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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

12 Dec

Tonnerre Mécanique : Le justicier en moto

Publié par André COTE  - Catégories :  #Knight Rider, #moto, #K-2000, #ABC, #Tonnerre Mécanique, #Street Hawk, #Rex Smith, #justicier

 
Bon, cette semaine, on commence à attaquer les choses sérieuses. Dans le milieu des séries télés, il y a celles qui perdurent et d'autres qui s'en vont plus vite qu'un cheval au galop. Dans cette seconde catégorie, on peut discerner deux espèces : les séries dont on ignore l'existence et celles qui vont marquer notre mémoire de telle manière qu'elles donnent l'impression, grâce au multiples rediffusions, d'avoir duré toute une éternité... dans une dimension parallèle.

Parmi celle-ci, on peut mettre les Manimal (avec son héros métamorphe) et Misfits of Science (Superminds en VF, un sous X-Men cathodique) qui comptent chacune une poignée d'épisodes. Mais la série qui nous intéresse concerne un policier faisant régner la justice en pilotant une moto, dernier prototype d'une technologie avancée pour contrecarrer le crime, le Tonnerre Mécanique, ou Street Hawk en VO, littéralement Faucon des Rues. Annulée au bout de treize épisodes à cause d'une audience trop faible, il est surprenant de constater à quel point cette production a marqué la mémoire d'un grand nombre. Et cela parce que, à un très jeune âge, quelques spectateurs ont eu la chance (ou malchance) de tomber sur une des rediffusions d'un épisode en plein après-midi.
 
 
 
 
Loin de moi l'idée de vous convaincre que nous avons affaire ici à un chef-d’œuvre mésestimé. D'une part, il faut reconnaître que notre Tonnerre Mécanique a pris un sérieux coup de vieux, et d'autre part, même à l'époque, elle ne faisait pas non plus partie du haut du panier.

En effet, sa création sentait à des kilomètres l'opportunisme et l'envie des producteurs de vouloir surfer sur la mode des héros équipés de véhicules expérimentaux. Tonnerre Mécanique apparaît sur le petit écran après K-2000 et SuperCopter et rien qu'avec le choix d'une moto comme attraction, on sent les galères de l'équipe artistique à trouver quelque chose qui puisse répondre aux attentes du public des deux séries précédentes. Mettez-vous à leur place, une série avec une voiture qui parle a rencontré le succès, puis une autre avec un hélicoptère qui semble sorti tout droit de GI Joe. C'est bien naturel qu'ils tentent le coup avec une moto futuriste.
 
 
 
Or, cette fois, le public ne sera pas au rendez-vous. Il faut dire que le concept-même du programme était un peu mal fichu. Tout d'abord, le héros, Jesse Mach (Rex Smith), est un policier intrépide, qui a des faux-airs de David Hasselhoff (la vedette de K-2000, puis d'Alerte à Malibu pour ceux qui ne suivent pas) version jeunot. Un sentiment de déjà-vu d'autant plus renforcé par leur propre introduction : Jesse Mach et Mickael Knight (le personnage de Hasselhoff donc) sont tout deux des représentants des forces de l'ordre qui vont être repérés après un accident par une organisation inconnue du grand public. D'ailleurs, en jetant un coup d’œil au premier épisode (ou « pilote » dans le jargon) on remarque une petite erreur. Jesse est présenté comme un officier de police passionné de moto et, au cours d'une course, il va être pris au dépourvu en surprenant des trafiquants. Or, le pré-générique qui rappelle le postulat de la série nous précise que l'accident a eut lieu lors d'une opération spéciale de la Police. Une anomalie qui peut sans doute s'expliquer par le fait qu'à l'époque ce premier épisode n'était pas censé être visible au public mais seulement montré à la chaîne pour la convaincre de la solidité du projet. Une situation qui explique certains ajustements entre le pilote et l'épisode suivant sur d'autres séries.

Ensuite, le sentiment de réchauffé atteint quelques sommets de ridicule, tant Tonnerre Mécanique apparaît comme un décalque de K-2000. L'originalité de la série avec Michael Knight est d'adopter le ton d'un buddy-movie un peu décalé : la voiture, appelée KITT, est dotée d'une intelligence artificielle et surtout, idée de génie, d'une personnalité, les discussions entre le véhicule et le personnage principal prenait vite les allures d'une conversation entre deux partenaires. Du côté de Tonnerre Mécanique, en revanche, les scénaristes se sont abstenus de donner à l'engin le don de la parole (sans doute se sont-ils dit que le plagiat serait un peu trop flagrant) mais, en contrepartie, ils se sont sentis obligés d'adjoindre aux côtés de Jesse Mach, l'un des responsables du projet, Norman Tuttle (Joe Regalbuto). Bon, avouons-le, les aventures de Michael Knight ont aussi un personnage semblable, lorsque KITT a des soucis de mécanique, il est confié à la ravissante Bonnie, ce qui nous fait dire que, pour un justicier solitaire, le Michael est bien entouré. Norman, quant à lui, n'exerce pas vraiment dans la même catégorie. Il correspond plutôt au stéréotype du nerd tel qu'on le percevait dans les années 80, c'est à dire de l'intellectuel inadapté socialement, maladroit avec les femmes, qui n'accorde que peu d'importance à son look et se montre plus à l'aise avec la technologie. Cet ingénieur communique avec Jesse via un micro intégré au casque, faisant de lui un vrai copilote en surveillant l'état de la moto et en gérant les différentes fonctions à distance. 
 
 
 
Mais ce n'est pas tout, conscients de ne pouvoir reproduire à l'identique les capacités de la voiture de K-2000, les scénaristes de Tonnerre Mécanique vont tenter de pousser les capacités de leur véhicule-star. C'est là que les choses deviennent amusantes, car contraints de donner une particularité spéciale à leur engin, les concepteurs décident que la moto pourra aller jusqu'à 500 km/h. Je vous laisse imaginer le caractère improbable des scènes (juste des plans montés en accéléré) montrant le héros se déplaçant à une telle vitesse... dans les rues de la ville, prenant des virages très serrées qui plus est. Pourtant, c'est cet aspect, dépassant largement les limites de la suspension de crédulité, qui va faire délirer les marmots. Surtout que ses scènes sont nanties de la musique du générique un brin techno. Le pure kiff  !

Entendons-nous bien, lorsque l'on découvre la série très jeune, on en a un peu rien à secouer des intrigues. Le détail auquel on s'attache réside dans le seul concept du justicier en action pour sauver la veuf et l'orphelin, sans oublier qu'ici les aventures de Jesse Mach renvoie également à la thématique du super-héros : Jesse cache à son entourage et à ses collègues, refrain connu, qu'il est le mystérieux motard justicier, surnommé du nom de sa moto, Tonnerre Mécanique donc. En revanche, revoir les épisodes aujourd'hui, avec un œil plus aiguisé, se rapproche d'un vrai calvaire tant la mollesse de la mise en scène et les situations laborieuses et téléphonées sautent aux yeux. En guise d'exemple, on peut citer toutes les fois où l'on voit Jesse Mach en combinaison noir sous un soleil éclatant, circulant dans les rues et discutant via son micro à Norman. À l'image, le personnage a une certaine classe, c'est certain, mais on imagine aisément l'acteur (ou plutôt le cascadeur) crever de chaud sous sa tenue. Et puis, surtout, difficile de ne pas sourire en le voyant patrouiller ou expérimenter son bolide, en toute tranquillité, alors que l'on ne cesse de nous répéter que le Tonnerre Mécanique est recherché par la Police.
 
 
 
Enfin, une dernière remarque, les plus observateurs vont sans douter tiquer aussi sur les lieux où se trouve le hangar qui sert de garage à Jesse. Lorsque ce dernier sort pour une mission, le moteur vrombissant, il semble débarqué dans la même ruelle, le même pâté de maison. En tout cas, c'est toujours le même plan qui est utilisé. Or, on se demande bien comment un simple passant n'a pas pu voir et cafter sur l'existence de cet accès, ou que la moto ne se fasse pas repérer vu le vacarme de son moteur. Il faut alors se dire que les maisons en face ne sont pas habités pour que la magie de l'instant opère. C'est aussi ça, la suspension de crédulité.
 
 
Curieusement, Tonnerre Mécanique avait tout pour finir aux oubliettes, et sans que l'on sache trop pourquoi (le pouvoir de la nostalgie ?), elle a fini par conserver un capital sympathie. Mais il est tout de même préférable d'éviter de la revoir de nos jours, il y a des souvenirs d'enfance qu'il vaut mieux laisser à l'état de souvenir.
 
Photo Credit : ABC
Tonnerre Mécanique : Le justicier en moto
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noisette 14/12/2012 04:45

Une conclusion fort juste ! LOL Je prends note !
Et entièrement d'accord avec ton analyse ! ;-)

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