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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

15 Jan

The Triangle : Mystères aux Bermudes

Publié par COTE André  - Catégories :  #Science-Fiction, #Sy Fy Channel, #Catherine Bell, #Eric Stoltz, #Bryan Singer, #Dean Devlin, #mini-serie

 

 

 

Dans l'histoire de l'Humanité, il y a encore beaucoup de mystères à résoudre. Il est même étonnant que la plupart d'entre eux n'ait pas servi plus que cela de source d'inspiration. Or, il faut bien prendre en compte une chose : toute fiction abordant le mystère en question, prend le risque de déflorer une partie de son aura en proposant une solution forcément décevante. Plusieurs hypothèses existent bel et bien pour « expliquer » l'existence du Triangle des Bermudes, mais aucune ne s'est révélée satisfaisante.

 

 

En ce sens, l'histoire même de The Triangle, imaginée par Bryan Singer et Dean Devlin, raconte un peu la solution « ultime » et touche à un fantasme de l'esprit cartésien. L'être humain, au sens large du terme, aime à penser que la plupart des réponses ont été trouvé. Pourtant, nos esprits sont constamment à l'affût de la moindre énigme qui nous mettrait en échec, une manière pour nous de nous rassurer quant aux parts d'ombre que l'univers nous réserve.

C'est ainsi pour cette raison que le pitch de The Triangle soit si évocateur. Ce téléfilm en trois parties nous propose de suivre l'enquête d'un groupe d'experts et de spécialistes en tout genre : parmi eux, nous comptons tout de même un scientifique et un ingénieur, mais aussi un médium et un journaliste. Ceux-ci sont envoyés en mission par un milliardaire qui, pour d'obscures raisons, cherche à percer le mystère de ce triangle.

 

 



Le point de départ n'a rien de révolutionnaire et fait volontiers penser à de la série B. Pour tout dire, il m'évoque le sympathique La Maison de l'Horreur, de William Malone (lui-même remake d'un film de William Castle), où un homme d'affaire richissime et un peu excentrique défiait une poignée de personnes de passer une nuit dans une de ses attractions, une maison hantée. D'autres préféreront plutôt penser à la Maison du Diable de Robert Wise (j'aimerais oublier son remake, Hantise, de Jan de Bont, souvenir douloureux) avec un postulat a peu près similaire : il vous suffit de remplacer le challenge par une recherche universitaire (ceux qui veulent passer une nuit dans la sinistre demeure sont des étudiants et leur prof) et vous obtenez à peu près le même résultat.

En fait, le sentiment de déjà-vu que l'on ressent à la vision de The Triangle vient surtout des ficelles et de la mécanique utilisée. Non seulement, nous avons un concept déjà exploité sur une autre thématique, mais surtout même la structure narrative nous est familière. Celle-ci est souvent employée par les deux scénaristes, Bryan Singer et Dean Devlin, eux-mêmes. En cela, il faut souligner que, si le binôme travaille ensemble pour la première fois, chacun a déjà acquis sa propre renommée. D'un côté, nous avons Bryan Singer qui a eu le vent particulièrement en poupe suite au succès du premier X-Men (et la production de The Triangle a eu lieu après la sortie de X-Men 2), et d'un autre, Dean Devlin est connu pour les StarGate, Independance Day et Godzilla, co-écrit avec le réalisateur Roland Emmerich.

 


 

 

Ceci peut expliquer cette impression générale de resucée alors que le thème est, lui, peu abordé. Ne serait-ce l'introduction (un pêcheur perd un ami en mer) renvoie autant à X-Men qu'à StarGate où l'on assiste à une « découverte » (dans le premier, une adolescente réalise qu'elle a des super-pouvoirs, et dans le second, sous les yeux d'une petite fille, un artefact extra-terrestre est déterré) donnant une dimension intimiste à l'intrigue principale. Cependant, là où nous sentons l'ombre des deux auteurs réside dans le caractère hétérogène du groupe que nous suivons : des personnages, de milieux différents, sont réunis... dans une logique similaire à un autre film de Singer, Usual Suspect, et avec une dynamique de « bande à part » sensiblement la même que dans Independance Day et Godzilla.

Pour mémoire, chez Singer, le métrage racontait le complot d'un groupe de malfaiteurs pour se venger de la police qui les harcèle. Dans le premier acte, ces derniers étaient mis, individuellement, en état d'arrestation. L'enchaînement des scènes (chacun est pris à part dans ses activités habituelles) est similaire à The Triangle. Concernant un rapprochement avec Godzilla et Independance Day, il s'agit simplement de souligner l'écriture classique et galvaudée de The Triangle : les personnages ont évidemment des caractères différents jusqu'à être opposés, pour être complémentaire, afin de mieux alterner les moments intimes et humoristiques lors de leurs prises de becs.

 


 

 

Pour tout avouer, The Triangle ne fait pas partie de ses mini-séries incontournables, même pour les passionnés les plus endurcis. Il s'agit plutôt d'une curiosité pour tous les fans des acteurs et des cinéastes impliqués. Les noms de Bryan Singer et Dean Devlin sont, bien entendu, mis en avant pour des raisons de marketing (histoire d'avoir la phrase d'accroche le « Par le réalisateur de X-Men et le créateur de Independance Day » dans les spots télés) alors que la réalisation a été confiée à Craig R. Baxley qui s'est spécialisé dans l'adaptation télévisuelle des livres de Stephen King, avec Rose Red et La Tempête du Siècle : un savoir-faire solide pour installer des ambiances pesantes, mais trop routinier pour que la production se distingue du tout-venant.

Cette mini-série n'a donc pas l'ambition de marquer les esprits, mais plutôt de remplir un blanc dans la programmation de la chaîne lors d'une période de fête : The Triangle a été diffusé au mois de Décembre aux Etats-Unis, donc en plein hiatus d'hiver. En revanche, niveau casting, The Triangle a des allures de production luxueuse : la distribution compte tout de même Eric Stoltz (un de ses nombreux seconds couteaux du cinéma), Catherine Bell (JAG et American Wives), Bruce Davison (un habitué des films de Singer, apparu dans X-men et Un élève doué) et dans le rôle du milliardaire, Sam Neill, alias le professeur Grant de Jurassic Park.

 


En raison de son sujet, nous pouvons être déçus de son traitement si banal. Ainsi, au vu des acteurs et des références des auteurs, on aurait pu s'attendre à une production de haute volée, hélas, dès les premières minutes, The Triangle se conforte dans un rythme brumeux, étiré en longueur afin de remplir les trois parties. Le dénouement a au moins le mérite de fournir quelques explications (forcément décevante), mais les voies empruntées se révèlent si hasardeuse et les ficelles énormes que l'on peut très vite décrocher. The Triangle reste agréable, sans plus, ce qu'on appelle une production bouche-trou.
 

Photo Credits : Sy Fy Channel

The Triangle : Mystères aux Bermudes
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