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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

13 Apr

Mutant X : Les X-Men de la loose

Publié par André COTE  - Catégories :  #Marvel, #Avi Arad, #X-Men, #super-héro, #Mutant X, #Twenty Century Fox, #Syndication

Mutant X Marvel Syndication super-hero Avi Arad John Shea Victor Webster

Les guerres entre les licences aboutissent souvent à des situations pittoresques. Afin d'éviter des conflits d'intérêts et des poursuites judiciaires, les producteurs et scénaristes se voient contraints de revoir leur copie pour que le produit dérivé n'ait, au final, aucun lien avec le précédent succès. On aboutit alors à une création bâtarde qui a des allures de simple plagiat et non de tentative d'exploiter une potentielle franchise. La faute incombe à un imbroglio judiciaire forçant les auteurs à se brider.

Nous voilà revenu en 2001, et la maison d'édition Marvel Comics lance la série Mutant X. Le but non avoué de la firme est de profiter du succès du premier X-men de Bryan Singer sorti l'année précédente. La société devrait avoir tout son aise pour le faire, après tout, le film n'est que l'adaptation d'un de leur propre comics. Or, c'est là que ça se corse, pour permettre à cette adaptation d'exister, Marvel Comics a dû vendre les droits d'exploitation au studio de production 20 Century Fox. De ce fait, Marvel ne peut plus agir à sa guise et, si elle peut continuer à sortir sa série de comics (il ne manquerait plus que ça tient), elle ne peut produire elle-même un film ou une série à l'effigie des mutants, les droits appartenant au studio.
 
Mutant X Marvel Syndication super-hero Avi Arad John Shea Victor Webster

La réaction de la Fox ne se fît pas attendre. À l'annonce du projet, le studio attente un procès envers Marvel pour plagiat, ce qui est un comble tout de même. Pour l'anecdote, le titre Mutant X renvoie déjà à un comics pré-existant et dérivé des X-Men (les amateurs savent très bien que l'univers des X-Men - plus communément appelé « univers des mutants » - se déploie à travers plus d'une dizaine de séries en comics, entre Generation X et Factor X) l'une des craintes de la Fox était de voir Marvel profiter du succès de la franchise ciné pour lancer elle-même des séries au concept similaire, Mutant X étant vendu comme un sous- X-Men. Afin d'éviter tout problème juridique, la présente série se veut aussi loin que possible de l'univers dépeint par les comics et les films.

De cette manière, les mutants du groupe Mutant X n'a aucun rapport avec les mutants qui sont dépeint dans la bande dessinée. Autant dans les films de Singer que dans les comics, les super-pouvoirs proviennent d'une évolution génétique. Les mutants sont simplement les premiers êtres d'une espèce destinée à succéder à l'humanité telle que nous la connaissons. En filigrane, les aventures des X-Men dépeignent ainsi une étape transitoire, autrement dit le passage à témoin, entre l'homo sapiens (nous) et l'homo superior (le mutant). Du côté de Mutant X, par contre, la symbolique est loin d'être aussi évocatrice. Les super-pouvoirs ne proviennent pas d'une évolution génétique mais d'expériences scientifiques.
 
Mutant X Marvel Syndication super-hero Avi Arad John Shea Victor Webster

En fait, là où le postulat devient vaseux, c'est qu'on ne comprend pas trop le statut du laboratoire, appelé Genomex, et la nature des expériences. Si ce n'est que celles-ci sont juste illégales et contraires à l'éthique. Des éléments qui auraient dû servir de moteur à l'intrigue principale... et qui se retrouvent relégués en simple astuce scénaristique : pourquoi le laboratoire a sa propre milice privée qui agit comme une armée à l'extérieur ? Parce que les responsables sont des méchants despotes, pourtant, tout le monde a l'air de continuer son bonhomme de chemin dans cette société totalitaire ; une société si totalitaire d'ailleurs que plus personne n'ose sortir de chez soi si on en croit les rues désertes, or tout le monde s'habille avec des fringues neufs et branchés.

D'un autre côté, le contexte en question correspond, non pas à une lutte sociale sur fond d'inégalité raciale (dans X-Men, les mutants sont perçus comme la métaphore du traitement des minorités) mais plutôt à celui d'une rédemption. Bon, cela n'excuse pas les lacunes dans la cohérence (on va dire ça comme ça), mais justifie des ambiances différentes. La rédemption est donc celle d'Adam Kane, interprété par John Shea (le Lex Luthor de Loïs et Clark, au jeu suave savoureux) et de son Némésis, Mason Eckhart, joué par un certain Tom McCamus (qui s'affiche en sosie troublant de Andy Warhol). Adam Kane est un scientifique déchu qui vit caché à l'intérieur d'une montagne, le sanctuaire de Mutant X. L'air de rien, la nature de ce sanctuaire est peut-être l'un des mystères que la série ne résoudra jamais. Ne comptez pas sur les trois saisons qu'elle compte pour savoir si c'est Kane qui a lui-même aménagé ses locaux (peu probable, mais en même temps, on ne sait rien de sa fortune personnelle, ou s'il est l'héritier d'une famille richissime par exemple ? Il n'est jamais précisé non plus que le Kane posséde des talents de bricoleur et un expert en génétique n'étant pas forcément doué en électronique) : ou s'il y a juste récupéré des locaux appartenant à l'origine à Genomex. Cette hypothèse est tout de même hasardeuse, puisque l'une des raisons de son reclus est de vivre caché des sbires de Eckhart. N'empêche que, vu l'équipement High-Tech et le cadre de vie style spacieux, le Kane et ses Mutant X n'ont pas trop à se plaindre.
 
Mutant X Marvel Syndication super-hero Avi Arad John Shea Victor Webster

Dans ce sanctuaire, Kane, avec l'aide de son groupe, tente de réparer les erreurs du savant en cherchant un remède à la mutation et en évitant que d'autres anciens cobayes disparus dans la nature ne tombent entre les mains des hommes de Eckhart. En effet, ce dernier ne semble n'avoir comme seul objectif de retrouver ces cobayes qui ont développé des super-pouvoirs. Les capturer pour les enfermer dans des prisons cryogéniques, dans le but « d'effacer » les erreurs de Genomex. Ce groupe Mutant X est composé de 4 jeunes gens (jeunes et beaux, parce que ça fait bien sur les photos) qui se singularisent par leur pouvoir : Shalimar se comporte comme un félin en situation de combat, Jesse peut contrôler la densité de son corps (tour à tour aussi solide qu'un mur en briques ou aussi vaporeux qu'un nuage de fumée), Brennan manipule l'électricité et Emma a des dons de télépathie.

En fait, le postulat aurait pu faire de Mutant X une série fun. Sur le papier, elle apparaît même comme une version du Caméléon en mode super-héros, avec des simili X-men à la place de Jarod. Le souci maintenant est de ne pas être parvenu à rendre cette tension palpable alors que nous voyons des mutants pourchassés par les sbires d'un mystérieux laboratoire. Le niveau est tel qu'on a l'impression que tout le monde menace de s'endormir vu la tension proche du zéro absolu qui règne. Et quand je dis tout le monde, je parle autant des acteurs que de l'équipe technique. Si certains arrivent à compenser leur jeu poussif par des poses de mannequin (à ce titre, Victor Webster en Brennan, le voyou beau gosse est un petit plaisir qui justifie presque le visionnage d'un épisode) mais la plupart comme Lauren Lee Smith, qui joue la télépathe, atteint des sommets d' inexpressivité. Il en est de même du côté de la réalisation qui ne décolle jamais alors que les récits enchaînent des situations qui devraient être haletantes. Et je n'évoque même pas les effets spéciaux qui semblent sortir tout droit d'une démo d'un jeu Playstation... alors que la série est contemporaine d'un StarGate – SG1.
 
Mutant X Marvel Syndication super-hero Avi Arad John Shea Victor Webster

Durant les deux premières années, la série suit le canevas du "Adam Kane qui donne des missions à ses Mutant X". Un retournement de situation au début de la saison 3 marque une tentative pour renouveler ce statut quo (deux acteurs du casting principal s'en vont, un nouveau débarque), mais il n'y a aucun sursaut qualitatif pour autant. Bon, il faut avouer que si j'avais eu moins de dix ans, j'aurais sûrement fait partie de ses fans en raison du générique entraînant (là, je dois bien avouer qu'il claque bien) et de son postulat épique (c'est quand même une série avec un groupe de super-héros). Mais voilà, ayant découvert la série en fin d'adolescence, ce sont ses défauts qui m'ont sauté aux yeux, et me font ranger Mutant X au rayon des désastres télévisuelles, ou des comédies involontaires suivant l'humeur.

Photo Credits : Syndication
Mutant X : Les X-Men de la loose
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