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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

17 Nov

The Inside : Tim la Guigne

Publié par COTE André  - Catégories :  #Fox, #Tim Minear, #cop show, #Rachel Nichols, #Adam Baldwin

 

 

 

Certains ont beau être talentueux, il y a un moment où il faut se demander si des complots n'existent pas à leur encontre. Le cas de Tim Minear pourrait soulever plusieurs questions en la matière. Collaborateur de longue date de Joss Whedon, Minear est connu pour ses périodes de poisse, puisque plusieurs de ses productions se sont fait annuler au bout de quelques épisodes, sans sommation. Et cela, malgré des qualités indéniables.

 

 

 

 

Ainsi, The Inside : Dans la tête des tueurs fait partie de ses productions télévisuelles à avoir été « annulée trop tôt ». En soi, ce n'est pas un exploit, vu que, chaque année, chacun y va de ses pronostics pour deviner quel sitcom ou drama va dégager de la grille des programmes en premier : il suffit que le pilote connaisse une audience catastrophique pour que les jours de la série soient comptés. En l'occurrence, le cop show qui nous occupe est... la 3e série consécutive de Tim Minear à avoir été annulé à l'issue du 13e épisode.

 

Ce constat ne doit pas remettre en question les talents de ce scénariste et producteur. Loin s'en faut, puisque la plupart de ses productions sont devenues cultes par la suite : comprenez par là qu'elles ont développé un public de fan après leur annulation, au gré des rediffusions. Parmi les victimes de cette hécatombe, on trouve Firefly (une série de SF/space opera de Joss Buffy Whedon dont Tim Minear a été le showrunner), Wonderfulls (créée par Bryan Fuller) et The Inside donc qui est une co-création avec Howard Gordon. Joss Whedon, Bryan Fuller et Howard Gordon ? Ceux-là même qui sont connus aujourd'hui pour, respectivement, Buffy, Pushing Daisies et Homeland.

 

 

 

 

De ce fait, dans cette liste, nous pouvons déjà noter que les compétences du bonhomme sont, au moins, reconnus par ses collègues. En effet, avant d'être le showrunner de Firefly, Minear a été executive producer sur Angel de Joss Whedon et c'est même là que Minear a gagné la confiance du monsieur. Il en est de même avec The Inside, puisque Minear avait déjà collaboré avec Howard Gordon sur Strangeworld, une autre série dont l'existence n'a pas dépassé les 22 épisodes. En outre, Gordon et Minear ont un passé en commun sur X-Files : l'un a fait partie de l'équipe de production pendant plusieurs saisons (que ce soit en tant que consultant ou executive producer) et l'autre y a été scénariste le temps de 2 épisodes.

 

Le casting n'est pas non plus à mettre en cause. L'une des têtes d'affiche, Peter Coyote, est un grand acteur avec une carrière prolifique : on a pu le voir aussi bien chez Steven Spielberg (E.T.), Roman Polanski (Lune de Fiel) que Pedro Almodovar (Kika). Quant aux autres acteurs, Rachel Nichols est devenue une actrice récurrente des productions Bad Robot (elle a fait un passage remarqué dans la série Alias et une petite apparition dans le film Star Trek de J. J. Abrams) et, actuellement, elle est la vedette de Continuum sur Sy Fy Channel, tandis que Adam Baldwin sortait à peine de Firefly et d'X-Files (il y avait un rôle récurrent), et deviendra plus tard le John Casey de Chuck.

 

 

 

 

Toutefois, on concède que l'histoire n'est pas vraiment innovante. Le show repose sur les épaules de Rachel Nichols, dans la peau de la jeune recrue du FBI Rebecca Locke. Celle-ci se fait intégrer dans un service spécialisé dans les crimes violents, dirigé par l'agent Webster, incarné par Peter Coyote. Cet agent a demandé l'intégration de Locke pour une raison qui donne une saveur particulière au show : Rebecca a été victime d'un kidnapping à l'âge de 10 ans. Aux yeux de Webster, cette expérience fait de la jeune recrue un atout indispensable pour son unité, puisque, selon lui, elle est la plus à même de lui procurer la meilleure analyse possible... en raison de son propre vécu. Le travail de Locke consiste donc à revivre son traumatisme pour les besoins de chaque enquête, afin de dresser un profil de la victime et de l'agresseur. Dans le genre « boulot de merde », elle n'est pas loin de décrocher la palme.

 

Sur le papier, The Inside ressemble donc quelque peu à une version hardcore du Silence des Agneaux. Rachel Nichols a même quelque faux airs avec Jodie Foster : leur personnage est une femme, en apparence fragile, du moins chétive, appelée à s'endurcir. Tim Minear a beau mettre l'accent sur l'équipe, une poignée d'agents spéciaux autour de Webster et Locke (The Inside est une série chorale et non portée par un personnage centrale), l'élément phare reste cette nouvelle recrue qui a un goût de déjà-vu. Faut-il le rappeler, Le Silence des Agneaux est sortie en 1991, lançant une vraie mode au thriller psychologique banalisant l'emploi des profilers dans les films et séries télés. Produit en 2005, The Inside donne l'impression de venir après la bataille.

 

 

 

 

En outre, on peut souligner que la série de Tim Minear a commencé sa diffusion quelques mois avant une autre série qui traite d'un sujet similaire : Esprits Criminels. En fait, les deux séries ont l'air de raconter, dans les grandes lignes, la même chose : chez The Inside, il s'agit d'un groupe d'agents spécialisés dans les crimes violents, dont entre autre, les tueurs en séries et, dans Esprits Criminels, c'est une équipe de profiler chargée spécifiquement des tueurs en série. En l'état, The Inside pourrait même être vu comme un brouillon de cette dernière, la principale différence étant que la seconde se donne une allure plus percutante (le générique met en avant l'aspect « équipe d'intervention ») alors que la création de Minear privilégie un traitement plus psychologique et torturé: on peut appeler cela un "doux euphémisme", vu que Rebecca subit une vraie torture mentale à chaque enquête.

 

De cette manière, The Inside prouve que le succès d'une production ne tient pas seulement dans le talent de ses auteurs. Il y a d'autres facteurs à prendre en compte comme le créneau horaire (quelles étaient les séries sur les autres chaînes ce jour-là ?), la période de diffusion (la diffusion de The Inside a commencé en début Juin, donc en fin de saison) et les remaniements du développement (il semblerait que le concept de départ se rapproche plutôt d'un... 21 Jump Street chez les profilers). Tout ça auraient donc eu raison de cette série de Tim Minear qui mérite pourtant le détour.

 

Photo Credits : Fox

The Inside : Tim la Guigne
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