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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

15 Oct

K-2000 : le chevalier des temps modernes

Publié par COTE André  - Catégories :  #NBC, #K-2000, #Knight Rider, #David Hasselhoff, #Glen A. Larson, #serial

 

 

 

Depuis quelques années maintenant, non content de se faire une place  dans les salles de ciné, les super-héros deviennent de plus en plus nombreux à squatter la petite lucarne. Le phénomène n'est pas nouveau, si l'on se penche sur les décennies précédentes, nous pouvons même remarquer que bon nombre de séries télés en empruntaient les codes sans l'assumer pleinement. Tel est le cas du Mickael Knight de K-2000, qui se présente d'emblée comme un chevalier des temps modernes (dixit le générique).

 

 


 

 

Il faut bien comprendre une chose, lorsque cette série de Glen A. Larson (déjà créateur de Galactica, première version), débarque sur NBC, le domaine de l'informatique (dans son utilisation domestique surtout) n'en était qu'à ses balbutiements. Ainsi, ce que suggère le titre original (Knight Rider, soit littéralement Chevalier Motorisé), n'est ni plus ni moins que la rencontre entre deux figures mythologiques, l'une transculturelle (les valeurs de la chevalerie sont communes à toutes les cultures), l'autre moderne, puisque qu'elle joue sur l'idée d'une remise au goût du jour de la figure mythique sus-citée. Le titre suggère donc que le héros de la fiction est censé être équipé d'une technologie de pointe (pour l'époque, hein) et être un représentant de valeurs morales, tel que le courage et la bravoure.

Le Chevalier du titre, c'est Mickael... Knight, Chevalier en anglais, pour ceux qui ne l'auraient pas compris. Un nom, presqu'éponyme pour le coup, que notre héros gagne en échappant de justesse à un guet-apens : auparavant, il était Mic
kaël Long, un inspecteur de police. Laissé pour mort après une tentative de meurtre, il est repéré par une mystérieuse fondation, la Fondation FLEG (Fondation pour la Loi et le Gouvernement), se voit attribuer un nouveau visage (celui de David Hasselhoff) et un nouveau nom, Knight donc (la Fondation ayant officialisé le décès de Mickael Long) pour le faire intégrer un programme spécial : grâce à une voiture High-Tech, Knight va arpenter les routes des États-Unis pour aider les plus démunis.

 

 

 


Déjà, dans ce point de départ, on peut y percevoir plusieurs éléments propres au mythe du héros développé par Joseph Campbell. On pourrait même rapprocher Mickaël Knight d'une version plus « cheap » du Tony Stark de Iron Man : les différences étant que Tony Stark a été pris en otage et non laissé pour mort suite à un get-apens, que Tony Stark a conçu son armure alors que la voiture de Mickael Knight lui a été donné et que ce dernier n'est pas un génie, mais est juste un séducteur aventurier. Néanmoins, la fondation lui confie une mission qui renvoie à l'appel à l'aventure qu'éprouve Tony lorsqu'il revient chez lui avec son armure. L'élément crucial rapprochant Mickaël Knight d'un super-héros réside dans les capacités de son véhicule : avec l'équipement mis à sa disposition, Knight devient un individu hors du commun alors que l'univers dans lequel il évolue n'est, au final, que notre quotidien.

En outre, cette fondation FLEG, fondé par un certain Wilton Knight et représenté par Devon Miles (incarné par Edward Mulhare), apparaît sortir de nulle part et lui fait pénétrer un univers qui lui était jusqu'alors inconnu. Ou plutôt, elle lui fait aborder le monde sous un nouvel angle, puisque sa nouvelle mission n'est qu'un prolongement de sa vie d'inspecteur de police débarrassée de tout l'aspect administratif. La dernière pierre à l'édifice de cet univers décalé (d'inspecteur de police, il devient un justicier de bande dessinée) se trouve dans la nature même de son partenaire : cette fameuse voiture du nom de KITT, qui signifie Knight Industrie Two Thousand, d'où le K-2000 du titre français. C'est d'ailleurs la relation entre Knight et KITT qui va permettre à Knight Rider de rencontrer le succès.

 

 


 

 

En fait, la série n'a pas UNE vedette, mais un duo, puisque le canevas employé renvoie ni plus ni moins au buddy-movie : KITT, doté d'une intelligence artificielle, a sa propre personnalité, faisait de lui un vrai partenaire et pas seulement un faire-valoir. Ce statut est plutôt dévolu à Devon Mills et à la mécanicienne Bonnie (Patricia McPherson) - puis une certaine April (Rebecca Holden) l'espace d'une saison –, puisque les apparitions de l'un se réduit à envoyer Knight en mission et l'autre à réparer KITT et le munir de nouveaux gadgets. Cependant, l'alchimie de cette petite équipe fonctionne parce qu'elle repose sur un contexte qui tend vers le romanesque : nous savons très peu de choses sur cette fondation, mais les bribes que nous apprenons sont suffisantes pour justifier les missions de Michael Knight, des missions banales en apparences, mais qui débouchent sur des situations de romans et de pulp.

D'ailleurs, la meilleure saison de la série est sans conteste la seconde. Celle-ci voit l'apparition d'un double maléfique pour Mickael Knight et d'autres adversaires de taille pour KITT, dont un camion sobrement nommé Goliath. Des menaces qui poussent nos personnages à se dépasser. Durant cette cuvée, la série devient même plus profonde par moment (avec l'existence de ses alter-egos, Knight Rider se construit son petit univers) et les scénaristes remettent même en question les bases de la série : avec des luttes internes au sein de la fondation Knight. Dommage que les deux années suivantes retombent dans la banalité de la première. Peut-être, justement, les auteurs trouvaient que la série perdait là le charme des premiers épisodes, plus terre-à-terre.

 

 


Dès lors, on peut constater que les ficelles sont à double-tranchant. D'un côté, elles permettent une adhésion au postulat de base à partir d'une structure populaire, voire galvaudée (le buddy-movie était une formule tellement à la mode qu'on ne voyait plus que ça à l'époque), d'autre côté, elles font de K-2000 une série si marquée par son temps qu'elle en devient facilement risible de nos jours. Et ce, pour une raison très simple, la formule incite à une dose de légèreté, or les exigences du téléspectateur actuel n'accepterait pas ce traitement de la thématique ici mise en scène : on parle tout de même, avec KITT, d'une intelligence artificielle et de voir celle-ci traitée avec tant de désinvolture a de quoi laisser pantois.

Cela contribue à tirer l'ensemble par le bas. Mais, ce qu'il faut bien prendre en considération quand on évoque K-2000, c'est que nous parlons surtout d'une série qui se veut dans l'air de « son » temps, en raison des moyens (très limités) mis à sa disposition, avec une approche sincère vis-à-vis du genre mais fun et décomplexée dans le traitement. Alors, oui, elle a très mal vieilli parce qu'elle s'inscrit dans le canevas des séries d'aventure de l'époque (les ¾ du temps, les missions de Knight sont banales), le point de départ est très rocambolesque (sérieusement, il était vraiment nécessaire de faire passer Michael Long pour mort ? Il ne pouvait pas simplement être un volontaire pour le programme?) mais l'idée de départ part d'un postulat ambitieux : mettre la technologie la plus avancée au service du petit peuple.

 

 


Au final, on peut regarder K-2000 comme on feuillette une vieille bande dessinée aux pages jaunies. On s'amuse alors à repérer toutes les ficelles qui fonctionnaient sur nous étant gamins, à un âge où toute question de vraisemblance nous passer au-dessus de la tête. Ceci afin de mieux se laisser emporter par un charme aventureux. K-2000 n'est pas donc juste une série kitsch avec un acteur has-been en vedette (elle est tout de même précurseur d'une mode, celle des SuperCopter et autres Tonnerre Mécanique), c'est surtout un état d'esprit, celui des serial d'antan, quand voir un héros débarquer pour rétablir la justice suffisait à rassasier notre appétit de sérievore.

 

Photo Credit : NBC

K-2000 : le chevalier des temps modernes
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Karine 08/03/2016 01:11

Le début me rappelle un peu Robocop (policier, décès, renaissance pour les besoins du service) en beaucoup moins tragiques toutefois. Merci une fois encore pour cet excellent article.

HellKNIGHT 19/10/2014 11:44

Excellent article, très synthétique !
Mais je suis un peu vexé, pas une seule allusion, ou un clin-do'eil à mon égard, rien !! LOL (même si, je le rappelle encore une fois, mon pseudo n'a pas été influencé par cette série, mais de Serial Experiments LAIN, un animé japonais).

Des 3 séries évoquées, Knight Rider, Airwolf et Street Hawk, c'est celle que j'aime le moins finalement. Peut-être celle qui aura le plus vieilli...

Et étonnamment, cette note me fait penser à Person Of Interest : cette série aussi, est une série de Super-héros qui ne dit pas son nom. Et dans cette série aussi, on y parle "intelligence artificielle"...

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