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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

15 Apr

Lost : L'île mystérieuse

Publié par COTE André  - Catégories :  #ABC, #J.J. Abrams, #Bad Robot, #Damon Lindeloff, #Carlton Cuse, #Terry O'Quinn, #fantastique, #Science-Fiction, #Mystère

 

 

 

 

 

Pour qu'une série soit une totale réussite, il faut un concept fort, des personnages charismatiques et une bonne histoire. Lost, malgré ce que l'on a pu entendre et lire ici et là, réunit les trois. Série d'aventure au croisement entre le fantastique et la science-fiction, cette fiction de Damon Lindeloff et Carlton Cuse fait partie des cas à avoir enflammer la toile avec des débats fiévreux et interminables. 5 ans après la diffusion de son épisode final, la situation ne s'est pas calmée pour autant et la conclusion fait encore polémique parmi les sériephiles.

 

 

Bon, vous l'aurez compris si vous suivez ce blog, il y a quelques exemples dans l'Histoire des séries télés que je qualifie un peu d'Alpha et d'Oméga du genre, des classiques incontournables pour quiconque prétend être un amateur de série, un vrai de vrai, un tatoué comme dirait l'autre. Dans la liste des productions à faire référence en la matière, je mets bien sûr X-Files, Code Quantum, Twin Peaks et la franchise Star Trek. J'en oublie évidemment puisqu'il y a encore une pléthore qui manque à ma culture. Ainsi, je compte Lost dans le lot de ses œuvres matricielles, ceci pour vous dire en quelle estime je tiens ce show estampille Bad Robot.

 

Cependant, pour commencer, j'émets une petite précision, la diffusion du pilote en 2005 a été une source de quelques malentendus qui perdurent encore aujourd'hui. Ce premier épisode a été réalisé par J.J. Abrams qui est également un des fondateurs du studio (actuel PDG même), Bad Robot donc, et un scénariste récurrent de ses propres séries. Il n'en faudra pas plus pour que la majorité des téléspectateurs (aidé par les raccourcis issus de la presse généraliste et du marketing) identifient J.J. Abrams comme le seul créateur de la série... alors qu'en fait, au générique, il partage ce statut avec trois autres personnes : Jeffrey Lieber, Damon Lindeloff et Carlton Cuse. L'un a écrit la première ébauche (le pitch initial) et les deux autres ont défini le cadre et l'univers, jusqu'à en être les showrunners, ceux qui se sont occupés de la série au jour le jour.

 

 

Effectivement, ce n'est pas à Abrams, mais à ces trois scénaristes que l'on doit le concept de Lost : celui des naufragés sur une île mystérieuse, avec des flashbacks sur chacun des survivants. Oui, avec des flashbacks, Lost à ceci de particulier de ne pas reposer sur un fil conducteur linéaire, bien au contraire : chaque épisode mêle le temps présent (« que se passe-t-il sur l'île ? ») et passé des personnages (les événements qui ont conduit ces derniers à prendre l'avion qui s'est écrasé), ce qui permet aux auteurs d'étirer leur narration sur plusieurs saisons. Sur ce dernier point, il faut bien avouer que lesdits flashbacks peuvent apparaître comme une astuce pour tirer à la ligne (l'histoire en elle-même aurait pu être raconter facilement en moitié moins de temps), mais ce serait oublier que cette narration met en exergue une thématique (alors, je ne considère pas celle-ci comme un spoiler, mais plutôt comme une simple hypothèse, vu que l'idée a germé très tôt chez les fans, mais dans l'ombre d'un doute, vous pouvez passer deux paragraphes), implicite certes, mais qui empreigne le show d'une aura toute particulière : le Purgatoire, l'île représentant un lieu isolé sans moyen de communication avec l'extérieur (littéralement coupé du monde) où chacun reprend un nouveau départ (une place dans une nouvelle communauté) et expie les péchés de son ancienne vie.

 

De cette manière, le grand point d'interrogation auquel des millions de fans vont tenter (et tentent encore) de répondre consiste simplement à savoir si ce degré de lecture est de l'ordre de la métaphore ou si elle est, au contraire, littéral. En effet, dès les premiers épisodes, nous avons vu poindre la théorie que le crash avait été fatal (« et si les personnages que l'on voit étaient tous déjà morts et qu'ils n'étaient que des fantômes? »), or, les scénaristes vont s'employer à brouiller les pistes pendant plusieurs saisons (Lost a tout de même duré 6 ans) et assumer les multiples niveaux de lecture de leur show : l'île existerait vraiment et aurait des pouvoirs magiques. Après, libre à chacun d'adhérer à la version qui lui convient le mieux, suivant les éléments auxquels ils donnent du crédit.

 

 

Ces thématiques et théories ont fait couler beaucoup d'encre au point d'avoir créé un créneau, celui de la « Série avec un grand Mystère à la clé ». Au moment où Lost touchait à sa fin, quelques-unes ont tenté l'expérience (The Event ? Flashforward?) mais se sont plantées au bout de quelques épisodes. La raison de ses échecs successifs provient sans doute d'un facteur tout simple : des personnages forts et un casting charismatique. Il ne faut pas se voiler la face, si une partie du public jubilait à l'idée de déceler la fameuse clé qui révélerait l'ampleur du tableau global (qu'est-ce que le projet Dharma ? Quels sont les pouvoirs de l'île ? C'est qui cet Homme en Noir?), une autre partie se contentait de vibrer au gré des péripéties. En d'autres termes, une portion du public adhérait au show pour sa simple ambiance (il faut dire que l'île offre un paysage exotique des plus photogéniques) ou pour ses personnages attachants, et ce, les scénaristes l'ont très bien compris : si les Mystères mettent tant de temps à se dévoiler, c'est en grande partie en raison du parti-pris intimiste des épisodes.

 

Ainsi, au bout de la première saison, tout le groupe est passé en revu (chaque segment se focalisant sur un personnage à la fois), freinant la progression du fil rouge mythologique (nous n'apprenons pas grand-chose sur ladite île), mais aucun protagoniste n'est laissé de côté. Ce parti-pris va être une source de rejet pour beaucoup, estimant que si « les scénaristes prenaient tant de temps à répondre aux questions, c'est que ceux-ci improvisaient au fur et à mesure », alors que ce même parti-pris a surtout pour résultat de révéler un casting très hétéroclite : évidemment, si certains émergent en leader (Jack Shephard, joué par Matthew Fox, est un médecin, donc apte à apporter les premiers soins), d'autres se posent très vite en faire-valoir (Hurley Reyes a, dans un premier temps, vraiment du mal à se rendre utile) et quelques-uns tirent déjà leurs épingles du jeu avec leur passé trouble comme John Locke (Terry O'Quinn, Millennium), le badboy Sawyer, l'énigmatique Kate Austen et j'en passe.. Et qui dit « hétéroclite » dit aussi « un plus grand accès possible au public » : plus il y a de personnages divers et variés, plus cela fait autant de point d'accroche pour les téléspectateurs.

 

 

De cette manière, c'est en restant au plus près de ces protagonistes que Lost trouve ses marques du côté de l'aventure humaine et non mythologique. Que l'on ne s'y trompe pas, l'univers autour de l'île forme un tout cohérent (les réponses sont disséminés au compte-goutte et sont bien cachés, mais elles sont là), et à force de ne se concentrer que sur un aspect (« mais c'est quoi ce truc avec l'île ? »), on peut finir par passer à côté de ce qui fait toute la force du show : l'évolution des personnages qui agît comme un ascenseur émotionnel. À ce titre, l'ultime épisode est un vrai tire-larmes tant il est déchirant, ce que les détracteurs lui reprocheront d'ailleurs, le trouvant trop larmoyant. En vérité, Lost fait partie de ses séries qui ont marqué l'Histoire de la Télévision, prenant la forme d'un long voyage d'où on ne revient pas indemne. À ceux qui n'ont pas encore mis le pied sur cette île, un périple mystique de six saisons vous attend. Comme je vous envie.

 

Photo Credtis : ABC

Lost : L'île mystérieuse
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