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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

31 May

Arrow ou l'après-Smallville

Publié par André COTE  - Catégories :  #Warner, #Smallville, #super-héro, #Nikita, #CW, #Andrew Keisberg, #Arrow

 
 
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a des séries qui marquent l'histoire de leur chaîne. Un constat peu étonnant puisqu'elles participent à son prestige durant leur existence. Dans cette logique, du côté de NBC, on est nostalgique des Urgences et autres Friends et CBS restera pendant un bon moment la chaîne des Experts et autres NCIS. La CW, elle, a eut Smallville pendant une dizaine de saisons. Un succès que les producteurs ont tenté en vain de fructifier, puisque de nombreuses rumeurs ont couru sur des séries dérivées (ou spin-off). Au final, la décision a été de donner le feu vert à une nouvelle série sur un autre super-héros : Arrow.
 
 
 
En fait, le souci pour CW réside dans la manière d'exploiter son patrimoine. Ce qu'il faut savoir, c'est que la CW appartient au groupe Time Warner où l'on retrouve le studio Warner Bros (celui derrière les saga des Batman et des Superman au ciné) et la maison d'édition DC Comics, d'où sont originaires les personnages sus-cités. Par conséquent, on peut comprendre leur volonté à adapter un comics au lieu de produire une œuvre originale, même si cela limite les scénaristes. Sur ce dernier point, il faut se rappeler que Smallville narre les origines de Superman en racontant l’adolescence de Clark Kent et à l’époque des Buffy et autres Roswell, elle participait à l’émergence d’un genre nouveau : le fantastique pour adolescent. Le show touchant à sa fin, il devenait problématique de savoir comment renouveler le filon. Il a bien été question de poursuivre l'aventure en se tournant vers d'autres personnages suite à leur apparition (Aquaman et SuperGirl) ou même de faire une sorte de Smallville, la suite avec Metropolis.  Cette dernière nous aurait montré Clark Kent quittant la campagne pour s'installer dans la métropole et y vivre ses premières aventures de super-héros.
 
Le principal handicap de cette démarche est sans doute la perte de vitesse du titre-phare. Passé plusieurs saisons, il est naturel qu'une série subisse une érosion de son audience, mais lancer à sa suite une production qui lui soit rattachée devenait une opération risquée : il est fort probable que le public touché ne concerne qu'une portion de la série-mère et celle-ci battant déjà de l'aile, il y a fort à parier que cette nouvelle production ne fasse pas long feu. La décision finale peut sembler radicale mais a au moins le mérite de souffler un vent de fraîcheur sur la CW : produire une nouvelle série qui n'ait aucun rapport avec la précédente. En fait, même si un personnage éponyme est apparu dans Smallville (un Green Arrow, ou plutôt Oliver Queen de son vrai nom, a été inclus au générique à partir de la saison 8), il ne partage aucun lien avec celui de la série actuelle. De cette manière, si Arrow entretient plusieurs similitudes avec Smallville, elle ne peut être, en aucun cas, considérée comme une série dérivée de celle-ci.
 
 
 
Une décision judicieuse tant la série-phare paraissait de plus en plus anachronique avec les autres productions de la chaîne. Il faut prendre en considération que les teen show n'ont plus le vent en poupe avec le départ des Frère Scott et la fin de plus en plus imminente de Gossip Girl. Seules des productions plus sombres comme Supernatural et actuellement The Vampire Diaries arrivent à perdurer. En ce sens, il n'est pas étonnant de voir les producteurs de Arrow couper court à tout ce qui pourrait rappeler Smallville dans le visuel et le style pour se rapprocher d'une autre production plus solide et moins portée vers les intrigues sentimentales, comme par exemple Nikita. En cela, le casting donne le ton. Du gentil blondinet Justin Hartley, nous passons au beau ténébreux Stephen Amell et les deux personnages n'ont l'air d'avoir en commun que leurs caractéristiques de sous-Batman : playboy le jour et justicier la nuit.
 
En signe de ce ravalement de façade, on constate le renouvellement de l'équipe artistique. Exit les deux créateurs de Smallville, Alfred Gough et Miles Milar, qui ont, de toute façon, quitté le navire après la saison 7, c’est à Andrew Keisberg que l’on doit Arrow. Keisberg est un scénariste/producteur qui a participé à des séries comme Fringe et The Vampire Diaries. On retrouve à ses côtés, Greg Berlanti et Marc Guggenheim, les scénaristes de Green Lantern de Martin Campbell. Ce duo a été à la tête d’une autre série de super-héros, No Ordinary Family. A priori, vu leurs antécédents, on pouvait craindre le pire (oui, je trouves Green Lantern et No Ordinary Family très moyen), pourtant, contre toute attente, le résultat à l'écran s'avère franchement sympathique. Après The Vampire Diairies et Nikita, Arrow renforce même l’impression qu’un nouveau standard se forge sur la chaîne. Même si certains peuvent remarquer la présence de Geoff Johns à la production, un auteur de comics ici producteur qui était déjà là sur les aventures de Clark Kent, son poste semble être réduit au simple lien entre la maison d'édition DC comics et la production télé.
 
 
 
Ceux qui ont suivi Smallville se rappelleront que Green Arrow était présenté comme un playboy ayant surmonté son traumatisme, un Batman-like en somme. Dans la série actuelle, Oliver Queen est rescapé d'un naufragé qui a coûté la vie à tout l'équipage et à son père. Il revient rejoindre sa famille propriétaire d'une des plus importantes entreprises de la ville, Queen Industries. Une réapparition après 5 ans d'exil forcé sur une île qui l'oblige à faire face à ses responsabilités et qui n'est pas sans raviver certains rancunes tenaces. D'un côté, il doit prouver qu'il a gardé toute ses capacités pour évoluer en société, et de l'autre, les retrouvailles se révèlent assez rudes avec ses anciennes connaissances. On pardonne l'utilisation de vieilles ficelles, comme celle du père de sa petite amie, un père qui est aussi inspecteur de police : la petite amie en question fait évidemment partie des victimes du naufrage. Ce fil rouge est très vite expédié au bout de quelques épisodes pour passer à un autre story-arc plus palpitant, concernant les circonstances de ce naufrage justement. 
 
Effectivement, on peut considérer qu'il s'agit là que d'intrigues grossières pour permettre aux scénarises de gagner du temps et poser des bases plus solides. Après tout, de nombreux éléments sont disséminés ici et là et les relations entre les personnages se nouent. En filigrane, les événements qui ont eut lieu sur l'île nous sont dévoilés (via des flashbacks, ce qui donne un côté Lost à l'ensemble) et des personnages secondaires gagnent en importance. En fait, plus on avance, et plus Arrow trouve ses marques du côté du thriller à tendance super-héroïque, un peu convenu, certes, mais efficace : le naufrage de Queen était-il une tentative pour l'assassiner ?
 
 
 
Bon, certains y verront des similitudes avec Batman Begins (l'exil et le retour de l'enfant prodigue), en particulier dans le traitement, puisque Arrow s'intéresse à la psyché de son héros et à l'importance qu'il donne à sa mission au détriment de sa vie sociale. Mis à part ce sentiment de déjà-vu qui peut être un bémol, la série créée par Andrew Keisberg demeure une très bonne surprise. Il reste à savoir maintenant si l'équipe réussira à conserver le niveau qualitatif qu'elle est parvenue à instaurer jusque là.
 
Photo Credit : The CW
Arrow ou l'après-Smallville
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Arrow 30/06/2013 14:16

Sympa l'article, la série est vraiment bien et c'est cool de la partager ;)

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