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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

02 Aug

Supernatural : Après le Scooby-Gang, les Winchester

Publié par COTE André  - Catégories :  #CW, #Supernatural, #fantastique, #teen show, #Jensen Ackles, #Jared Padalecki, #Misha Collins, #Eric Krypke, #McG, #Robert Singer

 

 

Après plusieurs saisons d'existence, la question du renouvellement pour une série télé devient de plus en plus problématique. Je ne parle pas du feu vert qu'une chaîne peut accorder pour des épisodes supplémentaires, il suffit que le public réponde toujours présent pour cela. En revanche, concernant l'envie du public initial de continuer à suivre une série semaine après semaine, c'est tout autre chose. Après avoir suivi un feuilleton pendant plusieurs années, il est tout naturel qu'un téléspectateur devienne un peu blasé et ne perçoive plus de sa série fétiche que les ficelles utilisées par les auteurs. Néanmoins, il ne faut pas oublier pour autant le chemin parcouru par la série.

 

 

 

Lorsqu'elle démarre en 2005 sur la chaîne CW, Supernatural a contre elle de faire partie des programmes d'une chaîne ciblant en priorité les adolescents. En effet, le titre-phare est Smallville, autrement dit la version teen show du comics Superman, et parmi les autres productions à constituer l'image de marque de la chaîne, on trouve Les Frères Scott, une sorte de Dawson version 2000, et Gossip Girl qui débarquera la saison suivante. On ne peut pas dire que, avec son credo de série horrifique et fantastique, Supernatural fasse couleur local (le seul programme avec lequel Supernatural a quelques similitudes s'avère... Smallville), et si on jette un coup d’œil au générique, on repère déjà quelques noms qui la sort du lot.

 

En effet, parmi les producteurs exécutifs, on trouve un certain McG, Robert Singer et Eric Krypke. Concernant Krypke, Supernatural est la première création à rencontrer son public, sa précédente version de Tarzan (avec Sarah Wayne – Prison Break, The Walking Dead - Callies et Mitch – X-Files - Pileggi) ayant été un four. Singer, lui, est un vieux routier de la télévision, il a notamment participé à Lois et Clark et V, et McG (c'est ce pseudo qui est crédité), quant à lui, est le réalisateur des 2 Charlie et ses Drôles de Dames avec le trio Cameron Diaz, Drew Barrymore et Lucy Liu, et le producteur de la sympathique teen show Newport Beach et de la méconnue Fastlane. Dès lors, si le visuel promotionnel donne à Supernatural des airs de « série pour djeuns » dans la lignée des autres shows de la chaîne (on y voyait les deux vedettes en tee-shirt devant un décor sombre), il n'en est pas de même pour son ambiance qui privilégie les musiques rock (et pas de la pop à la mode) ainsi que les références à tout un pan de la culture populaire, en particulier les films fantastique et d'horreur.

 

 

 

Le point de départ de Supernatural est très simple. La vie paisible de Sam Winchester (Jared Padalecki de Gilmore Girls) est rompue par le retour de son frère Dean (Jensen Ackles de Dark Angel et Smallville). Ce dernier lui apprend que leur père est porté disparu et lui demande son aide pour le rechercher. D'abord réticent, c'est lorsque sa petite amie meurt dans des circonstances étranges – victime, semble-t-il, d'un sort démoniaque – qu'il se décide à le rejoindre. Les deux frères partent donc à la recherche de leur paternel, poursuivant les « affaires familiales » comme dit Dean. Ces « affaires », concerne, justement, la chasse aux démons et autres esprits surnaturels. Ainsi, sur le papier, Supernatural évoque volontiers Scooby-Doo revu et corrigé à la sauce Walker Texas Ranger : en guise de psychédélique Mystéry Machine (le van de la bande à Scooby), on trouve la vrombissante Chevrolet Impala, et les fusils à pompe et autres automatiques sont remplis de munitions avec du sel (seul élément capable d'éloigner les esprits) ce qui nous vaut de bonnes fusillades lorsque les chasseurs passent à l'action.

 

Pour toutes ces raisons, Supernatural cultive dès ses débuts un fort capital sympathie. La quête du père s'avère bien entendu un prétexte pour voir les deux frères sillonner les routes des États-Unis, ce qui nous vaut une première saison en mode « monster of the week », c'est à dire où chaque épisode se consacre à un monstre différent. La série est portée à bout de bras par le duo vedette Padalecki/Ackles qui forme un savoureux duo de frères antagonistes : l'un est serein et réfléchi, l'autre du genre à foncer tête baissée. Le caractère répétitif de cette première cuvée peut en agacer certains, mais l'univers dépeint par le show lui confère un pouvoir d'attraction : si les frères Winchester évoluent dans notre univers, ils vivent des aventures digne de film de série B et de bandes dessinées où les monstres, démons et autres fantômes existent bel et bien. Les auteurs n'hésitent même pas à citer de solides références (en cela, les répliques de Dean sont un véritable vivier) et à rendre hommage à quelques grands noms du genre, comme à John Carpenter par exemple.

 

 

De plus, une fois ce premier fil conducteur dénoué, on assiste à l'envol de Supernatural. Lors de la seconde saison, nous apprenons que notre deux héros ne sont pas les seuls dans leur activité mais appartiennent à un groupe plus large de chasseurs. Des personnages secondaires apparaissent, en particulier Bobby Singer, un vieil ami de la famille. En fait, la série se forge une vraie identité jusqu'à la saison 4 où elle trouve son point culminant. Jusque là, la série se contentait d'un fil rouge se limitant aux relations entre les deux frères et les démons, mais l'arrivée de l'énigmatique ange Castiel (génial Misha Collins), permet à Supernatural de passer un cap en abordant une nouvelle mythologie autour d'une guerre entre le Paradis et l'Enfer.

 

C'est un peu là que l'on ressent un point de non-retour. Loin d'être un simple personnage secondaire de plus, Castiel (ou Caz pour les intimes) conquit le cœur des fans avec son look de détective à la Columbo et son air stoïque. Il devint même une des vedettes du show, son rôle devenant de plus en plus important, reléguant presque les deux frères au rang de faire-valoir. C'est là que la mythologie pose quelques problèmes. Jusque là, tout convergeait pour que Supernatural se conclut lors du final de la 5e année avec une lutte à mort des deux frères, vu les révélations sur leur passé. Or, la popularité de la série grandit au point de devenir un des titres-phares de la chaîne : Smallville s'approche de la fin, Gossip Girls s'essouffle, Les Frères Scott ne sont plus qu'un souvenir, et aucun nouveaux projet n'est enthousiasmant.

 

 

 

La décision est donc de renégocier les contrats pour donner à Supernatural des saisons supplémentaires. Le final de la saison 5 conclut donc le story-arc développé depuis le début et la cuvée suivante marque ainsi le début d'une nouvelle ère. Or, le nouveau fil rouge n'est pas sans poser quelques soucis en se montrant nettement moins intense que les précédents. Il faut dire que Éric Krypke a laissé sa place de showrunner à Sera Gamble, une des scénaristes de la série. De manière générale, le plus frustrant réside dans cette tendance du show à se contenter d'un simple rythme de croisière sans réel bouleversement dramatique : les personnages récurrents ne font plus que des passages sans réel impact et le fil rouge est distillé tout au long de l'année (sur 22 épisodes, à peine 5/6 lui sont consacrés), au point que la série perd son aura horrifique au profit de son versant humoristique.  

 

Depuis, les saisons se suivent et se ressemblent. Elles ne sont pas désagréables, mais elles laissent cet arrière-goût de tirer à la ligne. La mythologie est redondante et n'offrent plus que des « badguy de la saison » interchangeables. En outre, Supernatural perd de son dynamisme et, pire, cultive un goût prononcé pour les dialogues interminables et la psychologie redondante. En somme, elle tombe dans les travers de toutes séries durant trop longtemps et, à force de se complaire dans l'auto-dérision, vire à la caricature. Vu les intentions des auteurs à ne vouloir offrir que du divertissement, le constat n'est guère étonnant, il est juste dommageable que, vu la matière que la série offrait, ils n'aient pas tenté de viser plus haut. En l'état, Supernatural reste une série qui mérite le détour, au moins pour les 4 premières saisons à l'enthousiasme communicatif.

 

Photo Credit : CW

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