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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

09 Oct

Southland : Battle (in) Los Angeles

Publié par André COTE  - Catégories :  #Southland, #Benjamin McKenzie, #Los Angeles, #TNT, #Christopher Chulack, #Michael Cudlitz, #Ben Sherman, #John Wells, #NBC

 

 

 

Habituellement, la vie d'une série télé, lorsqu'elle trouve son public, se résume à être diffusée sur une chaîne durant 5 à 7 ans. Cependant, il arrive que certaines connaissent des carrières singulières. La liste est courte cela dit : on peut en compter une dizaine en vingt ans alors que des centaines, voire des milliers sont annulées. Il est donc intéressant de s'interroger sur les cas de figure qui permettent cette situation de migration. Pour Southland, la qualité du show n'est en aucun cas remise en question, celle-ci était déjà présente et reconnue.   

 

 


 

 

Sur ce, un petit rappel des faits s'impose. Lorsque la chaîne NBC commande les premiers épisodes de la série policière Southland, en 2008, on murmure dans les coulisses que la nouvelle série pourrait occuper le créneau horaire du feuilleton médical Urgences. L'arrêt de celle-ci est déjà programmé au terme de sa 15e année d'existence. Malgré une décision tardive (un autre cop show était en lice), la situation semble logique : les deux sont des productions John Wells. De plus, la plus ancienne ferme ses portes suffisamment tôt dans l'année pour laisser le champ libre à la nouvelle qui pourra terminer la saison télévisuelle jusqu'en Mai.  

 

De cette manière, le Jeudi 9 Avril à 22h, les téléspectateurs découvrent les premiers pas de l'officier Ben Sherman (Benjamin McKenzie, auparavant connu pour avoir été le Ryan Atwood de Newport Beach et qui a bien grandi depuis), jeune recrue de la Police de Los Angeles, qui est formé à la dure réalité de son métier par son partenaire John Cooper (Michael Cudlitz), un officier aux méthodes rudes. Autour d'une enquête ou d'une patrouille, on découvre les autres policiers de la brigade. C'est ainsi que l'on fait la connaissance de l'officier Brown et de Dudek (C. Thomas Howell) et que l'on suit aussi l'inspecteur Adams, une femme-flic.  

 

 

Ce n'est pas peu dire que les habitués du feuilleton hospitalier risque d'être désarçonnés. Si encore les deux séries ne se différenciaient que par leur univers (médical pour l'une, policier pour l'autre), mais le style de Southland se veut en plus très réaliste, proche du documentaire (tournage avec caméra à l'épaule sous la lumière aveuglante de Los Angeles) et l'on sent aussi l'envie de l'équipe d'emboîter le pas à The Shield, la nouvelle référence en la matière. Néanmoins, malgré la somme de talents impliqués (on retrouve des réalisateurs habitués des productions John Well), la vision de quelques épisodes est nécessaire pour s'attacher à la galerie de personnages. Effectivement, Southland, dans sa première saison, on compte une dizaine de protagonistes qui ne se côtoient pas de la même manière que les médecins et infirmiers. Ces derniers partageaient les mêmes locaux et se croisaient au détour d'un couloir, or, ici, on suit plusieurs équipes (les officiers et inspecteurs travaillent en duo) qui patrouillent à différents endroits de la ville. Et on ne compte même pas quelques-uns de leurs proches qui ont droit à leur propre story-arc, comme la fiancée de l'inspecteur Sammy Bryant, Tammi (Emily Bergl), avec qui la relation s'avère tendue.  
 

Cependant, malgré la rupture de ton importante (on est bien loin du rythme pépère des dernières années d'Urgences), le cop show trouve son public et NBC la renouvelle pour une seconde cuvée de 13 épisodes. Un problème épineux va surgir avec l'arrivée de Jay Leno sur la tranche horaire de 22h/23h. Jay Leno est un animateur de talk show qui a réussi à négocier pour occuper une heure quotidienne, empiétant donc sur l'espace de Southland.

 

 

 

À cause de cet imbroglio avec NBC (qui annonce purement et simplement l'annulation de la série), les producteurs de Southland se tournent vers TNT, une chaîne du câble, pour poursuivre l'aventure. De cette manière, l'équipe du cop show doit maintenant faire face à de nouvelles contraintes : la TNT ne peut se permettre des budgets semblables à la NBC. Il est naturel que bon nombre d'acteurs (Emily Bergl ou Ruppert Everett Scott par exemple) quittent le navire en raison de cette restriction financière.  
 

Cela entraîne aussi une simplification des intrigues. Ainsi, lors de cette 4e saison, on ne suit dorénavant plus que trois binômes d'inspecteurs et d'officiers, les récits les plus marquants sont ceux s'intéressant plus particulièrement à Sherman et à l'inspecteur Lydia Adams. Mais la sauce continue à prendre au point qu'une 5e saison est déjà commandée, malgré des baisses régulières d'audience.  

 

 


De la sorte, au cours des dix épisodes de la cuvée de 2012, Sherman se retrouve avec un nouveau partenaire, son ancien étant à peine revenu d'une cure de désintoxication. En effet, Cooper doit faire ses preuves et, pour cela, il doit faire équipe avec Jessica Tang (Lucy Liu, une des Charlie's Angel). De son côté, Adams doit gérer sa grossesse à l'insu de tous. Elle n'en est qu'à ses premières semaines et réfléchit à la manière de gérer son congé maternité. Le choix des scénaristes est donc de délaisser le milieu familial des protagonistes (sauf pour Adams vivant avec sa mère) qui ne se consacrent plus qu'à leur travail.  

 

Lors de cette saison, on a donc assisté à l'évolution de Sherman devenu un officier de police aux épaules solides. En cela, il se faut se rendre à l'évidence, Benjamin McKenzie a bien mûri depuis Newport Beach. Sherman ne craint plus de se confronter à la dure réalité de son labeur, ou même aux dilemmes que son travail en équipe entraîne : mon coéquipier a-t-il commis une faute ? Dois-je le couvrir ou le révéler ? En prenant en considération que le travail de l'autre peut entacher sa propre carrière. Il en est de même pour son ancien partenaire, Cooper, qui menace de rechuter sous la pression.  

 

 

On peut toujours regretter les concessions faîtes par la production puisque, en l'absence de certains personnages, l'oppression ressentie par nos inspecteurs et officiers de police s'en retrouve amoindrie. Exit donc les familles instables qui humanisent nos personnages, Sherman et les autres semblent vivre pour leur boulot sans avoir d'attache. Cette année se conclut sur un bilan mitigé puisque Southland n'est plus le portrait d'officiers de police sur la corde raide, mais la chronique de leur quotidien. Moins anarchique peut-être, mais surtout moins intense.

 

Photo Credit : NBC/TNT

Southland : Battle (in) Los Angeles
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