Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

27 Jul

Prison Break : La longue évasion

Publié par COTE André  - Catégories :  #Fox, #Prison Break, #Brett Rattner, #Oz, #24 Heures Chrono, #Wentworth Miller, #Dominic Purcell, #Paul Scheuring, #Matt Olmstead

 

 

 

Il est de coutume pour les téléspectateurs de ronchonner sur le manque d'originalité de la production télévisuelle. En fait, on trouve deux cas de figure à l'objet de leur courroux : le ressassement des mêmes canevas et thématiques et les concepts trop complexes pour que l'on puisse y adhérer. Ceci dit, pour la première situation, vu le nombre de cop show dont nous sommes abreuvés, il est difficile de leur donner tord. Il y a bien une solution médiane, une option qui consiste à combiner deux idées en une seule, d'imbriquer deux concepts qui ont fait leurs preuves auparavant. En guise d'exemple, on peut citer le cas de Prison Break, dont la carrière a été un feu de paille, passant du statut de succès foudroyant à celui d'échec cinglant en à peine deux ans.

 

Lancée en 2005 sur la Fox, Prison Break est une création de Paul Scheuring (scénariste de Un Homme à part avec Vin Diesel) produit par Brett Ratner, le réalisateur des Rush Hour et X-Men 3. Sur le papier, la série se veut un croisement entre Oz et 24 Heures Chrono, en raison du contexte carcéral de l'un et du rythme haletant de l'autre. Le point de départ concerne le plan tordu d'un homme, Michael Scofield (Wentworth Miller), qui se fait emprisonner pour faire évader son frère, Lincoln Burrows (Dominic Purcell), condamné à mort. Le premier épisode a ceci d'intéressant qu'il contient déjà en germe un bon nombre d'éléments responsables de la dégénérescence future du show.

 

Ainsi, en moins de 20 minutes, Michael Scofield braque une banque, passe en jugement et se fait incarcérer à Fox River. On peut comprendre qu'il s'agit d'une manière explicite d'entrer dans le vif du sujet, en installant un rythme haletant (chaque fin de scène est ponctuée d'images montées en accéléré), mais on peut se demander si une narration en flash-back n'aurait pas été plus pertinente : il aurait suffit de débuter par Scofield dans sa cellule qui se remémore les événements l'ayant conduit en prison. Cette narration aurait permis de justifier que l'on passe très vite d'une intrigue à une autre vu que nous avons d'un côté Scofield cherchant ses repères dans le pénitencier, et de l'autre, l'enquête de Véronica Donovan (Robin Tunney, un an avant The Mentalist) qui veut prouver que Lincoln est victime d'un complot.

 

 

Toutefois, il faut bien reconnaître que ses légers couacs se révèlent des éléments constitutifs du charme de l'entreprise. Disons que cette précipitation dans l'enchaînement des péripéties fait partie du contrat entre la fiction et le spectateur : autrement dit, on regarde Prison Break pour avoir sa dose d'adrénaline. En cela, les auteurs marchent sur les plats-bandes de 24 Heures Chrono, l'une des deux séries prises pour modèle, l'autre étant Oz. Or, ces dernières ont pour point commun d'offrir un sentiment d'immersion : Oz est oppressante (le décor n'est autre que le quartier de haute sécurité d'une prison) et 24 Heures Chrono, elle, est haletante grâce à sa narration en « temps réel » contraignant son héros à agir dans l'urgence. De son côté, Prison Break perd beaucoup en voulant jouer sur plusieurs tableaux. L'image est trop policée pour que l'on ressente un sentiment d'enfermement et la forme du récit est plus classique, avec des flashbacks et autres ellipses, ce qui diffère de 24 Heures Chrono avec sa narration linéaire.

 

En fait, si Prison Break est une série attachante, ce n'est pas vraiment pour ses qualités d'écriture, mais plutôt pour ses personnages. Autour de Scofield/Burrows, nous trouvons Fernando Sucre, le compagnon de cellule de Scofield, l'acteur Amaury Nolasco devient même un des piliers du show. Certains remarqueront Peter Stormare dans le rôle de John Abruzzi, le caïd de la prison, mais c'est surtout T-Bag, incarné par Robert Knepper, qui vole la vedette à tous. Avec son air belliqueux, il est l'électron libre par excellent, celui que Scofield ne peut gérer pour notre plus grand plaisir. Et je suis sûr que beaucoup ont dû être séduit par le jolie minois de Sarah Wayne Callies, alias Sara Tancredi, l'infirmière tombant amoureuse (refrain connu) de Scofield. Ce petit beau monde se retrouve réuni pour un seul et même objectif : s'évader de la prison. La 1e année parvient à faire illusion en exploitant toutes les péripéties imaginables : Scofield vérifie les moindres recoins de Fox River, planifie de construire un tunnel et se lie d'amitié avec le Directeur (excellent Stacy Keach, l'immortel Mike Hammer). À ce titre, la plupart des promesses sont tenues et cette cuvée est palpitante jusqu'au final tant attendu où la réussite de l'évasion est mise en suspense.

 

 

C'est à partir de ce moment que le concept commence à gripper. Depuis le 1er épisode, il est entendu que la finalité du show réside dans la tentative d'évasion de Scofield (ben oui, Prison Break !!), or une série n'est pas censée ne durer qu'une seule saison, mais au moins 5. Il paraît donc suicidaire de placer un suspense de cette nature dès la 1ère, alors que ce rebondissement aurait dû clôturer la série. C'est ainsi qu'à l'aube de sa 2e saison, le show se retrouve contraint de changer d'identité : en toute logique, nous les retrouvons en pleine cavale, ce qui donne l'impression que la série tire à la ligne, abandonnant son décor principal, pourtant contenu dans son titre.

 

Tout n'est pas noir pour autant, cette seconde cuvée promettait même beaucoup avec l'arrivée de l'agent du FBI Mahone. Pour rappel, le héros, Scofield, a ceci de particulier d'avoir une faculté sensorielle (que l'on appelle « absence d'inhibition latente ») qui correspond à un don particulier pour l'analyse, ce lui permet d'élaborer des plans complexes. Par conséquent, ce Mahone se présente bien vite comme un adversaire à sa mesure : il ne suit pas les pistes les plus évidentes, doté semble-t-il d'un instinct de déduction semblable à Scofield. De cette manière, une lutte d'ego est esquissée, susceptible de renouveler la dynamique du show. En choisissant un acteur au charisme magnétique, William Fichner, la confrontation se devait d'être un grand moment de télévision. Hélas, les scénaristes font l'erreur de fragiliser Mahone et, au lieu d'en faire une figure ambiguë, le réduise à un autre pion du complot contre Burrows. Un choix impardonnable symptomatique de la tournure maladroite de l'ensemble.

 

 

De ce fait, la sauce ne prend plus et le public décroche. Les auteurs mettent ça sur le compte d'une histoire qui s'éloigne du décor carcéral. Une réflexion qui les pousse à remettre de nouveaux Scofield dans un pénitencier autre que Fox River. La 3e année atteint des sommets de ridicule en mettant en avant la fameuse conspiration dont les motivations deviennent de plus en plus nébuleuses. C'est donc sans trop y croire que les auteurs abordent la 4e saison. Cette fois-ci, ô miracle, Prison Break change du tout au tout : nos fugitifs ont arrêté de fuir, ils accomplissent juste des missions pour le compte du gouvernement afin de blanchir leur casier judiciaire. En fait, l'ambiance ressemble plus volontiers à Agence Tout Risque avec Scofield en Hannibal Smith. Contre toute attente, si le concept proposé est à mille lieux des débuts, le résultat est assez convaincant et on aurait même été tenté de suivre une 5e année dans la même lignée. Mais le public se détourne de la série, ce qui contraint les auteurs à écrire une fin plutôt honorable.

 

En fait, là où la situation de Prison Break s'est avérée problématique réside dans sa difficulté à renouveler son potentiel initial. Forcés de tirer sur la corde, les auteurs se sont évertués à s'aligner sur un modèle alors que leur concept de départ n'appelait pas un format cyclique. La série pourrait presque être un cas d'école, puisqu'elle semblait se construire sous les yeux du public, et ceci sans que les scénaristes ne se soucient d'une quelconque cohérence. Cette recherche a ses bons et ses mauvais côtés : pour les bons, il suffit de voir le lien affectif se tissant entre le personnage et le spectateur, c'est au niveau des rebondissements grotesques (comme la résurrection d'un personnage décapité notamment) que les choses se gâtent. Mais, l'air de rien, Prison Break prouve les efforts des scénaristes pour conserver le caractère divertissant (ce qu'on appelle l'entertainment) d'une série télé, et cela, au mépris de toute vraisemblance. Il est juste dommage que Prison Break soit passé aussi vite de l'état de série à la mode à celui de divertissement vite vu, vite oublié.

 

Photo Credits : Fox

Prison Break : La longue évasion
Commenter cet article

Lucas Duplan on Google Plus 17/09/2014 12:11

I'm pretty much excited to know that Prison break gonna be getting a new season to telecast. I would always like to watch some crime thrillers and this show had been the best among the genre. Thanks for information.

snoring cures 18/02/2014 11:58

Thanks for sharing this movie trailer with us. I like watching thriller films and I will watch this for sure. I am a great fan of Hollywood movies. I will get back to you shortly with my review on this. Keep posting more updates in your blog.

kevin 18/02/2014 05:12

good post

Archives

À propos

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.