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le cyborgien

Sans snobisme, entre voyage dans le temps et à travers les genres, le Cyborgien tente d'agrandir votre regard.

10 May

The Vampire Diaries : parce qu'il n'y a pas que Twilight...

Publié par André COTE  - Catégories :  #Nina Dobrev, #Julie Plec, #Twilight, #Scream, #CW, #The Vampire Diaries, #Paul Wesley, #Kevin Williamson, #Ian Somerhalder, #teen show

 

 

 
Si il y a bien une figure du fantastique qui a le vent en poupe, c'est bien celle du vampire. Depuis plus de dix ans, c'est même la version post-modern qui s'est imposée, celle où l'on voit la créature s'adapter à la société contemporaine et non plus reclus. Le vampire s'est dorénavant intégré dans les communautés des grandes villes au point de passer inaperçu. En marge de cette tendance, il y a la saga des Twilight qui tente de mêler avec plus ou moins de succès le classique à la modernité. Il était évident que son accueil public n'allait pas rester sans suite, des producteurs et scénaristes ont évidemment repéré un public cible qu'il aurait été étonnant de ne pas abreuver de produits de substitution. La question est maintenant de savoir si les émules ont des qualités propres susceptible de toucher un public autre que celui en ligne de mire.
 
 
 
Dans la saga littéraire de Stephenie Meyer, l'auteur de Twilight donc, on retrouve encore une créature qui est une source d'attraction ou plutôt de séduction. À ce niveau, elle ne fait que véhiculer un des aspects les plus populaires du vampire : que ce soit le comte Dracula, aussi bien dans le livre de Bram Stoker que dans le film de Coppola, ou même dans la série Buffy contre les Vampires, la créature a toujours eu une image de séducteur, d'une source de fascination, ne serait-ce en raison de son statut d'être vivant au frontière des vivants et des morts. Là où la saga va poser un souci pour les puristes (c'est le moins que l'on puisse dire, vu que c'est ce point qui va faire de Twilight la risée des aficionados) réside dans les caractéristiques que Meyer va rajouter à ses créatures en guise de touche d'originalité. En particulier dans la relation entre ses créatures et le soleil. Alors que les rayons solaires sont connus pour avoir un effet destructeur sur ces êtres, Meyer préfère reléguer ces rayons en simple révélateur de leur nature : la peau des vampires ne fait que luire au soleil, ce qui va tirer la saga ciné vers le ridicule simplement en raison du visuel de cet effet, pour beaucoup les vampires luisent comme une « boule de discothèque ».
 
Passons cette parenthèse pour revenir à The Vampire Diaries. C'est au vu du phénomène croissant de Twilight que la chaîne CW (Smallville, Gossip Girls, Supernatural) annonce le lancement d'une série ressemblant étrangement au long-métrage adaptant Stephenie Meyer. Dans les grandes lignes, on croirait même à une simple tentative de plagiat : une jeune fille, Élena Gilbert (Nina Dobrev), arrive dans une petite bourgade, Mystic Falls, et s'amourache d'un jeune homme, Stefan Salvadore (Paul Wesley), qui se révèle vampire. Cadre bucolique, thématique de l'exclusion mêlée à celle de l'intégration, romance impossible... Tout y passe et The Vampire Diaries ressemble à ce moment-là à une simple version cathodique des amourettes de Edward et Bella, le couple vedette de la saga de Meyer. En plus, Paul Wesley a même quelques tics de jeu de Robert Pattinson, le Edward de Twilight.
 
 
 
Là où la série commence à se singulariser réside dans un ajout de taille, Damon Salvadore, le frère de Stefan. Il est joué par Ian Somerhalder que beaucoup ont repéré dans Lost, et ici, il s'éclate en cabotinant comme un beau diable. D'abord présenté comme un alter-ego maléfique de son frère, Damon est celui qui n'en fais qu'à sa tête et ne se soucie aucunement des conséquences de ses actes, n'hésitant jamais à éliminer le moindre obstacle qui se dresse devant lui pour accomplir ses desseins, aussi futiles soient-ils. Pour les scénaristes, l'un des enjeux de la première saison va même être de trouver quelqu'un capable de lui donner un peu de fil à retordre.
 
À partir de là, nous sommes en droit de nous attendre à une simple version gothique de Dawson. Il faut dire que l'un des créateurs de The Vampire Diaries n'est autre que Kevin Williamson connu justement pour ce teen show des années 90. Or, il ne faudrait pas oublier qu'il est aussi l'un des responsables de la relance des slashers durant cette même période, avec la saga des Scream, et pour The Vampire Diaries, non seulement, il travaille sur un matériau pré-existant (la série est une adaptation des romans de L. J. Smith), mais qu'il partage le showrunning (autrement dit la direction de la série) avec la productrice et scénariste Julie Plec. Une collaboration qui date de Scream 2. En fait, l'inquiétude quant à savoir si The Vampires Diaries n'allait être qu'un teen show de plus, dont la seule originalité résiderait dans la présence de vampires, s'étiole au bout de quelques épisodes.
 
 
 
En effet, l'air de rien, le côté trublion de Damon va contraindre les scénaristes à donner, très vite, quelques pistes concernant l'identité de la série. Au bout de la première année, on découvre que la meilleure amie d' Éléna, Bonnie, est une sorcière, qu'il existe plusieurs personnes au courant de la présence des vampires à Mystic Falls et que certains tentent de les éradiquer. On apprend même pourquoi Stefan est autant fasciné par Éléna : la jeune fille est une descendante de Katherine, la vampire les ayant infanté, lui et Damon,(autrement dit fait d'eux des vampires) et ressemble à son ancêtre au point d'en être un sosie. Cette ressemblance est la cause du triangle amoureux qui constitue l'un des fils rouge de la série : les deux frères ont un penchant pour Élena, mais qui de Stefan ou de Damon va gagner les faveurs de la jeune fille ? Cependant, cette romance est toujours reléguée en arrière-plan, puisque le devant de la scène est occupé par des multiples intrigues concernant des sorts et des rituels à accomplir pour changer l'équilibre des forces qui résident à Mystic Falls. La série baigne ainsi dans une ambiance mystique où chacun essaie de prendre l'avantage sur l'autre.
 
 
 
De cette manière, si ce triangle amoureux (qui n'est pas sans évoquer celui de Dawson/Pacey/Joey dans la précédente série de Williamson) constitue le cœur de The Vampires Diaries, les scénaristes n'en oublient pas pour autant d'agrandir la galerie des personnages et d'ajouter de nouveaux enjeux afin de maintenir un minimum de tension. En 4 saisons, le groupe autour de notre trio découvre une meute de loup-garous (dont l'un rejoint les rangs de la bande de Damon et Cie), la meilleure amie de Élena s'affirme comme une puissante sorcière et les Salvatore ont repris contact avec des vampires que l'on appelle Les Originaux. Ces derniers ne sont ni plus ni moins que les premiers vampires, ils vont se révéler très vite aussi dangereux puisqu'intouchables : par voie de lignage, aucun des personnages ne peut les tuer, sans détruire ceux qu'ils ont infantés, les Originaux ayant vécu depuis plusieurs millénaires, on imagine sans peine les dégâts que la mort d'un seul de ses êtres pourraient causer. 
 
En somme, au fur et à mesure, The Vampires Diaries reste un feuilleton à destination des adolescents, certes, mais affirmant également sa nature fantastique. Si la production de Williamson comporte toute les apparats du teen show (plastique des acteurs, musique pop à la mode, imbroglio sentimental,...) elle ne renie aucunement son appartenance au genre. Au contraire, au fil des saisons, les éléments récurrents d'un teen show lambda (les couloirs du lycées notamment) sont de plus en plus délaissés au profit des forêts, caveaux et autres grottes. On aurait juste apprécié que la série gagne un peu plus de relief dans sa mise en scène, mais elle se complaît dans le rythme de croisière qu'elle a trouvé depuis la troisième saison. En soi, c'est déjà pas si mal.
 
Photo Credits : The CW
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