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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

10 Jun

Star Trek - La Nouvelle Génération : Là où L'homme n'est jamais allé

Publié par André COTE  - Catégories :  #Jean-Luc Picard, #Rick Berman, #La Nouvelle Génération, #Patrick Stewart, #space opera, #NBC, #The Next Generation, #Star Trek, #Gene Roddenberry

 
 
 
Si il y a bien une franchise mondialement connue mais injustement mésestimée en France, c'est bien Star Trek. Toutefois, les choses semblent évoluer grâce aux films de J.J. Abrams qui a donné un coup de fouet à la saga créée par Gene Roddenberry. Or, si certains sont maintenant tentés de jeter un coup d'œil aux long-métrages et autres séries télés qui composent la franchise, il serait facile de si perdre tant celle-ci est vaste. Entre la première série des années 60 et les derniers métrages, Star Trek a connu moult déclinaisons et constitue l'univers de Science-Fiction le plus impressionnant de la télévision. De cette manière, si les aventures de l'équipage du capitaine Kirk sont celles qui nous viennent à l'esprit lorsque l'on évoque cette saga, Star Trek a connu plusieurs incarnations et a imposé d'autres personnages-phares. Kirk et ses hommes ne sont pas les seuls à avoir explorer les étoiles au bord d'un vaisseau spatial baptisé Enterprise, 20 années plus tard, c'est un certain capitaine Picard qui marqua les esprits.
 
 
Ainsi, le space opera qui va nous intéresser est la première série dérivée de la franchise : Star Trek - The Next Generation (ou La Nouvelle Génération en VF). Le space-opera, pour les néophytes, est le genre aussi bien littéraire que cinématographique et télévisuel, qui regroupe les aventures spatiales, c'est là où l'on peut ranger les Star Wars par exemple. The Next Generation (ou NextGen pour faire plus court) a été lancée en 1987 suite au succès au ciné de Star Trek 4 - Retour sur Terre, qui est une aventure de l'équipage de la première série, que l'on rebaptise dès lors La Classique. NextGen a vite trouvé ses marques en tant qu'extension de la saga, une vraie suite autrement dit. L'action se déroule un siècle après les aventures du capitaine Kirk, un changement d'époque qui rend légitime un esthétisme différent : la Classique représentant une société futuriste tel que l'on pouvait le concevoir dans les années 60, La Nouvelle Génération dépeint, elle, cette même société en prenant en compte l'évolution de la technologie avec un siècle d'écart. C'est pourquoi, les fans puristes peuvent être un peu désarçonné par la mise en scène et ce visuel différent d'une série à l'autre, alors qu'il ne s'agit que d'une mise à jour esthétique, l'esprit demeurant le même : les uniformes ont changés et la technologie des écrans tactiles a remplacé celle des boutons poussoirs. Des changements qui ne sont pas suffisant pour éviter, dans un premier temps, un effet de répétition et de déjà-vu avec la Classique. Il faut attendre deux à trois saisons (sur l'ensemble des sept) pour que Next Gen développe ses propres thématiques, même si on en perçoit des germes dès l'épisode pilote, Mystère à Farpoint.
 
Si les deux séries sont censés partager un univers semblable en raison de nombreux éléments, elles se distinguent par leur traitement. Globalement, elles reposent sur un concept similaire : la mission de ces deux équipages est d'explorer l'univers. Les personnages que nous voyons sont membres de Starfleet, la division militaire de la Fédération, une organisation qui serait une version futuriste des Nation-Unies. Starfleet serait donc une sorte d'équivalent des Casques Bleus de l'Espace. En fait, la vision de l'humanité décrite dans la saga pourrait se rapprocher d'une société où se serait l'ONU qui dirigerait la Terre de concert avec la NASA, une fois le premier contact avec une race extra-terrestre établi. Dans la Classique, nous avions le trio-vedette du capitaine Kirk, accompagné de son officier scientifique Monsieur Spock (un Vulcain et le personnage le plus populaire de la saga) et de son médecin le docteur McCoy. Dans NextGen, c'est le capitaine Jean-Luc Picard (Patrick Stewart, connu aussi pour être le professeur Xavier dans X-Men) qui a les commandes du vaisseau USS Enterprise. À ses côtés, nous trouvons son officier en second William Riker, l'androïde Data, le responsable de la sécurité le Lieutenant Worf et bien d'autres encore puisque l'on peut compter une dizaine de personnages récurrents. Tout ce petit monde a droit à son propre fil rouge : Data cherche à comprendre l'humanité, Worf en tant que Klingon (des extra-terrestres qui fut longtemps en conflit avec la Fédération) doit régler des intrigues politiques au sein du gouvernement de sa planète natale, Picard démontre d'un maximum de diplomatie en tant que représentant de Starfleet et j'en passe.
 
 
En 7 saisons, NextGen réussit à brasser un nombre hallucinant de thématiques, qu'elles soient intimiste comme le simple épanouissement de soi dans la société, de l'ordre de l'aventure exotique avec les découvertes de contrées inexplorées, ou de pure science-fiction en abordant l'intelligence artificielle (la quête de Data), les univers alternatifs, les réalités virtuelles et même les voyages dans le temps. Tout ceci dans une écriture limpide toujours proche des personnages, ce qui permet à la série de vulgariser un bon nombre de concept au premier abord hermétique. Le traitement privilégie toujours les aspects géo-politique (en filigrane, la série nous décrit une société pacifiste contrainte d'entrer en guerre), philosophique et métaphysique, d'ailleurs le dernier épisode, Toutes les bonnes choses, aurait fait un excellent long-métrage, voire un chef d'oeuvre de la trempe d'un 2001 de Kubrick.
 
Cette identité, on la doit au producteur exécutif Rick Berman. Bon, là, je l'accordes, j'aborde le côté obscur de la franchise. Lors du succès de Star Trek 4, les studios ont bien rappelé Gene Roddenberry, le créateur de la série d'origine, pour concevoir NextGen, mais suite à différents problèmes artistiques, c'est Rick Berman, un des producteurs exécutifs et scénaristes, qui est choisi pour superviser officiellement l'ensemble de la franchise. C'est sans doute la raison pour laquelle la série semble tâtonner au cours de ses deux premières saisons. Pour mieux se rendre compte de l'influence de Star Trek dans le média télévisuel, bon nombre de scénaristes y ont été révélé comme Ronald D. Moore qui sera à l'origine du remake de Galactica et Brannon Braga que l'on retrouve plus tard dans la production de 24 Heures Chrono. Avec cette dynamique de travail allié à l'esprit de camaraderie qui émane du casting, on obtient une des séries de science-fiction les plus réussies et dont le succès publique est encore inégalé à ce jour.
 
 
Par conséquent, NextGen réussit à prolonger la vision de Gene Roddenberry au-delà de toutes espérances. L'adage des aventures de Kirk est « découvrir et comprendre » et c'est cet esprit que l'on retrouve en Picard. En fait, la différence principale entre Classique et NextGen se situe dans la manière d'aborder cet esprit. Si la Classique se rapproche plutôt d'une série d'aventure avec des échos philosophiques (c'est un des compromis que Roddenberry a dû faire pour que la chaîne NBC lui donne le feu vert), dans NextGen, le rythme est plus serein, plus prompt à la réflexion. L'un des reproches que beaucoup peuvent faire au début est même de qualifier la série de bavarde, le jargon technique utilisé par les personnages (pour crédibiliser une société technologiquement supérieure à la nôtre) est même devenu un sujet de moquerie. Cela n'a aucunement empêché ce space opera de devenir un monument de la télévision et de la Science-Fiction à l'égal de son aîné. Sa popularité a été telle qu'elle relança la franchise pour de bon : l'équipage de Picard a même succédé à celui de Kirk au cinéma avec 4 films et 3 autres séries dérivées suivirent, Deep Space Nine, Voyager et Enterprise.
 
 
Star Trek – La Nouvelle Génération fait partie de ses œuvres à avoir anobli le tube cathodique. En 7 années de périples, les aventures du Capitaine Jean-Luc Picard n'ont rien à envier à celles du Capitaine James T. Kirk. Ainsi, il serait très regrettable de faire impasse sur cette incarnation de la saga, à cause du préjugé de son état de série dérivée (une copie ne pouvant être aussi bonne que l'original, alors qu'ici, nous avons affaire à une suite logique), de la barrière que peut constituer le blabla scientifique fantaisiste ou de la perception de la Science-Fiction dans l'Hexagone. N'hésitez pas et tenter l'aventure à bord de l'USS Enterprise, c'est tout un pan de la Science-Fiction qui s'offre à vous. 
 
Photo Credit : NBC
Star Trek - La Nouvelle Génération : Là où L'homme n'est jamais allé
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