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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

31 Jul

The 100 : Les enfants perdus de la Terre

Publié par COTE André  - Catégories :  #CW, #The 100, #teen show, #survival, #horror

 

Quelque part au fond de la poubelle de la production télévisuelle, on trouve beaucoup de séries estampillées CW. En ne visant qu'une partie du public, les adolescents, la chaîne a acquis une image de marque déplorable de bas de gamme et une série CW se reconnaît au premier coup d’œil, pour de mauvaises raisons. Ainsi, The 100 apparaît comme une perle rare. Toutes proportions gardées, elle n'est le chef d’œuvre incontournable de tous les temps, mais depuis quelques années, la chaîne s'est engagée dans un virage pour redresser la barre qualitative de ses programmes et The 100 en est encore une nouvelle preuve.

 

 

On ne va pas se mentir, à chaque fin de saison, lorsque la CW annonce ses séries inédites, un petit sourire moqueur se dessine sur nos lèvres. En évoquant cette chaîne, il nous vient à l'esprit des teen shows avec des castings composés de mannequins, des mises en scènes paresseuses et des thématiques épuisant toutes les ficelles des soaps : on compte tout de même les Gossip Girls, le reboot de Beverly Hills et une nouvelle version de Beauty and the Beast à son palmarès. Un triste constat surtout lorsque l'on songe que sa création est due à la fusion des chaînes The WB avec UPN : la CW était censée devenir la nouvelle Fox... on est bien loin du compte. Il faut dire qu'en ne visant que les adolescents (les teen), la chaîne s'aliène les autres publics à cause d'un traitement qui sonne comme un nivellement par le bas de sa production : une focalisation autour des problèmes de cœur (c'est bien connu, les jeunes n'en ont que faire de la crédibilité, il suffit de leur montrer une gravure de mode et sa bimbo) au détriment d'une mise en avant de toute autre thématique.

 

Or, depuis quelques années maintenant, on assiste à un rehaussement de la barre qualitative. Si je devais dater ce sursaut, ce serait volontiers avec Nikita, même si Supernatural avait prouvé que le public était prêt à accepter un ton sombre et décalé avec une ironie vis-à-vis des codes intronisés en cahier des charges par la chaîne. Mais avec Nikita, une étape a été franchie, ce que confirmera Arrow par la suite. Dorénavant, avec The 100, le constat est encore plus flagrante : le temps des teen show est quasiment révolu, place aux séries fantastiques et de science-fiction. Un constat qui pourrait donner un coup de blues aux nostalgiques de la Trilogie du Samedi sur M6 : nul doute que ses nouvelles séries auraient eu une place de choix dans cette case mythique, aux côtés du Caméléon, Buffy et autres Charmed.

 

 

Ceci dit, malgré plusieurs signes avant-coureurs, on est tout de même surpris de voir débarquer une production aussi ambitieuse et maîtrisée que The 100. Malgré ses allures de resucée de précédents succès (Lost ? Battlestar Galactica?) passés aux rouleurs compresseurs de la CW, The 100 dévoile petit à petit un savoir-faire que l'on ne soupçonnait pas sur la chaîne. Déjà, le point de départ se veut complexe et intéressant : la Terre est devenue invivable (refrain connu) et les humains ne se résument plus qu'à un millier de survivants réfugiés dans des vaisseaux spatiaux en orbite. Afin de vérifier si l'atmosphère terrestre s'est améliorée au point d'être respirable, une centaine d'adolescents repris de justice y sont envoyés comme des cobayes. L'action est alors coupée en deux : entre les délinquants qui s'organisent sur la planète pour y survivre et les dirigeants de la station qui se perdent dans une lutte de pouvoir virant au totalitarisme.

 

En outre, contrairement à ce que l'on aurait pu s'attendre, le casting n'est pas exclusivement composé de top models. Entendons-nous bien, ils ne sont pas moches à regarder, mais l'esthétisme général n'en font pas des posters sur patte non plus. On en est même à l'opposé puisque The 100 assume volontiers son penchant pour le survival au point de lorgner vers le film d'horreur (dans le style d'un Détour Mortel premier du nom) : oui, évoquer le survival et les films d'horreurs en parlant d'une série de la CW, ça peut surprendre. De cette manière, il est bien établi, dès le départ, que les préoccupations des personnages tourneront autour de l'organisation de cette « communauté improvisée » (comment survivre au sein d'une bande de délinquants juvéniles en pleine crise d'adolescence et prônant l'anarchie à tout va ?) et non au décryptage des petits yeux doux et des sourires au coin pour savoir si l'une et l'autre ont des atomes crochus.

 

 

Et encore, si ça ne concernait que les partis pris conceptuels, on pourrait ne parler que de velléités scénaristiques, mais la série arrive à tirer son épingle du jeu du tout-venant de la chaîne dans d'autres domaines. Au niveau de la mise en scène (un poil plus inventive), de la direction des acteurs (plus convaincante) et de la photographique (plus soignée), tout porte à croire qu'il y a une volonté de faire de The 100 une vraie « bonne série » et de ne pas se contenter de n'être que le haut du panier des productions CW. Le casting lui-même tranche avec les autres shows en proposant des visages connus : Paige Turco (vu dans Person of Interest, de CBS), Henry Ian Cusick (Lost et The Mentalist, de ABC et CBS toujours), Isaiah Washington (Grey's Anatomy, ABC encore),... on se croirait presque dans une série Sy-Fy avec ce casting solide.

 

Sinon, évidemment, il faut savoir raison garder, une fois la surprise passée, si les références sont ambitieuses, il y a encore du travail à accomplir pour tenir sur la longueur. The 100 est la première création de Jason Rotherberg, ce qui peut expliquer ce vent de fraîcheur, proche de la bonne brise ici. Il lui faut, dorénavant, transformer l'essai pour que son show perde son côté « resucée de ». Mais les intentions sont bien là et les efforts pourraient payer au point de faire de ce show une petite perle sur une chaîne qui commence régulièrement à les aligner.

 

Photo Credits : CW

The 100 : Les enfants perdus de la Terre
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