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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

10 Sep

Once Upon A Time : la ville des contes et légendes

Publié par COTE André  - Catégories :  #ABC, #heroic fantazy, #soap, #fantastique, #conte, #Jennifer Morrison, #Lost

 

Lorsque l'on évoque l'univers des contes de fée à la télévision, nous pensons surtout à toutes les adaptations qui fleurissent lors des fêtes de fin d'années. En revanche, du côté des séries télés à proprement parler, l'offre est bien pauvre, il faut dire que ses fameux contes ne s'adaptent pas à des étirements à l'infini. En cela, le principe de Once Upon A Time s'avère aussi astucieux que rafraîchissant. Bon d'accord, la série démontre bien vite ses limites, mais elle n'en demeure pas moins attachante.

 

 

Sans nul doute, si le concept de Once Upon A Time était présenté de cette manière « une série qui adapte les contes de fées », vous penseriez à une énième anthologie : par définition, une série où les épisodes racontent une histoire indépendante, dans la pure tradition d'un recueil de nouvelles. Après tout, c'est ce type de production auquel nous avons droit à chaque période de fin d'années avec les sempiternelles Alice aux Pays des Merveilles, La Belle et la Bête et l'étrange Noël de Scrooge. Elles ont beaux être racontées différemment ou transposées dans d'autres contextes (dans un milieu contemporain le plus souvent), il n'en demeure pas moins que la structure de base ne change pas d'un iota.

 

Or, avec Once Upon A Time, les auteurs ont pris leur matériau de base sous un angle plus complexe et plus riche en possibilité qu'il n'y paraît. D'une part, nous partons du principe que les personnages de conte de fées (Blanche-Neige, le Prince Charmant, Cendrillon et consorts) vivent (ou plutôt vivaient) dans un même univers où la magie existait, où ils se côtoyaient. Puis, d'autre part, ce même concept contraint les auteurs à trouver une justification quant à la présence de ces mêmes personnages dans notre monde à nous (parce que l'intrigue principale se déroule bien dans notre univers et non dans celui des contes), au point de devenir la source névralgique de la série. C'est le constat auquel nous arrivons avec l'histoire des premiers épisodes : nous y voyons les efforts d'un petit garçon, Henry, qui tente de convaincre les adultes de la véracité de sa théorie comme quoi les habitants de Storybrooke (la petite bourgade américaine où il vit) proviendraient tous de son livre de contes et ont été touchés d'amnésie à cause d'un sortilège.

 

 

 

Pour dire les choses le plus simplement, il faut bien concevoir que l'intrigue de départ de Once Upon a Time est bien l'histoire du petit Henry et de son livre. Les épisodes suivants vont donc s'articuler autour de cette axe en nous révélant l'identité des habitants que Henry croise sur son chemin : le petit garçon réussit à amener une auxiliaire de justice, Emma Swan (Jennifer Morrison, de Dr. House) à Storybrooke, en tentant de la convaincre que sa mère est la Reine Maléfique entre autres. Cela donne l'impression, au début, que la série va évoluer dans un format entre le feuilleton et l'anthologie, où chaque individu est bien issu de divers contes et légendes (Jiminy Cricket, le Rumpelstisltkin, la Belle aux Bois Dormant, etc) tout en ayant une intrigue en commun avec notre maincast. Notre série semble alors partir dans tous les sens avec sa galerie de personnages qui s'agrandit de plus en plus alors que le tableau d'ensemble se focalise bien autour de Blanche-Neige et de la Reine Maléfique, aka Evil Queen.

 

Et cela, au point que Once Upon A Time peut être perçu aussi bien en tant que séquelle au conte que nous connaissons (les événements dépeints dans la série se déroulent bien après le mariage du Prince Charmant et de Blanche-Neige) que de réécriture de celui-ci puisque l'histoire ici dévoilée n'est pas totalement conforme à la version populaire. Cette structure donne indiscutablement un charme du show (cela permet d'aborder tous les contes qui nous sont familiers sous un regard neuf), même si quelques détails peuvent en faire tiquer quelques-uns : une structure qui alterne un temps présent et un passé via des flashbacks ? Tiens, tiens, cela rappelle quelque chose, surtout en 2011, soit un an après la fin d'une autre série qui obéissait au même canevas : Lost.

 

 

 

Effectivement, il faut bien le concéder, la forme de Once Upon a Time n'est pas innovante, puisqu'elle ne fait que reprendre les poncifs de cette série défunte et prouver que cette dernière a bien marqué son temps, n'en déplaise aux détracteurs. Quoi de plus étonnant, les showrunners ici sont Anthony Horowitz et Edward Kitsitz qui y ont été producteurs exécutifs. Cette parenté est surtout flagrante lors de la première saison, avec la malédiction que doit lever Henry et Emma (Jennifer Morrison est présentée comme la vraie vedette du show), traitée sous forme de « mystery of the season », à l'instar de celui de l'île de la précédente série. Cela fait même partie d'un des attraits de la série à ses débuts, car, à partir de la saison 2 avec le sortilège d'amnésie levée, Once Upon A Time se transforme bel et bien en soap dynamisé par des enjeux propres à l'heroic fantazy : de nouveaux personnages font leur apparition (comme un fils caché par exemple) et on apprend que d'autres sortilèges ont été lancés.

 

Alors, évidemment, l'ensemble peut se révéler très vite répétitif si le seul intérêt que l'on trouvait au show était dans le petit suspense relatif au premier sort. D'ailleurs, je vous passe volontiers les détails techniques (incrustations hasardeuses, fond vert d'un autre âge, décor en carton-pâte, pour ne citer que les plus évidents), qui peuvent rebuter un public plus exigeant. Néanmoins, Once Upon A Time se construit bel et bien un capital sympathie en détournant le charme de son pitch (qui a donc perdu son attrait initial) pour se focaliser sur l'empathie à l'encontre de son maincast : une fois que tout le monde a retrouvé la mémoire, un groupe se forme avec Emma, Blanche-Neige et le Prince Charmant, qui porte au final le show sur leurs épaules. Au fil des saisons, la série s'affirme bien en feuilleton (en soap, donc) autour de ce même groupe, le maincast, entouré d'autres traités en guest ou en récurrent : le Rumpelstilstkin (Robert Carlyle, de The Full Monty) joue un rôle majeur, mais nous pouvons croiser le Petit Chaperon Rouge et la Petite Sirène.

 

 

 

Si un effet de lassitude peut se faire sentir de temps à autre, c'est en raison de cette focalisation sur chacun au détriment du fil rouge. Il serait malhonnête de le nier, un grand nombre d'épisodes sentent bon le remplissage pour permettre aux rebondissements majeurs de tarder à venir le plus possible à des endroits stratégiques : le mid-season et season finale notamment. Et encore, lorsque j'évoque quelques épisodes, on pourrait parler de story-arc entier, vu que certaines intrigues qui prennent une partie de saison (une dizaine d'épisodes sont consacrées à Mulan, d'autres à Peter Pan, etc..) ont quelques fois du mal à convaincre.

 

En définitif, les limites de la série se trouvent dans la faculté des scénaristes à intégrer des contes supplémentaires dans leur propre récit. On pourrait aussi évoquer le fait que Once Upon A Time peut avoir des allures de vitrine du patrimoine Disney : c'est bien un aspect qu'il faut reconnaître, tous les contes abordés, on déjà était adapté en long-métrage animé estampillé par la maison à Mickey. Mais ce serait nier le travail de caractérisation dont font preuve les scénaristes et qui en résulte une empathie entre le public et les personnages. Alors, oui, la série a des hauts et des bas, des rebondissements rocambolesques et des dénouements très abruptes, mais l'ensemble est suffisamment attachant pour que l'on puise y passer outre.

 

Photo Credit : ABC

Once Upon A Time : la ville des contes et légendes
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