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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

30 Jun

Teen Wolf : crise d'ado

Publié par COTE André  - Catégories :  #teen show, #Teen Wolf, #The Vampire Diaries, #Buffy The Vampire Slayer, #MTV, #loup garou, #werewolf, #Jeff Travis, #Russell Mulcahy

 

Lors de son lancement, en 2011, le principal enjeu de Teen Wolf était de se distinguer de la concurrence tout en s'affranchissant de son matériau d'origine. En effet, sous ses allures de teen show à tendance fantastique, la série avait tout pour n'être qu'un énième avatar de la mode Twitlight, un sous-The Vampires Diaries quoi. Si la série ne s'est pas totalement émancipée de cette tendance, en revanche, elle est parvenue à s'affranchir pour de bon du film dont elle est censée être l'adaptation. Toutefois, à l'aube de sa 4e saison, il est nécessaire pour elle de se réinventer. Une situation problématique certes, mais inévitable.

 

 

 

 

 

Effectivement en 3 ans et plus d'une quarantaine d'épisodes, les scénaristes de Teen Wolf ont réussi à installer un univers et des personnages attachants. Si la série n'a aucunement l'ambition de révolutionner le teen show (il faut dire que passer après Buffy, The Vampire Slayer, est un poids déjà lourd à porter), elle a, en revanche, prouvé un sens de l'efficacité que beaucoup doivent lui envier. Alors, évidemment, les relations entre les personnages et leurs dynamiques reposent sur des archétypes classiques (le duo en vedette, Scott McCall et son pote Stiles, obéit au code du binôme héros/faire-valoir ; les sempiternelles sous-intrigues sentimentales – avec triangle amoureux – prédominent, les personnages secondaires sont traités avec peu de subtilité, etc) mais la série assume ce classicisme au point d'avoir des difficultés à en sortir.

 

Ce dernier point n'est pas un défaut en soi, puisque ses archétypes sonnent comme autant de repères permettant à Teen Wolf de multiplier ses chances de toucher un large public, les fameux stéréotypes ou clichés pour les plus cyniques. L'aspect le plus dommageable, en revanche, réside dans le danger de ce même show à sombrer dans la routine et à lasser les fans de la première heure. En ce sens, cette 4e saison marque une étape cruciale, puisque c'est la première fois où la série reprend alors que le précédent final avait des allures de conclusion définitive, même si on pouvait discerner quelques portes ouvertes propice à d'éventuelles suites : le fil rouge global a totalement été dénoué et la plupart des sous-intrigues ont eu des résolutions satisfaisantes.

 

 

 

 

 

De cette manière, il n'est pas surprenant que cette 4e cuvée de Teen Wolf ait un début pour le moins hasardeux. Les saisons sont courtes (elles font toutes à peine 12 épisodes, à part la 3e cuvée qui en comporte 24), les scénaristes ne peuvent donc pas se permettre de perdre du temps à se focaliser sur la nouvelle dynamique qui s'est installé dans le groupe de Scott : il y a des nouvelles têtes et l'absence de certains se fait cruellement ressentir. Le parti-pris est ainsi radical (nous retrouvons la bande de McCall en pleine recherche d'un de leurs amis... au Mexique, donc à mille lieux de leur bourgade, cadre habituel du show) mais a le mérite d'être clair : les scénaristes ont besoin de faire table rase pour pouvoir reconstruire leur propre série.

 

Que les fans se rassurent, les auteurs ne persévèrent pas longtemps dans ce virage à 180 degré. Dès l'épisode suivant, les personnages retrouvent les couloirs de leur lycée et les visages familiers (Linden Ashby notamment, shérif du bourg et père de Stiles) refont leur apparition. Il faut bien avouer que le contraire aurait été étonnant, vu que l'équipe de production n'a pas changé d'un iota : déjà créateur du show, Jeff Travis est toujours le showrunner et il peut toujours compter sur Russell Mulcahy co-producteur exécutif fidèle au poste. La petite excursion a donc bien pour but de clarifier les relations entre les personnages et d'introduire de nouvelles intrigues, puisque, hors de leur cadre habituelle, les inter-actions de chacun sont mis en avant et les enjeux simplifiés à l'extrême.

 

 

 

 

 

Ainsi, cette remise à jour ne dure que pendant un bref laps de temps et reste à relativiser. Teen Wolf avait besoin de se désengluer de plusieurs story-arc qui tournaient en rond, mais il aurait été suicidaire pour autant de couper tout lien avec les éléments faisant le charme du show : le cadre bucolique qui confère une aura mystérieuse mystérieuse à la série, la galerie de personnages secondaires auxquelles nous nous sommes attachés ou plus simplement la mythologie des lycanthropes mis en place depuis le début. Les nouvelles menaces qui se dessinent à l'horizon entérinent même plusieurs aspects : Scott McCall est maintenant connu comme un leader, un Alpha, avec sa propre meute, le temps des guerres entre les clans est donc bien révolue.

 

De cette manière, cette reprise bancale (le sentiment mitigé n'est dû qu'au dépaysement décrit plus haut) sonne comme la prise de conscience des auteurs de la présence d'une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. De nouveaux personnages et enjeux s'esquissent petit à petit, mais nous sentons de leur part une évidente volonté de briser la routine malgré les airs de déjà-vu qui se font de plus en plus sentir. La série retrouve bien vite son train-train quotidien (briser la routine ne veut pas dire casser le moule, entendons-nous bien), ce qui a ses bons côtés (nos attentes de spectateurs fidèles sont comblées) comme ses mauvais vu que la menace d'une certaine lassitude se fait de plus en plus ressentir.

 

 

 

 

 

Bon, évidemment, tout dépend de la nature des nouvelles menaces de la saison, mais à partir du moment où certains se révèlent de nouveaux chasseurs de loup-garous (ceci n'est pas vraiment un spoiler, vu qu'ils apparaissent dès le seconde épisode), on peut craindre que les auteurs ne parviennent pas à adopter un nouvel angle aussi enthousiasmant que précédemment, apportant un peu de fraîcheur à leur sujet. Il faut se rappeler que l'une des thématiques des trois saisons reposent sur les luttes internes entre la meute de Scott et lesdits chasseurs. On aurait pu penser que les scénaristes avaient épuisé la thématique. Il faut juste espérer que quelques twists et autres retournement de situation permettent à cette nouvelle cuvée de se distinguer, au pire des cas, cela pourrait devenir une marotte avec laquelle les scénaristes vont se plaire à jouer, comme un élément récurrent accepté comme tel.

 

Ainsi, avec cette 4e cuvée, les auteurs se retrouvent au pied du mur, si la série parvient à conserver sa vitesse de croisière habituelle (le juste milieu entre le soap et le fantastique est trouvé), tout laisse à penser que l'équipe de créatifs commencer à galérer pour trouver de nouvelles thématiques. La saison précédente s'était avérée particulièrement riche à ce niveau, la barre est maintenant haute pour la suite.

 

Photo Credits : MTV

Teen Wolf : crise d'ado
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