Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

26 Mar

Agents of SHIELD : les Men in Black de la Marvel

Publié par COTE André  - Catégories :  #ABC, #super-héro, #Marvel, #Avengers, #Coulson, #Agents Of SHIELD, #Joss Whedon, #Jed Whedon

 

 

 

S'il y a bien une série dont les audiences sont scrutées durant cette saison 2013/2014, c’est bien Agents of SHIELD. Attendu pour de nombreuses raisons : première série dérivée du film Avengers et, en tant que production de la Marvel, elle est donc à même de rendre justice à un genre mal desservi par la télévision (les super-héros) ; elle est précédée d'une campagne marketing digne d'un blockbuster mais, surtout, elle est la première à tenter le transmedia entre le cinéma et la télévision, un procédé ambitieux (peut-être trop?) qui nécessite une logistique particulièrement lourde pensée en amont et, surtout, une vision sur le long terme et poussée à un niveau jusqu'ici jamais vu.

 

 

 

 

Ainsi, la Marvel ne choisit pas la facilité et, contrairement à sa célèbre rivale DC Comics, elle opte pour une stratégie singulière encore inédite à ce jour : inclure une production télévisuelle dans un projet cinématographique, ce que l'on appelle le transmedia. Cependant, le studio évite de réduire sa série à un simple « bonus » pour les initiés et permet, au contraire, aux créateurs de Agents of SHIELD d'apporter leur pierre à l'édifice de ce que les fans de comics appelle communément le Marvel Cinematic Universe, ou MCU : Iron Man, Hulk, Captain America et Thor font partie du même univers, ce qui permet l'existence d'un film tel que Avengers. D'ailleurs, dès l'annonce du projet, tout le monde s'imaginait déjà voir débarquer à chaque épisode un super-héros de l'univers Marvel ce qui, apparemment, n'était pas dans les ambitions des auteurs de la série et cette situation va, dans un premier temps, décevoir la majorité des fans puisque la série donne l'impression de ne pas profiter de l'univers de Avengers qu'elle est, pourtant, censée illustrer.
 

Or, le moment où une série plante son décor est toujours plus ou moins long et laborieux. Les dix premiers épisodes ont vu l'audience chuter de moitié pour cette simple raison de faire partie d'un premier cycle focalisé sur un groupe de personnages, laissant l'univers des films de côté : le groupe que nous suivons n'évolue pas au sein du SHIELD (autrement dit l'organisation gérant la sécurité mondiale que l'on voit dans chaque film Marvel) mais reste à l'écart, en marge. Un tel parti-pris a été sans appel et Agents Of SHIELD s'est vite vu qualifier de « série la plus décevante de l'année » parce qu'elle préférait se concentrer sur ses personnages au lieu de se contenter d'être une sorte de « super-héros of the week ». Pourtant, à y regarder de plus près, ce premier cycle n'est en rien désastreux, bien au contraire, et nous voyons même plusieurs « formats » apparaître susceptible de rendre la série plus intéressante que prévu : des « origin story » de personnages issus des comics Marvel, des intrigues internes au sein du SHIELD (grâce à la présence d'une certaine Victoria Hand) et l'apparition de l'organisation du mal Centripede dirigée par le mystérieux Clairvoyant.

 

 

 

En fait, la principale lacune que l'on pourrait trouver à Agents of SHIELD est de laisser transparaître la personnalité de ses auteurs. Elle a été créée par Joss Whedon (réalisateur/scénariste de Avengers, mais surtout créateur de Buffy, Angel, Firefly et DollHouse), Jed Whedon (le frère de Joss) et Maurissa Tancharoen. Occupé à préparer Avengers 2, Joss Whedon doit laisser la place de showrunner à Jed et Maurissa, ces deux derniers ayant déjà été aux commandes de DollHouse. Il n'est pas donc surprenant de retrouver plusieurs archétypes et ficelles scénaristiques déjà présentes dans les séries précédentes de Joss (et qui datent des années 90, quand même), au point que Agents of SHIELD apparaît comme une copie de l'une d'entre elles : en fin de compte, cette dernière création de Whedon peut être perçu comme une version de Angel dans l'univers Marvel, ni plus ni moins.

 

En cela, les similitudes entre les deux sont nombreuses. Tout d'abord, mis à part le fait que Agents of SHIELD et Angel sont tous deux des séries dérivées (de Avengers pour l'un et Buffy pour l'autre) plusieurs personnages ont un mystère autour de leur passé : l'agent Coulson surtout (Clark Gregg reprend le rôle qu'il tient depuis Iron Man), véritable lien entre la série et les films mais dont le sort funeste dans Avengers aurait dû rendre son retour impossible, et les origines de Skye, une pirate de l'informatique, alors que le passé d'Angel est particulièrement sombre et torturé. Ensuite, le pitch de l'épisode pilote apparaît comme une variante de celui de Angel : Angel fonde une agence de détective avec des personnages rencontrés ici et là pour mener à bien une mission, Coulson recrute des agents pour les former au travail en équipe sur le terrain. Dans les deux cas, nous avons des personnages forcés de travailler en commun pour les besoins d'une tâche appelée à devenir le format de la série, à savoir celui du procedural show, soit le fameux « une affaire par épisode ».

 

 

 

C'est cette structure « old school » qui a engendré un sentiment de déception chez la majorité des téléspectateurs, d'autant plus que la campagne marketing présentait la série comme une sorte de Men in Black en plus bourrin (pour l'action trépidante et une touche de Science-Fiction High-Tech) dans l'univers Marvel en mettant en valeur les exploits d'un individu aux super-pouvoirs... et que l'on ne reverra plus avant le 10e épisode. Il va sans dire que les stéréotypes utilisés que l'on retrouve avec les membres de l'équipe de l'agent Coulson n'ont pas arrangé les choses : Ward est un beau gosse/monsieur muscle (une réminiscence de Angel/David Boreanaz?), Skye est une ado brune et rebelle (un mixte entre Buffy et Faith dans... Buffy) et le duo de savants Fitz et Simmons rappelle le binôme Xander/Willow dans Buffy et Wesley/Winnifred dans Angel. Pour couronner le tout, sur les six personnages, la moitié ont encore l'air d'adolescent (Fitz-Simmons sortent à peine de leur Académie ; Ward « fait » jeune, avec son allure de rookie ; et Skye ne fait même pas partie du SHIELD puisqu'elle n'est que consultante), seuls Coulson et May sortent du lot avec leur passif sur le terrain. On peut comprendre aisément la déception du plus grand nombre avec cette équipe qui semble sortir d'une série familiale (avec Coulson en figure paternel bienveillante) qu'un groupe d'élite issu du SHIELD.

 

Or, c'est justement dans cette structure « old school » que la série pourrait trouver son salut. A travers ces dix premiers épisodes, nous voyons simplement les rouages de la série se peaufiner : les missions confiées au groupe de Coulson sont, pour les scénaristes, des prétextes pour travailler les personnages et leurs relations à bras le corps, nous voyons donc ces derniers évoluer dans leur zone de confort et devenir un groupe bien soudé. Il manque seulement quelques éléments permettant à Agents of SHIELD de trouver son propre souffle, des éléments qu'elle trouve à partir de l'épisode 11 où le mystère autour de Coulson arrive enfin sur le devant de la scène. De cette manière, durant ce premier cycle, Agents of SHIELD tâtonne pour trouver ses marques, développe ses propres thématiques et fils rouges. Tout ceci dans le but de faire de la série une nouvelle porte permettant aux non-initiés des comics Marvel de se familiariser avec cet univers.

 

 

 

En fait, une fois cet acte d'introduction passé, la série prend son envol (avec une multiplication de personnages récurrents) et est en passe de devenir le show télé le plus prometteur que l'on ait vu depuis des lustres : grâce au transmedia, les personnages issus des films peuvent venir faire la guest et les événements narrés dans les films sont appelés à avoir un impact sur le groupe de Coulson. Agents of SHIELD n'est donc pas un simple bonus pour les fans mais contribue à étendre un univers cinématographique (le visuel et la musique sont en adéquation avec Iron Man, Thor et Avengers) dans le cadre d'une production télévisuelle. Agents of SHIELD devient bien ce qu'elle promettait au départ : être un show télé au parfum de serial (soit la dynamique que les films Marvel essaient de reproduire, en annonçant deux films par an) se déroulant dans un univers de super-héros. On en attendait pas moins de l'équipe de Whedon.

 

Photo Credits : ABC

Agents of SHIELD : les Men in Black de la Marvel
Commenter cet article

Archives

À propos

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.