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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

04 Apr

The Walking Dead : quand les morts reviennent sur Terre...

Publié par André COTE  - Catégories :  #Frank Darabont, #AMC, #Zombie, #Robert Kirkman, #Glen Mazzara, #The Walking Dead

 
AMC The Walking Dead Frank Darabont Glen Mazzara Robert Kirkman Zombie

Depuis plusieurs années, nous avons assisté à la popularisation (voire banalisation?) de plusieurs figures mythiques du fantastique. Ainsi, les vampires et les loup-garous ont eu leur Twilight (pour le meilleur et surtout pour le pire), tandis que les zombies connaissent un sort un peu plus enviable. En effet, suite au remake de Dawn of the Dead de Romero (remake titré L'Armée des Morts chez nous) et le 28 jours plus tard de Danny Boyle, les morts-vivants connaissent une nouvelle vie (sans jeu de mot). Cette résurrection n'a pas été au goût de tout le monde puisqu'elle s'est produite avec l'ajout de nouvelles caractéristiques qui ont fait tiquer certains puristes : à l'origine, les zombies sont connus pour déambuler à 2 mètres à l'heure... les voir piquer des sprints en a désarçonné quelques-uns.
 
AMC The Walking Dead Frank Darabont Glen Mazzara Robert Kirkman Zombie


La conséquence de cette nouvelle popularité ne s'est pas fait attendre. Les zombies se sont même vus offrir la vedette de plusieurs productions télévisuelles : Dead Set (avec le postulat intéressant d'une invasion de zombie lors d'un jeu de télé-réalité), Death Valley (une version humoristique de l'Armée des Morts) et surtout The Walking Dead, l'adaptation d'un comic book. Cette dernière est le dernier succès de la chaîné du câble AMC, un succès qui continue d'ailleurs de s'amplifier.

Donc petit retour en arrière, il y a maintenant quatre ans, à l'annonce du projet, l'élément qui rendait cette production alléchante était la présence de Frank Darabont en chef d'équipe, donc en showrunner. Frank Darabont est un cinéaste qui enchaîne les classiques et films cultes. On lui doit par exemple Les évadés et La ligne verte, sans oublier l'un des meilleurs films d'horreur de la décennie, The Myst. Une déception était toujours possible, mais on imaginait mal que The Walking Dead puisse être une réelle catastrophe avec une telle personne aux commandes.
 
AMC The Walking Dead Frank Darabont Glen Mazzara Robert Kirkman Zombie


En fait, le vrai souci que pose The Walking Dead lors de ses débuts, et qui a dû être un sujet de débat houleux au sein de la production, concerne justement l'optique de ce que doit être une série télé. Au niveau de la narration, la première saison ressemble davantage à un long-métrage étiré sur plusieurs heures et découpé en six parties qu'à un enchaînement d'épisodes : l'enjeu principal est étiré sur plusieurs segments sans qu'aucun enjeu secondaire ne soit développé et ne donne une identité unitaire à ces mêmes segments. C'est le même écueil que l'on retrouve au début de la seconde saison qui ne cesse de nous présenter nos personnages de plus en plus tourmentés mais rarement actifs, tranquillement hébergés dans une ferme. Les amateurs de cinéma d'horreur peuvent néanmoins épancher leur soif en appréciant l'aspect technique, car la photographie et la mise en scène rendent justice à l'univers post-apocalyptique. À ceci près qu'il leur faut ménager leurs attentes niveau zomblard, contre toute attente ceux-ci se faisant assez rare, même si leurs apparitions parviennent à marquer les esprits, avec un festival de maquillage et d'effet gore à l'appui.

C'est lors des 7 épisodes suivants (sur les 13 de la seconde cuvée) que les choses iront en s'améliorant. Un constat inespéré tant les coulisses se sont fit de plus en plus tumultueuse : Frank Darabont se fait proprement viré et remplacé au pied levé par Glen Mazzara. Avec le départ d'une personne si talentueuse, le pire était à craindre. La surprise n'en a été que plus grande lorsque l'on s'aperçut du redressement qualitatif de The Walking Dead : la mise en scène soigne ses temps forts, le rythme se veut plus alerte et les personnages se sentent obligés de prendre des décisions plus promptement, sans s'appesantir plus que nécessaire. Le final laissait même augurer du meilleur quant à l'avenir du show : non seulement le dernier épisode se donnait enfin des airs de film d'horreur post-apocalyptique, mais les personnages se mettaient à aller de l'avant, s'assumant en survivant dans un monde à l'agonie. En somme, les scénaristes avaient l'air d'avoir compris le potentiel de leur propre production.

Une promesse remplit au centuple lors de l'ouverture de la troisième saison. La scène d'introduction est, en soi, un modèle de maîtrise qui pose nos personnages en guerriers aguerris : silencieusement tel un groupe d'assaut, ils visitent une maison déserte, vérifiant chaque pièce, chaque pas étant mesuré, chaque regard calculé, chaque geste dénotant d'une technique affiné au fil du temps. Tout ceci pour les installer, quelques instants plus tard, dans un nouveau lieu qui va se révéler, malgré les apparences, un espace propice à un repos bien mérité : une prison abandonnée. Effectivement, après une invasion de zombies, il est naturel qu'un tel endroit puisse offrir un cadre de détente, tant les moyens de protection sont multiples : les portes et autres barrières sont nombreuses, de même que chacune des pièces peut s'avérer un vivier de nouvelles armes et de munitions.
 
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Et l'amélioration qualitative ne concerne pas uniquement l'écriture et la mise en scène. Au niveau de l'interprétation, on remarque aussi que la barre a  considérablement monté. Andrew Lincoln, dans le rôle de Rick, un ancien shérif adjoint, a enfin l'allure d'un meneur d'homme, d'un leader. Il en est de même pour les autres membres de son groupe, qui ne sont plus des membres passifs subissant les événements, ils sont même plus proches de soldats. À côté de Rick, on remarque d'ailleurs le charismatique Daryl Dixon, son arbalète lui donne déjà un look de warrior qui en fait un des personnages les plus emblématique de The Walking Dead. On est même pas surpris de voir l'extension de l'univers du show et de la galerie de personnages : des prisonniers viennent s'ajouter au groupe, on découvre également une autre ville vivant en autarcie ainsi que d'autres visages comme Michonne et l'énigmatique Gouverneur.

Le seul souci de The Walking Dead dorénavant concerne sa faculté à tenir sur la longueur. Il ne faut pas oublier qu'elle est une série du câble, elle ne peut s'offrir un budget de long-métrage et, donc, les épisodes où l'action s'emballe et le sang coule à flot apparaissent comme des luxes. Pour conserver l'attention de son public, il est nécessaire de construire des intrigues pour rendre les personnages attachants. Ainsi, on compte sur les scénaristes pour maintenir l'intérêt et c'est là que les choses se gâtent. En plein milieu de la 3e saison, Glenn Mazarra se fait proprement remercier (en langage clair, lui aussi se fait virer) au profit de Robert Kirkman, un des producteurs exécutifs présents depuis le début.
 
AMC The Walking Dead Frank Darabont Glen Mazzara Robert Kirkman Zombie


Bon, évidemment, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions hâtives sur l'avenir du show. Après tout, The Walking Dead a déjà connu cette situation et on a vu à quel point ça lui a été bénéfique. Il faut juste espérer que les producteurs ne tirent pas trop sur la corde  : la qualité a peut-être résulté de débats houleux certes, mais constructifs. En attendant, le final s'est vu récolté des critiques mitigées, espérons que ce ne soit que la conséquence d'une mauvaise gestion financière et non artistique de la production. Ceci afin que les erreurs passées n'empêchent en aucun cas la 4e saison de continuer cette ascension qualitative.
 
Credit Photos : AMC
The Walking Dead : quand les morts reviennent sur Terre...
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