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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

20 Apr

Revolution : les promesses d'une nouvelle ère ?

Publié par André COTE  - Catégories :  #Lost, #Monica Breene, #Erik Krypke, #FlashForward, #The Event, #NBC, #J.J. Abrams, #Giancarlo Esposito, #Bad Robot, #Supernatural

 
Pour NBC, il est bien loin le temps des Friends, A la Maison Blanche (The West Wing) et autres Urgences (E.R.). Aujourd'hui, la chaîne attend toujours le programme qui pourrait lui de redorer son blason après une traversée du désert de plusieurs années. Chaque nouveauté est attendue au tournant pour savoir si NBC verrait enfin le bout du tunnel. Avec Revolution, on remarque une énième tentative pour surfer sur le créneau désormais vacant d'un des succès de leur concurrent, ABC. Ce n'est pas le premier essai, mais cette fois, ils semblent avoir tout réuni pour que les choses aillent dans le bon sens. 
 
 
 
Revolution est donc la dernière production de J.J. Abrams, ou plutôt la dernière à être issue de son studio Bad Robot. Il faut préciser que Abrams est actuellement occupé avec le dernier opus de Star Trek (Star Trek Into Darkness) et que son planning ne risque pas de se libérer avec le prochain Star Wars. Son crédit en tant que producteur exécutif ne doit être dû qu'à son poste de Président de Bad Robot. En fait, Abrams doit être dans la même position qu'un Michael Crichton sur Urgences. Ce dernier, auteur de best-seller comme Jurassic Park, a bien créé le feuilleton médical, mais il faut plutôt voir du côté de l'équipe autour de John Wells pour tout ce qui concerne les saisons suivantes. La mention de Crichton en tant que producteur par la suite est donc purement contractuel. Dans le cas de Abrams, il a contribué à la création de Revolution en fondant l'infrastructure du studio qui en permet la production.

Le vrai maître d’œuvre ici est Erik Krypke, déjà créateur de Supernatural sur la CW. La fameuse « patte » de Abrams s'explique par la présence de ses collaborateurs auprès de Krypke. Parmi eux, Monica Breen se détache du lot. Elle dont le travail à Bad Robot date de Alias, soit depuis 2003. Quant à la réalisation du pilote, elle incombe à Jon Favreau, à qui l'on doit Iron Man 1, 2 et Cow-boys et Envahisseurs, à lui d'installer l'ambiance et de présenter les personnages et leurs relations. À première vue, Revolution semble bien éloigné de Lost, son cadre post-apolyptique est bien planté et tout mystère semble écarté : nous voilà plongés dans un univers orienté western urbain quinze ans après qu'un blackout ait contraint toutes les populations à vivre sans électricité. Or, la photographie a un goût de déjà-vu, de même que le visuel promotionnel. Il n'y a qu'à voir ces photos de groupe où tout le monde a l'air perplexe, dans un décor où la nature a repris ses droits. 
 
Évidemment, avec cette référence en tête, Revolution fait pale figure à côté. Cependant, il ne faut pas oublier qu'elle doit non seulement se démarquer de son modèle, mais également de toute la flopée de rejetons que le genre « série avec un gros mystère à la clé » a connu depuis : je parles là des cas de The Event et FlashForward. La question était de savoir si les personnes aux commandes pouvaient réitérer l'exploit du précédent succès, tout en éviter les erreurs des copies. De cette manière, si le pilote de Revolution est une déception par rapport à son modèle, un parfait exemple d’efficacité, il n’en demeure pas moins plus solide que ceux de The Event et FlashForward.
 
 
 
 
En effet, dans un premier cas, le concept même de la série s’impose comme une évidence. Dans l'introduction de Lost, nous voyons un homme reprenant conscience au milieu des débris d’un crash d’avion sur une île. Grâce à des flashbacks, nous en apprendrons un peu plus sur lui, pendant qu'il s’organise avec les autres survivants. En 90 minutes, le spectateur se retrouve ainsi dans une situation similaire au personnage (nous découvrons cet environnement en même temps que lui) au sein d’une structure scénaristique appelée à devenir récurrente, au point de devenir un gimmick : chaque épisode se focalisant sur un personnage différent au sein du groupe, bénéficiant de flashbacks à son tour.

Dans le cas de Revolution, nous retrouvons un cas de figure similaire, mais en plus maladroit. Suite au blackout, toutes les sources d’énergies ont disparu. Or, au lieu de traiter des répercussions de cette situation (comment chaque individu a dû faire face à cet événement ?), la série préfère faire une ellipse. De ce fait, l’introduction paraît abrupte et brouillonne, et force notre indulgence avec une quinzaine de personnages présentés en un quart d’heure. Le niveau global de l’interprétation n’aide pas non plus : Billy Burke, en Miles Matheson, peine à convaincre en meneur d’homme désabusé ; mais ce ne rien comparer à Tracy Spiridakos qui n'est pas crédible pour un sous en Charlie, la nièce de Miles, une adolescente élevée dans ce monde post-blackout, alors que la série est censée se reposer sur ses épaules (le moteur de l’intrigue principale n’est autre que la recherche de son frère capturé) ; il n’y a que Giancarlo Esposito (déjà génial dans Breaking Bad) qui se montre un tant soit peu charismatique, dans la peau du Capitaine Tom Neville.
 
 
 
En fait, on pourrait dire que Revolution partage avec Lost quelques soucis de cohérence. Par exemple, on peut voir en Zak Pittman une réminiscence de Hurley, le gros geek. Les deux apparaissent comme des incongruités dans leur univers respectif : on pouvait se demander pourquoi Hurley ne subissait pas les conséquences de son régime forcé suite à son séjour sur l’île (combien de temps est-il restée dessus ? Des mois ? Des années ? Il ne semble pas perdre un gramme), de la même manière, il paraît curieux que Zak n’ait pas perdu au moins quelques kilos suite au blackout. Il en est de même pour Tracy Spiridakos que l’on voit mal en survivante tant elle semble débarquer de Beverly Hills, ce qui renvoie au cas de Evangeline Lilly, la Kate de Lost, une fugitive dure à cuire sur le papier, mais avec des airs de mannequin à l'image.

Toutefois, ses quelques couacs produisent une identification plus aisée. Aucun des personnages ne paraît traumatisé par l'événement du blackout (ce qui est faux, plusieurs le sont, comme on le découvre au détour des épisodes), ceci dit, en quinze ans, on peut concevoir que la majorité aient avalé la pilule.  De ce fait, l'ambiance de l'ensemble peut avoir des airs faussement décontractés (certaines scènes paraissent avoir été tournés lors d'un week-end de camping), mais ,finalement, ce n'est qu'un moyen pour rendre les personnages plus proche de nous et faciliter notre adhésion. Ceci au risque de perdre le sentiment de dépaysement que l'on pouvait attendre au vu du postulat.
 
 
 
 
 
Passé ses quelques cafouillages, on peut se laisser transporter dans cet univers proche d’un western. En effet, toute l’imagerie de la Guerre de Sécession a été reprise pour illustrer ce futur privée d'énergie électrique, ce qui contribue à donner une petite touche d'originalité à la production design. Ensuite, il convient d'être patient, car il faut attendre quelques épisodes avant de cerner où se dirige ce show. On devine que la recherche du frère Matheson est un simple prétexte pour explorer cet univers et en apprendre un peu plus sur les personnages, surtout via les flashbacks mais aussi des retrouvailles avec d'anciennes connaissances.  De cette manière, le reproche ce que l'on pouvait faire, avec la présentation trop abrupte, se voit corriger, au fil des segments (on apprend ce que chacun était avant le blackout et ce que cet événement leur a coûté), ce qui démontre que les scénaristes ont retenus les leçons des anciennes productions de Bad Robot : s'appliquer à soigner l'aspect humain au lieu de se contenter d'enchaîner les péripéties.

De ce fait, si Revolution peine à démarrer, il est bon de se rappeler que 2 voire 3 saisons à Fringe et à Lost leur ont été nécessaire pour dévoiler leur potentiel. Si les premiers épisodes s'avèrent paresseux, cette nouvelle série de Krypke trouve lentement son rythme, grâce à une écriture proche des personnages (la marque de fabrique de Bad Robot) et des éléments disséminés avec parcimonie. Il ne nous reste plus qu'à espérer que les maladresses s'amenuisent (ce qui commence déjà du côté de l'interprétation) pour laisser place à une montée en puissance. Inégale, mais prometteuse.
 
Photo Credits : NBC
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