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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

29 Dec

Pan Am : Natacha, hôtesse de l'air

Publié par COTE André  - Catégories :  #ABC, #soap, #espionnage, #Pan Am, #A la Maison Blanche

 

 

Chaque année, une centaine de séries télés débarquent sur les chaînes américaines. Elles espèrent toutes toucher un public le plus large possible et, surtout, le fidéliser pour perdurer. Pour cela, il convient d'établir un contrat entre le téléspectateur et la fiction. Entre les promesses du show et les attentes du spectateur, un fossé peut se creuser et les auteurs ont alors la charge de le combler. Or, il arrive que les dés soient piper dès le début et que le spectateur n'y trouve pas son compte. Celui-ci peut se faire une idée fausse de la série et finit par la fuir à la vitesse d'un cheval au galop.

 

 

 

 

Lancée en 2011 sur la chaîne ABC, Pan Am est une série de Jack Orman, qui a été l'un des producteurs exécutifs de Urgences pendant 3 saisons. L'histoire se focalise sur 4 hôtesses de l'air de la compagnie aérienne Pan American World Airways. En prenant comme titre le nom d'une compagnie maintenant disparue (elle fit faillite en 1991) et en mettant en avant des personnages la plupart du temps en retrait dans les autres fictions (je n'ai pas le souvenir d'une autre série télé ayant pour héroïne une hôtesse de l'air), on aurait pu s'attendre à une série prenant la forme d'une anthologie, dans un esprit similaire à... La Croisière s'amuse, ou The Love Boat en VO. Pour ma part, je m'attendais à une série où les intrigues des passagers, les fameuses guest-stars, seraient le centre d'intérêt de chaque épisode et les membres de l'équipage serait lui, au pire les témoins, au mieux ceux qui contribuent au dénouement. Autrement dit, le concept de Pan Am n'aurait été ni plus ni moins qu'un décalque de celui avec la paquebot Pacific Princess transposé dans un avion.

 

Or, en choisissant comme titre le nom d'une compagnie aujourd'hui disparue, les ambitions des auteurs étaient toutes autres et ne se résumaient pas seulement à une envie d'éviter une accusation de placement de produit : parions que, si la série s'était appelé American Airlines, elle aurait été taxé de « tentative propagandiste destiné à faire reluire l'image de la compagnie auprès du public ». Ici, la compagnie aérienne en question a vécu ses années de gloire lors des années 60, l'intention des auteurs est donc de dresser un portrait de l'Amérique de cette époque à travers les yeux de ses héroïnes. Une intention qu'ils auraient pu faire avec le concept que j'ai détaillé plus haut, aux détours de la personnalité des passagers justement. Donc, l'idée est bien de suivre ces 4 hôtesses de l'air et de faire de Pan Am, non pas une anthologie mais plutôt une série chorale, où chacune des héroïnes vivent des trajectoires distinctes, se croisant à l'occasion, même hors de leur lieu de travail.

 

 

 

 

En cela, la série aurait pu être très intéressante, puisqu'elle amorce plusieurs fils rouges susceptibles de capter l'attention du plus grand nombre. Hélas, ces story-arcs sont enclenchés trop tardivement, ou plutôt, la première intrigue à prendre de l'ampleur au détriment des autres dans les premiers épisodes paraît trop abrupte pour le spectateur occasionnel. Effectivement, à peine avons nous fait connaissance avec Maggie (Christina Ricci, la Mercredi de la Famille Addams – qui a bien grandi depuis -, seule vraie vedette du show... très vite reléguée au second plan cela dit), Laura, Colette et Kate, que le public se retrouve embarqué dans une histoire d'espionnage digne d'un roman de gare : une nouvelle vient remplacer une collègue manquante... dont on découvre le passif d'espionne, une fonction que la nouvelle doit justement reprendre, le statut d'hôtesse de l'air offrant une couverture idéale pour un agent des services secrets. Cet axe scénaristique donne même l'impression de nous faire assister à une version télévisée de la bande dessinée Natacha.

 

D'un côté, cette intrigue cause une fissure au concept de base puisqu'il agit en twist dans le premier épisode (dévoilée lors de la dernière bobine) et peut briser le charme de l'ensemble  : nous étions, précédemment, en plein dans le ton de la petite chronique toute gentillette, et brusquement nous voilà plongés en pleine intrigue d'espionnage, promettant diverses péripéties et autres rebondissements rocambolesques, bien loin de ce que la situation initiale laissait augurer. D'un autre côté, cette nouvelle dimension est tout à fait cohérente avec l'imagerie de la série, et surtout avec l'époque dépeinte, celle de la Guerre Froide. Au niveau du visuel, il faut reconnaître que les moyens de la série se montre fastueux, avec une mise en scène soignée et une photographie très travaillée, où l'on perçoit l'influence de Tommy Schlamme, l'un des producteur, et de Christopher Misiano, réalisateur, qui comptent A La Maison Blanche dans leur CV.

 

 

 

 

Dès lors, Pan Am paraît très ambitieux dans son propos, mais la forme adoptée rend l'ensemble bancal. En cela, la série avait tout les atouts pour offrir une vaste saga sur l'Amérique des années 60, l'ambiance est bien reconstituée et, au fil des épisodes, de nombreuses thématiques sont traitées, comme le racisme (normal, vu l'époque marquée par les conflits sociaux) et surtout la politique, avec l'une des hôtesses qui s'amourache d'un député dont elle ne partage pas le point de vue. Paradoxalement, le souci provient de ces mêmes moyens fastueux. Que ce soit la photographie, le jeu des acteurs ou les cadrages, tout évoque un roman-photo, de sorte que les personnages ne parviennent pas à quitter leur statut de cliché ambulant. Les acteurs, et surtout les actrices, sont si magnifiés par la mise en scène que bon nombre de plans pourraient servir de couverture à un vieux pulp. Cet aspect, souligné par les romances à l'eau de rose entre les hôtesses et les pilotes, tire la série vers le bas à force d'être trop mis en avant, alors que le récit d'espionnage paraît sauver les meubles en participant à merveille à la restitution de l'ambiance propre aux années 60.

 

 

De cette manière, cela donne l'impression que la série de Orman a le cul entre deux chaises. Pan Am parvient à traiter des sujets sensibles (les conséquences de la seconde Guerre Mondiale notamment, puisque la série ne se déroule que... 20 ans après), mais en le faisant avec une imagerie datée et désuète. Les auteurs semblent vouloir dénoncer une Amérique tout en étant eux-mêmes piégés dans une bulle. Le constat est donc mitigé, surtout que je m'attendais à une version 747 de La Croisière s'amuse et, au lieu de ça, Pan Am m'a évoqué une adaptation télévisée de la première partie de Pearl Harbor de Michael Bay, malgré ses faux-ais d'adaptation de Natacha que j'ai déjà cité. Loin d'être désagréable, mais trop poussif pour convaincre totalement.

 

Photo Credits : ABC

Pan Am : Natacha, hôtesse de l'air
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COTE André 13/03/2014 12:34

LOL oui, effectivement, c'est limite du HS mais... oui, j'en ai entendu parler. Il me semble que les hôtesses de l'air ont une "légère" formation sur le sujet, ça doit ressembler à de la simple prévention qu'à une réelle formation je pense.

(sinon, je vous conseillerais plutôt d'aller sur mon Twitter ou ma page facebook pour discuter de ça)

Ilia 13/03/2014 10:55

Petit changement de sujet : avez-vous entendu récemment aux informations le vol qui partait du Vietnam en direction de la Chine ? Il a été détourné avec 2 à 4 personnes qui ont dérobées des passeports afin de passer incognito. Pour l’instant, l’état français ne sait pas encore bien ce qui s’est passé mais ça laisse quand même songeur. Est-ce que les hôtesses de l’air sont formées pour réagir face à de telles situations ?

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