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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

31 Mar

Agents of SHIELD : (re)construction en cours...

Publié par COTE André  - Catégories :  #ABC, #Agents Of SHIELD, #Marvel, #spin-off, #super-héro, #Joss Whedon

 

 

Le cap de la 2e saison est un moment crucial, en particulier pour les séries de science-fiction. En effet, c'est lors de cette cuvée qu'un show doit lancer sa mythologie pour de bon. Le caractère laborieux de l'an passé s'en retrouve alors justifié par son seul statut d'introduction. Avec Agents of SHIELD, on en vient même à un point où la série en devient méconnaissable puisque la tonalité de l'ensemble s'en retrouve bouleversée de fond en comble.

 

 

 

 

 

Ainsi, le moins que l'on puisse dire concernant la première série de Marvel (mettons Mutant X à part, vu les problèmes de production), c'est qu'elle a vécu une première saison très difficile. Il faut dire qu'elle était « un peu » (euphémisme) attendue comme la série geek ultime (tout le monde pensait qu'elle allait se résumer à un défilé de super-héros en guest-star), or les scénaristes se sont évertués à se focaliser sur des personnages inédits et, surtout, ordinaires : tant de tapage médiatique pour une série au final banal ? Beaucoup ont crié à l'arnaque.

 

Cependant, au vu de ce qu'il se passe durant cette saison (le cross-over avec Captain America 2 : The Winter Soldier notamment, puisque la série est liée avec les films au rythme des sorties cinés), la déception est à relativiser. Il est évident que la réponse à rebrousse-poil des scénaristes vis-à-vis de nos attentes n'était qu'un parti-pris on ne peut plus cohérent : le twist du long-métrage a révélé l'existence de traîtres au sein de l'organisation, il aurait été difficile de croire que l'on n'ait rien vu venir si le groupe de Coulson avait été composé en majorité d'agents aguerris. En revanche, avec le niveau d'expérience si faible de son équipe (2 sortent à peine de l'académie et 1 n'est même pas un agent), le danger d'un mouton noir devenait limité.

 

 

 

 

 

Dès lors, à l'aube de cette nouvelle saison, Agents of SHIELD connaît sa première nouvelle configuration. J'insiste bien sur « première », puisque le groupe se voit doter d'une mission sur le long terme (reconstruire le SHIELD) appelant d'autres évolutions ultérieures : cette seconde année représente ainsi une première étape pour Coulson dans ses efforts de bâtir une nouvelle agence. Le visage du show et son ambiance changent radicalement : l'heure n'est plus au doux confort d'une époque victorieuse où l'organisation contrôlait tout, mais, au contraire, aux jours sombres où l'on doit attendre son heure afin de porter un coup décisif à l'ennemi qui, pour le moment, a le dessus.

 

Néanmoins, n'allez pas croire que les auteurs en profitent pour faire table rase de tout ce qui a été précédemment établi. Nous suivons toujours le même groupe de personnages (Coulson est donc le Directeur, Melinda May est son bras droit, Skye est une agent de terrain aguerrie,..), agrémenté de nouvelles têtes comme le mercenaire Lance Hunter et l'agent Mac : il ne faut pas oublier que la précédente saison nous montrait la rencontre d'un groupe (dans l'épisode-pilote, c'est même la sélection des recrues par Coulson que nous voyons) à l'intérieur duquel nous avons assisté à la naissance de lien d'amitié et de complicité. De cette manière, entre les bouleversements (pour quelques personnages, on pourrait même parler de « traumatisme ») et les petits nouveaux, la dynamique de Agents of SHIELD est renouvelée en bonne et due forme.

 

 

 

 

 

De plus, alors que le show a un tout nouvel apparat (nous ne sommes même plus dans un avion, du style airbus de première classe, mais dans une base secrète), les auteurs continuent de développer la mythologie dont les jalons ont été posés auparavant, grâce à son noyau de personnages-phares : ben oui, c'est sans doute là la plus grande surprise de Agents of SHIELD, puisque, en toute bonne série de science-fiction, elle comporte sa propre mythologie, ici en marge des films, ce qui lui vaut d'être indépendante au sein du MCU, du moins, pour le moment. Je parle bien entendu du mystère autour des origines de Skye (elle n'est pas humaine et sa vraie nature risque de faire chialer de bonheur plus d'un fan de Marvel) et de la résurrection de Coulson, dont la résolution contribue non seulement à donner une nouvelle dimension à la série, mais aussi à l'univers développé au ciné.

 

D'ailleurs, si nous regardons bien la saison précédente, nous pouvons nous apercevoir que ce travail d'émancipation a débuté dès les premiers épisodes. Ces mêmes épisodes décriés par beaucoup parce qu'ils peinaient à procurer un quota d'adrénaline hebdomadaire : les scénaristes privilégiaient un traitement intimiste qui porte maintenant ses fruits (chaque personnage a désormais son propre fil rouge) au détriment d'une mise en valeur de l'action qui était hier expédiée et qui est aujourd'hui palpitante. Ce traitement rappelle bien entendu Buffy et Angel (normal, la série porte la griffe de Joss Whedon), des titres qui peuvent paraître, de nos jours, obsolètes à une époque où les modèles se nomment 24 Heures Chrono, The Shield (la série de FX) ou encore BattleStar Galactica. Mais est-ce un défaut pour autant ?

 

 

 

 

 

En fait, c'est même grâce à cette indépendance de la série par rapport aux films que l'on assiste à un vrai renversement des valeurs. Il s'agit même là du point le plus excitant : Marvel Studio développe là une vraie mythologie télévisuelle appelée à avoir des conséquences sur le grand écran. Pour être plus précis, jusqu'à présent, Agents of SHIELD était perçu comme un produit dérivée des films et qui ne faisait qu'illustrer les conséquences des événements relatés dans ses derniers sur l'univers dépeint, l'exemple du tie-in avec Captain America étant une belle démonstration, mais nous pouvons aussi citer celui avec Thor 2 où on pouvait voir le groupe de Coulson, littéralement, « faire le ménage » après une bataille entre Thor et le badguy du film. On ajoute à ça le fait qu'une grande partie des éléments de la série provenaient des films déjà sortis : le projet Extremis a été découvert dans Iron Man 3, la voiture Lola a été présentée dans Captain America : First Avenger et la plupart des enquêtes ont pour objet des conséquences de l'attaque de New York dans The Avengers.

 

Or, la tournure prise par le fil rouge global (la mythologie, donc) modifie l'identité même du show en profondeur. Agents of SHIELD n'est plus le simple spin-off télévisuel des films Marvel, avec la seule fonction de prolonger le plaisir des long-métrages (en abusant de fan-service comme les fameux easter-egg et autres clin d'oeil), elle doit être vue dorénavant comme un moyen pour Marvel Studio d'épaissir le background de son univers ciné et, de ce fait, de décrire tout un contexte préparant l'arrivée des prochains films dans ce même univers. Il n'y a qu'à voir l'identité réelle de Skye (dévoilée lors des derniers épisodes), celle-ci se révélant être un personnage issu des comics-books et non un personnage inédit créé pour la série : ses origines étant simplement remaniées, à l'image de Deathlock l'an passé, la série dépasse alors son simple cadre de « série dérivée sur Coulson », pour devenir « l'origin story » de Skye au sein du MCU, promettant à la jeune agent de rejoindre tôt ou tard les films à venir.

 

 

 

 

 

L'évidence saute alors aux yeux. Agents of SHIELD se révèle bien une série d'aventure de plus en plus palpitante et fascinante à suivre, aussi bien pour  les fans de comics que pour les novices. Au départ, décriée pour ses parti-pris (« mais ils sont où les super-héros? »), cette première série estampillée Marvel s'avère pourtant pertinente et audacieuse, augurant une saga télé et ciné de plus en plus ambitieuse.

 

Photo Credis : ABC

Agents of SHIELD : (re)construction en cours...
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