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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

08 Aug

Division des Opération Spéciale : La Team America en vrai

Publié par COTE André  - Catégories :  #NBC, #action, #politique, #Jerry Bruckheimer, #DOS, #E-Ring, #Benjamin Bratt, #Dennis Hopper, #David McKenna

 

 

 

Une fois qu'un producteur rencontre le succès tant espéré, il est important pour lui de se diversifier pour perdurer. C'est un peu la leçon retenue par Jerry Bruckheimer après le gros carton des Experts. Bon, même si il ne s'est pas retenu d'exploiter son filon à outrance, il n'a pas perdu de temps pour lancer d'autres productions télévisuelles. De cette manière, les séries estampillées en son nom se sont multipliés en un court laps de temps, cette prédominance sur les écrans lui a permis de dévoiler plusieurs facettes. Même en concédant qu'une série télé est (refrain connu) un « travail d'équipe », il n'est pas étonnant qu'un style se dégage malgré cet aspect protéiforme et, ainsi, de déceler ici et là des récurrences permettant de définir la patte de l'homme à la tête du studio. Et avec DOS, il rappelle qu'il est un des représentants d'une forme d'entertainment bien ancrée dans la culture ricaine.

 

 

 

 

Pour ceux qui l'ignorent, Jerry Bruckheimer est avant tout un producteur de cinéma. Dans les années 80, il a enchaîné les succès en travaillant en binôme avec Don Simpson sur Le Flic de Beverly Hills, Flashdance et Top Gun, pour n'en citer que quelques uns. Après la mort de son partenaire, il continue en solo et revient seul sur le devant de la scène avec des titres comme Bad Boys, USS Alabama, Armageddon et dernièrement la saga Pirates des Caraïbes. Durant la fin des années 90, il s'essaie à la production télévisuelle, et c'est lors de la saison 2000/2001 qu'il rencontre le succès grâce à une création d'Anthony Zuiker, Les Experts, ou CSI en VO. Fort de ce succès, deux spin offs sont lancées (Les Experts-Miami et Les Experts-Manhattan), mais son studio Bruckheimer Television est aussi derrière d'autres séries.

 

En effet, si il y a bien fondé ledit studio produisant Les Experts, il n'est pas pour autant à la tête de ces séries, pour ça il faut plutôt voir du côté de ceux qui les écrivent. De la même manière, si le studio Bruckheimer offre une structure de production pour FBI : Porté Disparu et Cold Case, ce sont leurs créateurs et scénaristes, Hank Steinberg et Meredith Stiehm, qui en ont les rênes. On distingue donc un style commun qui se dégage de par leurs aspects techniques, mais avec des sensibilités différentes en raison de leurs auteurs. Un phénomène que l'on peut déjà constater à travers les 3 séries Les Experts, chacune ayant une identité propre. Pour Division des Opérations Spéciales, ou DOS ou E-Ring en VO, c'est du côté de David McKenna et de Ken Robinson qu'il faut zieuter. Avant de travailler pour Bruckheimer, David McKenna a écrit l'excellent America History X et l'oubliable SWAT : Unité d'élite. Deux films qui affichent des qualités diverses, mais où se dégagent une nette empathie envers les personnages. Ken Robinson, quant à lui, est un ancien Marine, il a 20 ans de carrière derrière lui dans les services de la NSA et la CIA, le concept de DOS est en partie basée sur sa propre expérience.

 

 

 

 

L'action de E-Ring se déroule au Pentagone et met donc en scène la Division des Opérations Spéciale, une unité chargé d'organiser les opérations militaires pour le Ministère de la Défense. À sa tête, on retrouve le Colonel McNulty (Dennis Hopper) et c'est le Major Tisnewski (Benjamin Bratt, un des inspecteurs de New York District mais aussi le beau gosse de Catwoman) qui se montre l'élément le plus actif, avec son sourire Colgate et son air de gravure de mode. En soi, la série a un potentiel alléchant, au croisement entre À la Maison Blanche et 24 Heures Chrono : chaque épisode pourrait être l'objet de débats en raison des enjeux sociaux-politiques soulevés, le tout emballé dans un rythme haletant. Avec un tel postulat, il aurait suffit que les auteurs aient des ambitions autres que le « divertissement à tout prix » pour faire de E-Ring une véritable bombe dans le paysage télévisuel américain, ce qui aurait pu déboucher sur une sorte de Homeland avant l'heure.

 

Or, c'est là que DOS révèle une saveur particulière. En effet, les auteurs ne visent pas aussi haut et marchent plutôt sur les pas de Walker Texas Ranger. Sa thématique récurrente concerne la politique interventionniste des États-Unis à l'étranger : la Division des Opérations Spéciales s'occupe avant tout de la logistique des opérations militaires, y compris celles se déroulant à l'extérieur du territoire américain. De ce fait, les sujets tournent souvent autour des missions secrètes qui ont lieu en Irak ou d'autres pays du Tiers-Monde et, lorsque des soldats se retrouvent sans recours, la question des modalités de leurs rapatriements se pose alors, au risque de dévoiler leur présence dans un pays où, officiellement, les Etats-Unis n'ont aucune troupe. En elle-même, la description de ses pays est hilarante, parce qu'elle est proche de la caricature. En outre, on remarque un autre versant involontairement comique de DOS (involontaire parce que la série se veut premier degré) dans les arguments en faveur de ces interventions : les enjeux socio-politiques remettant en question la légitimité des États-Unis sont balayés au profit d'un simple esprit de camaraderie. D'ailleurs, (et là, les fans d'un certain Horatio Caine et de ses lunettes savent de quoi je parles) entendre le Major Tisnewski balancer des discours moralisateurs sont toujours des moments inénarrables. On ne serait même pas étonné d'entendre l'hymne américain avec un bout du drapeau vu la subtilité de l'ensemble. Quoique, je me demandes si ce n'est pas simplement ma mémoire qui me fait défaut.

 

 

Ensuite, je veux bien pardonner ce discours un peu douteux, mais les intrigues sentimentales sont du même acabit. On peut accorder aux scénaristes le bénéfice du doute concernant le peu de place qu'ils leur restent pour placer des scènes destinées à développer les relations entre les personnages. Mais tout de même, ce n'est pas une raison pour montrer des clichés aussi éculés que, pêle-mêle, Tinesweki décrit comme le parfait petit ami parvenant sans peine à concilier sa vie de couple avec son travail avec une aisance arrogante, l'assistante métisse qui a des vues sur le petit nouveau... parce que c'est le seul officier de couleur dans les environs et que dire de Dennis Hopper, ce mythique acteur réduit à de la figuration.

 

 

 

 

Bon, il convient de relativiser. L'ambition de DOS n'est pas d'être un objet à réflexion, mais seulement de proposer un divertissement efficace. En cela, c'est réussi, le montage est dynamique et les rebondissements s'enchaînent si vite que le téléspectateur n'a pas le temps de souffler. Au second degré, cette production de Jerry Bruckheimer est même hilarante grâce à ses faux-airs de Team America en chair et en os. Alors bon, autant l'avouer, au premier abord, elle a tout l'air d'une énième série donnant de l'eau au moulin aux détracteurs des fictions américaines pour qui toutes les productions venant du pays de l'Oncle SAM est porteur d'un discours propagandiste sous le vernis de l'entertainment. Il convient alors de choisir son camp, soit vous mettez votre cerveau en pause et regardez DOS comme un bon vieux Chuck Norris (au hasard Invasion USA), soit vous perdez votre temps à disserter sur la situation à l'écran et vous êtes bon pour un sacré mal de crâne devant un spectacle aussi irresponsable. De mon côté, j'ai déjà rangé DOS aux côtés de Pearl Harbor et des Experts : Miami, d'autres productions Bruckheimer d'ailleurs.

 

Photo Credit : NBC

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