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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

11 May

Privileged : plaisir sucré

Publié par COTE André  - Catégories :  #CW, #teen show, #JoAnna Garcia, #Newport Beach, #Gossip Gils, #Roswell, #Beverly Hills, #Rina Mamoun

 

 

On pourra dire que la CW nous en aura fait bouffer du teen show. C'est bien simple la chaîne met à l'honneur la tranche des 15/20 à toutes les sauces. Forcément, il n'y a pas que du bon et, à cause de ce trop plein de productions dans le même créneau, celles-ci finissent par toutes se ressembler. Néanmoins, il serait injuste de juger trop hâtivement les séries qui ont fini à la corbeille. Privileged n'a, en soi, rien de particulièrement original, pourtant on relève ici et là quelques atouts qui nous donne envie de lui accorder une deuxième chance.

 

 

Tout d'abord, disons-le tout net, Privileged ne fait pas partie de ces séries maudites appeler à devenir culte. En tant que teen show, elle s'inscrit dans cette tendance qui se caractérise par un concept bancal pour justifier des intrigues tirant en longueur. Une catégorie dans laquelle j'y range volontiers Roswell par exemple : souvenez-vous, c'est une série des années 90 au postulat de SF (et si des extra-terrestres vivaient dans la petite bourgade du même nom?), d'où on arrivait à un Twilight avant l'heure. Pourtant, malgré cet handicap, il y a comme un enthousiasme communicatif qui se dégage de Privileged, au point de la rendre plaisante à suivre.

 

Alors, évidemment, il est nécessaire que le spectateur joue le jeu et accepte le visuel « carte postale » et les rebondissements cousus de fil blanc, c'est le moins que l'on puisse dire  tant ils ne réservent aucune surprise. On dira donc qu'il s'agit d'une concession de notre part et que toutes ses ficelles font « partie du genre ». Dans le cas contraire, si on est pointilleux, on remarque que les personnages ressemblent à des clichés ambulants, comme si les scénaristes les avaient écrit en prenant les magazines Jeune et Jolie ou OK Podium comme modèle de base de travail.

 

 

C'est d'ailleurs ce qui surprend le plus lorsque l'on voit qu'il y a au générique une certaine Rina Mimoun au poste de créatrice et de productrice. Il faut prendre en compte que Privileged est avant tout une adaptation de roman, celui de Zoey Dean, How to Teach Filthy Rich Girls, (littéralement « Comment enseigner à des filles plein aux as ? »), on suppose donc que la tâche de Mimoun a été de convertir cette matière littéraire au canevas télévisuel. Tout cela en prenant en compte le cahier des charges de la chaîne pour que la série corresponde au format désiré. D'où la surprise de voir figurer son nom au sein d'un générique d'un teen show si rose bonbon alors que Rina Mimoun compte à son actif une réussite comme Everwood, un feuilleton doux-amer où Treat William (Un Cri dans l'Océan) incarne un père endeuillé qui élève seul ses enfants.

 

En fait, il faut sans doute voir Privileged non pas comme une production de Rina Mimoun mais plutôt comme un parfait véhicule pour JoAnna Garica, la star de la série. L'actrice a été l'une des vedettes d'une sitcom phare de la chaîné, Reba (6 saisons à l'antenne tout de même), avec la « création » de Mimoun, elle accède une bonne fois pour toute au vedettariat et garde le contact avec le public-cible de la CW. Elle incarne donc Megan Smith, une étudiante en journalisme à peine diplômée, contrainte d'accepter un emploi de préceptrice à Palm Beach. Rien qu'avec ça, nous avons un sentiment de déjà-vu et revu, la thématique du choc des cultures entre classes sociales étant l'une des plus récurrentes des teen shows : Beverly Hills, Newport Beach, Gossip Girls... Même la vision de la middle class, que doit représenter Megan, est assez édulcorée, on comprend alors vite qu'il ne faut pas chercher une quelconque vraisemblance dans tout ça.

 

 

Ce postulat n'est pas non plus sans évoquer le film College Attitude. Mais si, rappelez-vous, une comédie avec Drew Barrymore (une des actrices des films Charlie et ses Drôles de Dames) où cette dernière se fait passer pour une lycéenne (alors qu'elle a la trentaine passée) pour y chercher l'inspiration et qui finit par s'embarquer dans des intrigues, quiproquos et divers imbroglios, connotés « teen » : se découvrant des  atome crochus avec les filles de son bahut et un béguin pour un gars du coin. Quand je vous parlais d'une tendance des teen shows au concept bancal, vous comprenez là où je voulais en venir ?

 

Cependant, libre à nous de se laisser bercer dans une ambiance très « bonbon acidulé ». Le second degré ambiant permet de faire passer la pilule et rendre le cabotinage du casting assez savoureux : JoAnna Garcia a beau être pétillante comme il se doit, elle se fait voler la vedette par les deux jeunes filles dont elle est censée avoir la garde. Ces dernières sont, bien entendu, des gentilles filles à maman se laissant facilement influencées de-ci, de-là. Très vite, Megan devient l'équivalent d'une grande sœur pour elles, au point d'être un peu trop complice, s'intégrant un peu vite à leur univers. Pourtant, vu le postulat, on se serait attendu à ce qu'elle ne soit pas avare en leçon de morale. Au lieu de ça, elle se rapproche plutôt de la grande sœur que les deux petites diablesses s'emploient à faire tourner en bourrique pour leurs propres intérêts personnels : réussir à filer en douce pour voir des garçons que maman a interdit de fréquenter par exemple.

 

 

Le gros souci de Privileged est sans doute de jouer soit trop ou pas assez la carte de la surenchère. Malgré ses efforts, JoAnna Garcia ne parvient pas à tenir le show sur ses épaules et, vu la tonalité de l'ensemble, les intrigues se voudraient des mélis-mélos sentimentales inextricables, mais elles sont si prévisibles et gentillettes qu'elles en deviennent ennuyeuses. Néanmoins, même si les ficelles sont très flagrante, cela contribue au charme de ce teen show et puis bon, l'entrain (ou cabotinage donc, c'est au choix) de plusieurs acteurs et leur sex-appeal achèvent de rendre cette production mignonne tout plein, à ranger dans les « guilty pleasure » en quelque sorte.

 

Photo Credits : CW

Privileged : plaisir sucré
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