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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

07 Mar

Surface : sous l'océan

Publié par André COTE  - Catégories :  #Lost, #fantastique, #Surface, #mystère, #créatures, #NBC, #Carter Jenkins, #Jay R. Ferguson, #Lake Bell

 
 
Certains n'ont pas attendu la fin de Lost pour lancer leur propre feuilleton avec un grand mystère à la clé. Il faut se rappeler que la première saison de cette série a été un succès retentissant. On parlait même d'addiction tant on prétendait que quiconque jetait un œil au moindre épisode était impatient de connaître la suite. Il n'est donc guère étonnant que d'autres scénaristes et producteurs s'essaient à l'exercice. Autant le dire tout de suite, l'accueil de celles qui se voulaient héritières de ce succès du moment n'a pas été aussi enthousiasmant que prévu.
 
 
 
On l'a peut-être oublié aujourd'hui mais, lors de la saison 2004/2005 sur ABC, les aventures d'un groupe de naufragés ont captivé les foules. Chacun ira de sa petite théorie pour expliquer les phénomènes que les survivants du vol Oceanic Airlines rencontrèrent sur leur île mystérieuse. En effet, cette fiction s'inscrivait dans un croisement entre l'aventure exotique (le décor est paradisiaque) et un fantastique empreint de mysticisme (une entité surnaturelle règne en ces lieux). Très vite, le public s'est passionné pour ces individus qui s'organisaient bon gré mal gré face aux épreuves qui les dépassaient.

Il est tout naturel que les autres chaînes réagissent et proposent à leur tour des feuilletons similaires. Du moins, similaire dans les promesses. Dans cette logique, NBC commence la diffusion de Surface, créée par Jonas et Josh Path. Les deux frères se sont fait remarquer avec un sympathique thriller Le Suspect Idéal, avec Tim Roth. Depuis, ils se sont consacrés à la production télévisuelle, comme Caprica (spin-off de Galactica) et Bionic Woman (le remake  de 2005). Avec Surface, ils abordent les mystères des grands fonds. Sur le papier, la thématique paraît plus ambitieuse que celle de Lost, puisque ce n'est plus un seul lieu mais tout un secteur de la planète dont il est question. En tout logique, la perspective de renouveler les énigmes est presque infinie. On aurait même pu imaginer la structure suivante du « mystère par an » avec une nouvelle découverte chaque année. Du moins, c'est l'impression que l'on ressentait dans un premier temps, les derniers segments (sans compter le cliff-hanger du 15e épisode) présageaient eux d'une suite beaucoup moins terre-à-terre.
 
 
 
Ainsi, c'est sans doute le manque d'originalité qui a dû être l'un des éléments a avoir rebuté le public. Lost offrait un dépaysement, puisque ses personnages se retrouvaient hors de toute civilisation. Or, ceux de Surface sont dans leur quotidien. Ici, nous avons le Dr. Laura Doughtery, océanographe (Lake Bell, un visage familier, habituée aux seconds rôles, certains ont pu la voir dans Boston Justice); Richard Connely, un pêcheur de Louisiane (Jay R. Ferguson, qui apparaît dans Mad Men en tant que Stan Rizzo), et Miles Barnett, un adolescent (Carter Jenkins, que j'aurais bien vu en Peter Parker, à la place de l'actuel Andrew Garfield). Tout trois vont se retrouver nez à nez avec des créatures aquatiques durant leur activité habituelle : Doughtery et Connely au cours d'une plongée et Barnett lors d'une course de ski nautique. Ses trois personnages vont devoir prouver (refrain connu) à leur entourage qu'ils n'ont pas été victime d'hallucinations et que les créatures qu'ils ont vu  existent bel et bien.

À ce stade, on touche peut-être là un des problèmes de la narration qui est encore aujourd'hui une récurrence dans les copies de Lost. Que ce soit dans FlashForward ou The Event, elles partagent tous le souci de la focalisation. Chaque épisode s'évertue à suivre non pas l'intrigue d'un personnage en particulier, mais de plusieurs en parallèle. L'effet est à double tranchant, si d'un côté, le récit avance à grand pas, ce qui permet au feuilleton de se démarquer très vite de son aîné (ici, c'est donc à une chasse aux monstres auquel nous avons affaire), d'un autre côté, cela contraint le public à ne rater aucun épisode sous peine de se sentir largué la semaine suivante. C'est bien là que se pose un autre problème, Surface ne s'avère pas suffisamment captivante pour que le spectateur accepte cette routine ou ne veuille prendre la peine de rattraper le ou les segments qu'il a raté. Lost, en revanche (et c'est souvent la principale critique que l'on entendait à ses débuts), prenait souvent plusieurs épisodes pour amener à une découverte cruciale qui alimentait son fil rouge.

En fait, Surface s'écarte très vite de l'ambiance de cette dernière pour se rapprocher du cinéma de Steven Spielberg, avec en tête E.T. et Rencontre du Troisième Type. Tout d'abord, on note l'absence du gimmick de la série à succès (les fameux incessants flashbacks), le récit est donc plus linéaire, ce qui a pu décevoir ceux qui s'attendaient à un autre show reprenant les éléments les plus reconnaissables de leur série-fétiche. Ensuite, le récit global obéit au schéma de l'individu ordinaire confronté à des événements extraordinaires. Bon, je le concèdes, c'est également le schéma de Lost et de bon nombre de films à suspense. Or, le cheminement des personnages rappelle sur bien des points plusieurs longs-métrages du réalisateur des Dents de la Mer. D'ailleurs, les prologues de l'océanographe et du pêcheur auraient pu avoir lieu dans la saga avec le requin, tandis que celui de l'adolescent semble être un décalque de E.T.. À ce titre, le premier épisode paraît être une sorte de compilation des scènes ouvertures de ses films à succès. On aurait même pas été surpris de voir débarquer le chef Brody ou encore Matt Hooper, les héros des Dents de la Mer justement.
 
 
 
 
 
Finalement, le défaut (ou plutôt l' handicap?) de Surface est d'arriver sur les écrans après le phénomène de la saison passée, Lost. Visuellement, la production des frères Path semble provenir d'une autre époque, ou plutôt de restituer l'ambiance des longs-métrages estampillés Spielberg des années 80. Ce n'est pas un mal en soi, au contraire, on a vu pire référence, surtout qu'elles semblent digérées et en aucune façon embarrassante : nous n'avons jamais l'impression d'assister à une parodie tant la narration naïve se veut sincère. Le principal point commun réside dans le sentiment trouble qui en émane, celui d'une innocence sur le point de se fissurer. Néanmoins, les 15 épisodes de l'unique saison de Surface se suivent sans ennui, mais  ne sont jamais transcendants.
 
Photo Credits : NBC
Surface : sous l'océan
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