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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

30 Nov

SuperGirl : Smallville-bis avec 10 ans de retard

Publié par COTE André  - Catégories :  #CBS, #super-héro, #teen show, #Smallville, #Melissa Benoist, #Arrow, #Greg Berlanti

 

Il est maintenant claire et nette que tous les fans de comics vivent en ce moment un vrai âge d'or, à la télé du moins. C'est bien simple, chaque chaîne voit au moins une case occupée par une série estampillée comics. Si ABC assume pleinement d'être le canal Marvel et qu'un univers DC se développe sur la CW, au tour de CBS de prendre le train en marche avec SuperGirl. Cependant, contrairement aux deux autres, au lieu de se la jouer univers partagé et mythologie à fond les ballons, les auteurs préfèrent une légèreté d'un autre temps. Un parti-pris qui risque d'être un choc pour tous ceux qui sont biberonnés à Games of Thrones et The Walking Dead.

 

 



En effet, d'une part, si les créateurs de Gotham et Constantine ont annoncés dès le départ qu'il n'y aurait pas de cross-over (en gros que les séries ne se déroulent pas dans le même univers) avec d'autres productions, il semblerait que cela soit encore flou pour SuperGirl : Greg Berlanti fait partie des producteurs de Arrow et de Flash et CBS fait partie du même groupe que la CW, qui diffuse Arrow et Flash donc. D'ailleurs, le ton très « série pour ados » de l'ensemble dénote pas mal avec les autres séries de la chaîne : CBS, c'est la chaîne des cop shows NCIS, Les Experts et Esprits Criminels, on ne peut pas dire que Supergirl fasse couleur local.

D'autre part, à première vue, SuperGirl ressemble à s'y méprendre à une série dérivée de Smallville qui a été la série-phare de la CW pendant longtemps. Mais clarifions d'abord les choses pour les néophytes : qui est SuperGirl ? Comme son nom peut l'indiquer, elle a effectivement un lien avec Superman, il s'agit de sa cousine, Kara Zor-El, envoyée sur Terre pour veiller sur Kal-El, alias Superman (Kal-El étant son vrai nom et Clark Kent le nom que ses parents adoptifs, de la Terre, lui ont donné), avant qu'un accident ne la maintienne en stase pendant vingt ans : elle était censée veiller sur le kryptonien durant son enfance, or cet accident l'en a empêché. Ceux qui ont suivi Smallville auront reconnu les grandes lignes d'un personnage secondaire apparu dans les dernières saisons : Laura Vandernoot interprétait une version de Supergirl dans cette production.

 


 

Mais c'est là où s'arrête tout lien entre les deux protagonistes : dans le premier cas, Kara n'est jamais nommée SuperGirl (tout comme Clark Kent n'est jamais nommé Superman) et dans l'autre, elle acquiert son surnom dès l'épisode-pilote. Ici, le rôle est tenu par Melissa Benoist (Glee) qui interprète une Kara pleine de gaucherie alors que Laura Vandernoot campait une femme forte jusqu'à en être antipathique avec une manie de mettre les pieds dans le plat et de n'en faire qu'à sa tête. On en arrive à une situation paradoxale : alors que Smallville n'a engendré aucun spin-off lors de sa diffusion, SuperGirl est le second projet, avec Arrow, à cultiver des faux-airs de série dérivée (il faut bien avouer que leur production design et le ton très « teen » sont similaires), sans que les deux shows ne soient rattachés par un quelconque fil rouge pour autant.

Sur ce point, SuperGirl peut même intriguer, car nous sommes en 2015 et l'ambiance dépeinte, ainsi que les ficelles scénaristiques, nous ramène aux shows des années 80/90, dans le style d'un Loïs et Clark et Smallville justement. Le ton est donné dès l'épisode-pilote où l'on se croirait dans une comédie romantique (beaucoup vont penser au Diable s'habille en Prada, avec une Calista Flockhart - Ally McBeal forever - en copie conforme de Meryl Streep), un triangle amoureux s'installe très tôt (Kara tombe sous le charme de Jimmy Olsen – ici posé comme le beau gosse de service et non un gringalet – alors que son collègue de travail a des vues sur elle), notre héroïne est surtout décrite comme une adolescente qui pique sa crise (en gros, elle a les mêmes thématiques qu'une certaine Buffy Summers lors de la première saison de Buffy, The Vampire Slayer) et elle croise même sur son chemin un milliardaire aux ambitions machiavéliques du nom de Maxwell Lord, un simili-Lex Luthor jeune.

 

 


 

En fait, le problème de cette nouvelle série provient ni plus ni moins du concept même de son personnage principal. Au départ, SuperGirl provient de cette mode, dans les années 60, où les éditeurs de comics voulaient s'ouvrir à un public féminin, en intégrant des alter-ego du sexe opposé aux super-héros masculin : du côté du Dark Knight, on a eu BatGirl par exemple. Du coup, ce n'est pas un hasard si la mythologie de la jeune Kara Zor-El ressemble à s'y méprendre à celle de son cousin, puisque le personnage a été pensé de cette manière. Ainsi, la Kara que nous voyons, n'est qu'un décalque du Clark Kent de l'époque Christopher Reeve avec des intrigues tirées de Loïs et Clark dans un univers coulé dans le moule de Smallville.

De cette manière, SuperGirl a les défauts de ses qualités et les qualités de ses défauts. Par exemple, avec sa gaucherie, Kara peut être tour à tour énervante en laissant tout le monde lui marcher sur les pieds et attachante en persévérant dans ses efforts. Il en est de même pour Jimmy Olsen, l'acteur arrive à trouver ses marques en tant que « beau gosse du show », c'est donc à nous téléspectateur de mettre une croix sur le Jimmy sidekick de Superman à Métropolis. D'un autre côté, les auteurs ont le mérite d'aborder frontalement le genre super-héroïque en adoptant la forme du « badguy of the week », autrement dit la forme des premiers comics. Les badguys en étant des personnages des comics DC, ce qui amène SuperGirl à emboîter le pas à Arrow et Flash.

 

 


 

En revanche, le gros point noir réside dans cette attitude à trop se reposer sur la mythologie de Superman. Ce dernier a déjà acquis son statut de sauveur providentiel (on dit qu'il s'est révélé au grand public il y a des années) et bien qu'absent à l'image, il paraît omniprésent à cause de la mention de ses exploits. Les premiers épisodes sont même alourdis par la thématique de « comment SuperGirl peut-elle sortir de l'ombre de son cousin ? » avant qu'un fil rouge ne démarre pour de bon. Dès lors, passer quelques épisodes et contre toute attente, SuperGirl s'avère avoir du potentiel (grâce au fameux twist de mid-season) et en retrouve la saveur des premières saisons de Smallville, ce qui ne sera pas forcément du goût de tous.

 

 

Photo Credit : CBS
 

SuperGirl : Smallville-bis avec 10 ans de retard
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