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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

29 Oct

The Originals : Klaus Kombat

Publié par COTE André  - Catégories :  #CW, #spin-off, #The Vampire Diaries, #The Originals, #Kevin Williamson, #Julie Plec, #vampire, #teen show

 

 

L'exercice de la « série dérivée », ou « spin off » pour les anglo-saxons, est très délicat. En effet, si à première vue pour la chaîne, cela sonne comme une solution de facilité afin de rencontrer un succès immédiat (on pense, en toute logique, que le public conquit par la série-mère devrait se tourner vers la petite dernière), elle soulève surtout plusieurs points relatifs à son existence. Les deux séries évoluant dans le même univers, il y a toujours un danger pour que l'une vienne empiéter sur l'autre. Pour éviter cette situation, il est primordial que les deux se singularisent, une scission est alors nécessaire, aussi douloureuse soit-elle.

 


À l'origine de The Originals, il y a bien entendu le succès de The Vampires Diaries créée par Kevin Williamson (Dawson) et Julie Plec (collaboratrice de Williamson depuis Scream 2), mais il y a surtout des auteurs qui découvrent leurs propres limites, une difficulté à concilier les intrigues avec leurs cahiers des charges. Dans la précédente série-phare, on pouvait s'apercevoir que les scénaristes avaient de plus en plus de mal à gérer la multitude de personnages mis à leur disposition. En trois saisons, on pouvait voir une galerie d'une vingtaine de protagonistes au bas mot et le format du feuilleton implique de les utiliser au moindre prétexte : il faut bien reconnaître qu'un bon tiers doit leur présence à un simple lien infime (ami ? Parent?), pour se voir ensuite relégué dans le décor.

En cela, The Originals accomplit en partie sa mission. La spin-off emporte avec elle plusieurs visages familiers devenu des poids morts. Ainsi, l'existence de cette série dérivée tient au simple départ de Niklaus Mikaelson, dit « Klaus », (Joseph Morgan) de Mystic Falls pour regagner son fief familial à la Nouvelle-Orléans. Klaus est le badguy de The Vampire Diaries des saisons 2 et 3, mais depuis la 4, d'autres menaces sont apparues qui l'ont supplanté. À cause d'un lien de lignage vampirique (la mort d'un créateur entraîne celle de ses infants), personne ne peut menacer Klaus.

 


Si la série tourne principalement autour de lui et de son combat pour reprendre le pouvoir sur la ville, il n'est pas l'unique transfuge de la série-mère. Son frère, Elijah, et sa sœur, Rebekah, ne tardent pas à le rejoindre et ceci, un peu malgré lui, puisque l'une des caractéristiques de Klaus est d'être un peu paranoïaque : doux euphémisme, il a tendance à tuer quiconque au moindre geste suspect. Vu que la ville abrite aussi des loups-garous et des sorcières, comme dans The Vampire Diaries, on imagine sans mal les connexions entre les deux séries, au détour d'un cross-over notamment.

La principale différence entre les deux séries résident avant tout dans le parti-pris. La petite bourgade de Mystic Falls, qui sert de cadre à Vampire Diaries, est un endroit où les créatures (vampires, loups-garous et autres sorcières) vivent tapis dans l'ombre : la plupart des humains ne sont pas au courant de leur existence. À l'opposé, la Nouvelle-Orléans baigne dans une atmosphère empreinte de fantastique, entre deux mondes. Il est donc tout naturel que les personnages ne s'embarrassent pas de précautions pour conserver le secret de leur existence : ils comptent sur le folklore local pour ça.

 


C'est cette ambiance mystique qui caractérise pour de bon The Originals de The Vampire Diaries. Cette dernière se voit déposséder de son attrait bucolique au profit d'éléments scientifiques et terre-à-terre : les personnages sont maintenant à l'université où un savant fou semble opérer des expériences sur les vampires. Une direction surprenant et très cheap vu la tournure que ce story-arc prend, mais la série peut compter sur l'attachement du public envers les personnages.

Tout le contrairement de The Originals puisque, en plus, comme toute série inédite, celle-ci doit travailler autant ses personnages que ses intrigues. En effet, si la série précédente est une adaptation de roman, où Kevin Williamson, le créateur, et Julie Plec, la showrunner à ce moment, pouvaient y puiser des idées. Au fil des saisons, Plec a même pu compter sur son assistante Caroline Dries pour tenir les rênes de la série. Sur la spin-off, en revanche, Plec ne peut compter que sur elle-même : elle a créé elle-même la série dérivée qui n'est pas une adaptation et son assistante est accaparée par son poste de showrunner sur la série-mère.

 

 


C'est là que les lacunes dans l'écriture éclatent au grand jour. The Originals souffre d'un gros problème de caractérisation et d'un manque d'enjeux claires. On concède que les visages connus de The Vampire Diaries n'ont aucun problème pour trouver leurs marques : Klaus et Elijah tournent en rond dans leur petit jeux de « je t'aime, mon frère, moi non plus »... ce qu'ils ont toujours fait en somme. En revanche, il en est tout autre pour Marcelus Gerard et Camille O'Connell, nouveaux venus dans l'univers. Ces derniers ne doivent leur existence qu'au simple travail de Plec et ils souffrent, à l'instar de l'ensemble du casting, d'un gros problème de charisme et d'écriture, c'est bien simple, au terme d'une dizaine d'épisode, leurs décisions sont toujours incohérentes par rapport à leurs motivations de départ : est-ce vraiment judicieux de côtoyer ou de se mettre à dos un individu aussi instable que Klaus ?

En soi, ce n'est en rien étonnant. Après tout, il s'agit là d'un défaut récurrent dans la plupart des séries estampillées CW : la chaîne derrière Gossip Girl et Beauty and The Beast tout de même. Une chaîne où les directeurs de casting ont tendance à confondre charisme et sex-appeal, vu que le public-cible se trouve dans la tranche des 18-25 ans. On aboutit au résultat suivant, le casting semblant sortir d'un magazine de mode, avec quelques acteurs se contentant de poses et autres aptitudes forcées comme des regards perçants ou des petits rictus en simple gimmick de jeu.

 

 


Dès lors, le gros souci de The Originals est de ne pas parvenir à donner du souffle à son pitch évocateur (Klaus va donc tout faire pour être calife à la place du calife... Oui et alors?) et de s'embourber dans des intrigues d'amour/haine et de manipulation en tout genre. Il manque clairement un ou deux personnages haut en couleur qui apporteraient un peu de second degré à l'ensemble : un Damon Salvatore pour ne pas le citer. Ici, rien de tel, la série de Julie Plec se complaît dans une noirceur superficielle.
 

 

Photo Credits : CW

The Originals : Klaus Kombat
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