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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

06 Jul

Chicago P.D. : Dick Wolf Universe Extended

Publié par COTE André  - Catégories :  #Dick Wolf, #NBC, #Jason Beghe, #Sophie Bush, #Chicago Fire, #Chicago PD, #Law and Order, #New York 911, #cop show

 

Ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Alors que beaucoup présager déjà la fin de carrière de Dick Wolf après un règne de vingt ans sur NBC, ce producteur réussit à retrouver du poil de la bête en se payant le luxe de redevenir la valeur sûre de la chaîne. Ainsi, non seulement, il parvient à prouver qu'il n'a rien perdu de son flair, mais aussi que son savoir-faire est toujours intact au point de devenir l'homme providentiel de son propre diffuseur.

 

 

 

Alors déjà, avant de causer de Chicago P.D. (ou Chicago Police Departement pour les francophones), il convient de faire le point sur Chicago Fire tant les deux séries sont liées. Cette dernière est une série, créée par Michael Brandt et Derek Haas, showrunnée par Matt Olmstead, qui narre le quotidien d'une caserne de pompiers de Chicago, un vrai feuilleton à l'ancienne régit par les mêmes ficelles et un casting composé de beaux gosses, de bombasses, de sidekicks comiques, de triangles amoureux et de morceaux de bravoure. Contre toute attente, elle réussit à trouver son public au point que la chaîne donne son feu vert pour une série dérivée, ou spin-off, avec Chicago PD, créée par le même quatuor (Brandt, Haas, Olmstead et Wolf), qui se focalise, elle, sur une brigade du commissariat du coin. Les ficelles feuilletonnantes sont semblables, mais c'est surtout avec ses personnages haut en couleur que la série se fait remarquer : qui dit polar, dit figures borderlines, comme le chef taciturne Hank Voight, que l'on soupçonne d'être un ripou.

 

En fait, sur le papier, les deux shows semblent destinés à deux publics bien distincts, si ce n'est pour un détail primordial : elles sont bien liées l'une à l'autre en se déroulant dans le même univers. Cela n'a l'air de rien comme ça, mais cela bouleverse pas mal de choses sur leur perception par le public. Il faut souligner que, d'habitude, les auteurs d'une spin-off tentent en général de couper les ponts avec la série-mère, ceci afin que l'une et l'autre puisse trouver un public qui lui est propre, d'éviter d'être dépendante ou, tout simplement, de marcher sur les mêmes plates bandes : tel est le cas pour Private Practice par rapport à Grey's Anatomy (le départ d'un personnage secondaire justifiant l'existence de la nouvelle série) et des différentes versions des Experts, avec une ville pour une atmosphère différente d'une série à l'autre alors que les structures sont bien similaires, jusqu'au copier-coller.

 

 

Ici, les auteurs vont même jusqu'à jouer constamment sur l'ambiguïté qu'il ne s'agit non pas de deux, mais d'un seul feuilleton dont nous voyons deux versants. En d'autres termes, c'est un peu comme si les auteurs de la série New York 911, s'était dédoublé en consacrant un show entièrement à un groupe de personnages (les policiers ? Les pompiers ? Les urgentistes?), sans que ceux-ci ne quittent la précédente production pour autant, en étant guest-stars par exemple. Alors, nous avons bien les cross-overs qui établit des liens explicites (un incendie éclate, dont on soupçonne une origine criminelle), mais ce sont surtout les allées-et-venues des personnages d'une série à une autre qui est le plus remarquable : par exemple, un des inspecteurs est ami avec l'ensemble de la caserne et une policière est la petite amie d'un des pompiers. Rien que ses deux points-là suffissent à rendre palpable ce sentiment de connexion. Dick Wolf ira même jusqu'à lier les deux séries à New York : Unité Spéciale (oui, des inspecteurs de la Big Apple font le déplacement), revigorant sa franchise Law and Order. Sur ce point, Marvel et DC peuvent se rhabiller avec leur tentative d'univers partagé.

 

Le comble est même de préférer cette spin-off à sa série-mère (en tout cas, de mon point de vue) et ce, pour une raison très simple : l'ambiance polar urbain me paraît plus intéressante et plus attractive que la vie d'une caserne de pompier, malgré toutes les péripéties qu'il peut y avoir, vu qu'à chaque intervention, beaucoup risquent leur vie. Il est à noter également que la brigade que nous suivons a été introduite dans Chicago Fire, non pas en aide providentielle, mais en menace le temps de quelques épisodes : via un fil rouge autour du fils de Hank Voight, les pompiers croisent le chemin de quelques inspecteurs de police, dont Antonio Dawson joué par Jon Seda. Ainsi, ce petit fil rouge a des allures de backdoor pilot présentant tout un versant qui constituera le cadre de Chicago PD : le polar urbain.

 

La technique permet de mettre très vite le téléspectateur dans le bain. En effet, dès les premiers épisodes, une bonne moitié du casting est déjà rodée et les acteurs ont déjà trouvé leurs marques : Hank Voight surtout, impeccable Jason Beghe, qui donne l'impression que c'est sa série à lui, mais aussi Dawson dont on voit ici tout naturellement le quotidien alors qu'il n'était qu'une guest star dans Chicago Fire. Les autres ne sont pas en reste, comme Elias Koteas déjà à son aise dans le rôle du vieux de la vieille, mais aussi Sophie Bush, la petite protégée de Voight qui a déjà du répondant (et qui surprendra les fans des Frères Scott), et Patrick John Flueger, ces deux derniers s'en sortent très bien dans des rôles physiques et adultes alors qu'ils ont une notoriété dans des rôles d'adolescents. Au pire, ils ont juste besoin de trouver leur propre dynamique au sein du groupe, alors que le ton de l'ensemble est déjà donné.

 

Alors les intrigues ne volent pas haut, certes. Si l'on a déjà vu une dizaine de série policières du style New York Police Blues ou New York 911 justement (difficile de passer après de tels maîtres-étalons), on devine les rebondissements plusieurs épisodes à l'avance, mais les personnages sont suffisant attachants pour que l'on se prenne au jeu. Chicago PD (et Chicago Fire du coup) est surtout le parfait exemple qu'un concept capillotracté ou qu'une mythologie complexe n'est pas la garantie d'une qualité assurée. Pour cela, il suffit juste d'assumer son propre canevas et de rester rigoureux par la suite. Mais j'en conviens que le charme des 90s est tout à fait dans mes penchants, ce qui contribue pour beaucoup à mon adhésion.

 

Photo Credits : NBC

Chicago P.D. : Dick Wolf Universe Extended
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