grande autour de cette adaptation. Si HBO est connu pour ses succès passés que sont Oz, Six Feet Under et Les Sopranos, elle file un mauvais coton depuis une dizaine d'années avec les annulations de Deadwood et La Caravane de l'Étrange, tandis que le succès public True Blood rencontre un accueil critique mitigé. L’œuvre de Martin est donc l'occasion pour la chaîne de redorer son blason.
 
Pour se faire, elle confie les rênes du projet à David Benioff et D.B. Weiss, tout en s'assurant de la participation de Martin. L'auteur n'est pas un novice du milieu télévisuel, puisqu'il a déjà à son actif la magnifique série La Belle et la Bête. Je ne parles pas là de la récente version avec Kristen Kreuk (Smallville) mais de celle de 1987, avec Linda Hamilton (la Sarah Connor de Terminator) et Ron Perlman (Blade 2, HellBoy et Sons of Anarchy). Sur l'adaptation de ses romans, Martin doit collaborer avec Benioff et Weiss, engagés comme showrunners. Le second a un CV assez vide, parce que ses scenarii précédentes n'ont pas été porté à l'écran : il a planché pendant un temps sur la suite de Je suis une Légende, avec Will Smith, qui n'a pas dépassé le stade de l'écriture. Il aurait été étonnant que Weiss soit un vrai débutant, puisque l'on parle avec Game of Thrones d'une production où le premier épisode a coûté plus de 5 Millions de Dollars. Quant à Benioff, il a écrit entre autres les films Troie de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, La 25e Heure de Spike Lee et Wolverine : Origines, autrement dit, un scénariste aguerri qui a prouvé sa valeur : on lui accordera le bénéfice du doute sur le script du dernière exemple, puisque même le réalisateur a eu des soucis avec ses producteurs.
 
HBO Game of Thrones Trone de Fer heroic fantazy George R. R. Martin David Benioff D.B. Weiss
 
Voila donc notre binôme en charge de gérer de multiples intrigues politiques au sein de plusieurs familles royales. Weiss dépeint d'ailleurs Game of Thrones comme une sorte de « Sopranos dans la Terre du Milieu » (autrement dit l'endroit où se situe l'action de la saga Le Seigneur des Anneaux) pour en décrire l'ambiance. En fait, le challenge de ces deux scénaristes est de parvenir à raconter plusieurs histoires en parallèles, comportant plus d'une vingtaines de personnages et ce, à plusieurs lieux dans un même épisode : certains sont dans une cour royale, d'autres en plein déplacement en forêt ou dans le désert, d'autres encore préparent un plan de bataille dans un campement militaire. Là réside même l'ampleur du projet, car au lieu d'éluder bon nombres de sous-intrigues dans le processus d'adaptation, ils prennent le taureau par les cornes et conservent justement cet aspect en passant d'un groupe à un autre. Aux fans des livres de repérer les différences (inévitable vu la matière) entre l'ouvrage et son adaptation. Le résultat à l'écran est l'impression d'une grande fresque remplie jusqu'à la gueule de rebondissements et de coups de théâtre, parfois au sein d'un même épisode, ou, au contraire, qui peut être avare en action pour privilégier l'aspect psychologique. Aux téléspectateurs de se montrer particulièrement attentifs pour bien ressentir à sa juste valeur l'impact des scènes sur le déroulement de l'intrigue, les scénaristes ne pouvant se permettre d'expliquer en long et en large sous peine de dépasser le temps qui leur est imparti.
 
HBO Game of Thrones Trone de Fer heroic fantazy George R. R. Martin David Benioff D.B. Weiss
 
Rajoutez à cela l'ambition visuelle de la production. Si on est encore loin d'une mise en scène de l'ampleur d'un Seigneur des Anneaux, l'impression d'immersion de Trône de Fer parvient à égaler (parfois même à dépasser) celle d'un long-métrage classique. C'est bien simple, non content de devoir structurer une multitude de fil rouge... à travers les 10 épisodes (seulement) d'une saison. Les showrunners peuvent s'appuyer sur les compétences de leurs réalisateurs récurrents. En effet, derrière la caméra, on trouve des noms tels que Alan Taylor, Brian Birk ou encore Tim Van Patten, des personnes habitués aux productions de luxe de HBO puisqu'ils ont chacun travaillé sur les séries qui ont fait le prestige de la chaîne comme Les Sopranos, Six Feet Under ou encore Deadwood. Sans oublier, David Nutter, un téléaste chevronné que les fans de X-Files connaissent. À eux de restituer une ambiance moyenâgeuse au sein de laquelle des forces surnaturelles vont faire irruption : si le cadre médiéval est réaliste, on entend plusieurs discussions au sujet d'un âge des dragons révolu (le doute subsiste concernant leur état de légende ou de réelle existence) et des magiciens vivant à l'écart apparaissent, qui concourent à faire basculer graduellement Trône de Fer dans l'heroic fantasy.
 
Les interprètes n'ont pas à rougir non plus, même si certains ont du mal à s'imposer, d'autres parviennent à marquer la rétine. En même temps, au milieu d'une distribution comptant une trentaine de personnages principaux, on imagine le défi que cela doit représenter pour un acteur de se détacher de la masse. D'ailleurs, la tâche est de moins en moins aisée durant la seconde saison, puisque d'autres protagonistes viennent se rajouter à un casting déjà important. Parmi ceux que l'on retient, on compte Peter Dinklage dans le rôle de Tyrion Lannister, le fils d'un seigneur qui a compensé sa singularité physique (c'est un nain) en devenant un fin stratège ; Emilya Clare en Daenerys Targaryen, qui doit passer d'une position de soumise (elle doit accepter un mariage arrangé) à dominante en prenant le commandement de son peuple ; Jason Momoa (déjà vu dans StarGate-Atlantis) ici en barbare ô combien imposant par son physique de brute. La liste serait trop longue à établir, mais il serait presque impardonnable de ne pas mentionner Jack Gleeson en jeune roi sadique dont la popularité commence à dépasser le seul cadre de Trône de Fer.
 
HBO Game of Thrones Trone de Fer heroic fantazy George R. R. Martin David Benioff D.B. Weiss
 
En fait, le seul bémol que l'on pourrait noter à l'encontre de cette production concerne le mode de visionnage. À chacun de trouver son propre confort entre celui de regarder les coffrets DVD en marathon (on se réserve le week-end pour se faire les 10 épisodes d'affilée) ou par épisode, autrement dit l'un après l'autre, tels qu'ils sont diffusés. Ceci à cause de l'enchâssement des intrigues  si peu aisé que beaucoup pourraient se perdre. Mais que l'on ne s'y trompe. Au bout de deux saisons, Le Trône de Fer s'est imposé comme une des meilleures séries à l'époque actuelle. Elle n'est pas seulement d'un niveau correct, elle est parvenue à se hisser au niveau des œuvres les plus prestigieuses de la télévision. Déjà nantie d'un sublime générique, elle en est encore au stade des promesses (aucune des intrigues n'est conclue pour le moment), mais il convient de la surveiller de très près, car tout concourt à faire de Trône de Fer une des productions capable de marquer l'Histoire de la télévision d'une pierre blanche. La suite approche, et on l'attend de pied ferme.
 
Photo Credit : HBO
Le Trône de Fer : The Winter is coming
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Anonymous 20/03/2013 05:59

c'est une excellente série,j'ai vus les deux première saisons et j’attends avec impatience la saison 3,bonne analyse mon chers André !!!

Nicolas

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